Couverture du journal du 16/10/2021 Consulter le journal

Immobilier : Les Landes ont la cote

La verdure, l’espace, le grand air, le bord de mer : depuis un an et le début de la crise de la Covid-19, un besoin irrépressible de nature et de changement s’est emparé d’une partie de la population française dont le regard se tourne plus que jamais vers les Landes.

Landes

© Shutterstock - Levranii

Selon une enquête intitulée « Covid-19 : le jour d’après » et réalisée par l’ObSoCo en juillet dernier, « plus de la moitié des Français aspirent à aller vivre ailleurs ». Cet ailleurs, ils l’imaginent pour la grande majorité proche de la nature ou de l’océan, dans une maison avec jardin. Un rêve que la crise sanitaire a transformé pour beaucoup en projet concret, surtout quand les confinements se vivent enfermés dans de petits appartements sans extérieur. Dans les Landes, le spectre d’un exode urbain a commencé à planer dès l’été dernier. Mais qu’en est-il vraiment ?

Les landes sont un cadre idyllique pour des français en manque de nature

Quitter les grandes villes

« Dès la mi-avril 2020, après un mois d’activité à l’arrêt en raison des restrictions, nous avons constaté un net regain d’intérêt des clients et une réelle envie de venir s’installer dans la région, explique Frank Leonard, président de l’Amepi sud Landes, une association qui regroupe 71 agences immobilières du secteur. En mai 2020, avec le déconfinement, ça a été le début d’une vague : les demandes et les visites se sont multipliées, nous avons eu beaucoup d’offres et les biens en vente depuis un moment ont trouvé des acquéreurs. Résultat, à partir de l’été, le marché est devenu très tendu en raison d’une pénurie de biens à vendre ». Un constat partagé par Idriss Ibrouchene, président de l ’Amepi nord Landes : « Juste après le premier confinement, il y a eu une poussée des demandes, principalement sur les maisons. On a senti une réelle envie de sortir des zones d’urbanisation ». Et le phénomène reste d’actualité.

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Sur le plan national, le volume des transactions immobilières a chuté de 4,4 % en 2020. « Dans les Landes, après une année 2019 record, la baisse des transactions a été très faible (-1,9 %), souligne Yann Le Hyaric, président de la chambre FNAIM des Landes. Il faut dire que notre département a des atouts. Les gens viennent y chercher le calme, la tranquillité et une belle qualité de vie ». Avec l’océan, la forêt, les lacs et la montagne à proximité, les Landes sont en effet un cadre idyllique pour des Français en manque de nature. Pour Idriss Ibrouchene : « vivre ici, c’est avoir un petit air de vacances au quotidien ». Et ce n’est manifestement plus un secret !

Il n’y a pas que la côte

Si les communes de la côte, comme Capbreton, Labenne, Seignosse, Hossegor ou plus au nord Vieux-Boucau, Contis et Mimizan, ont le vent en poupe, les communes dans les terres ne sont pas en reste. « C’est le cas des villages du Seignanx, note Frank Leonard. Ils suivent l’évolution globale du marché car les prix y sont plus accessibles, tandis que la première ligne, en accès direct à l’océan, devient intouchable pour de nombreux ménages. Soustons et Saint-Vincent-de-Tyrosse sont également plébiscitées ». Et d’ajouter : « auparavant, les gens nous disaient : « on n’ira pas à plus de 10 kilomètres de la mer ». La hausse constante des prix a changé la donne et obligé de nombreux clients à repenser leur projet ».

« C’est un phénomène qui touche toutes les Landes », affirme Idriss Ibrouchene qui observe une demande très soutenue sur les communes côtières du nord des Landes et une demande grandissante, notamment des primo-accédants, pour des villages en retrait comme Parentis-en-Born ou Labouheyre.

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Une clientèle et des envies nouvelles

La typologie des aspirants Landais a également évolué. Et ce de manière homogène sur le département.

« Aujourd’hui, nous avons une clientèle principalement d’actifs, ce qui n’était pas le cas il y a quatre ou cinq ans où on était plus sur des jeunes retraités, détaille Idriss Ibrouchene. La généralisation du télétravail a bien évidemment contribué à ce phénomène ». Pour Frank Leonard, c’est « un changement de paradigme qui crée de nouveaux acquéreurs. Les entreprises consentent désormais à une présence de seulement quelques jours par semaine ou par mois. Le travail n’est plus un fil à la patte et il n’est plus nécessaire d’attendre une mutation ». Résultat, des salariés en provenance de Bordeaux, Toulouse ou encore Paris affluent avec l’envie de vivre une vie plus simple et plus sereine.

L’objet de tous les désirs (ou presque) est une maison avec jardin. L’extérieur est en effet devenu un critère important et les clients sont parfois prêts à acheter une maison plus petite si elle est assortie d’un joli jardin. Mais rien de démesuré. Pour le président de l’Amepi Nord Landes, « la clientèle urbaine n’aspire pas à de très grands terrains. En revanche, elle est en quête d’un accès rapide et facile à la mer ou à la forêt ». Autre critère : la fameuse pièce en plus pour le télétravail. « Le besoin de s’isoler pour travailler et d’y consacrer une pièce est une nouvelle tendance », souligne Frank Leonard. Ces nouveaux critères ont modifié quelque peu le marché : désormais, les appartements avec de tout petits balcons ou sans extérieur n’attirent plus grand monde, hormis les investisseurs.

Le département est très attractif et la demande soutenue

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Des prix en hausse, et après ?

Sur un secteur où les prix connaissent une hausse constante depuis plusieurs années, 2020 n’a pas infléchi la tendance. Cette augmentation est cependant assez disparate. Si elle est en moyenne de 3,8 % sur le département, par endroits, sur la côte, elle avoisine les 10 %. Des communes comme Hossegor et Capbreton ont vu les prix s’envoler et ne sont désormais plus accessibles qu’à une poignée de privilégiés. À Hossegor, pour une maison, le prix moyen atteint 7 134 euros/m2 selon le site meilleursagents.com. Bien loin des 2 385 euros/m2 constatés en moyenne sur le département.

Mais cette hausse des prix va-t-elle se poursuivre ? Pour Yann Le Hyaric, même si le département est très attractif et la demande soutenue, « il est compliqué de faire des prévisions, en raison de la crise sanitaire ». Au sein de l’Amepi, les présidents nord et sud Landes tablent, eux, sur « un plateau », « une stabilisation » des prix et une clientèle toujours nombreuse en 2021. Si des incertitudes, notamment économiques, planent et engendrent chez certains une peur de l’avenir, l’immobilier reste une valeur refuge. Et la qualité de vie dans les Landes a de quoi séduire.