Couverture du journal du 17/02/2024 Le magazine de la semaine

« Une situation très tendue » Yann Le Yarrick, président de la Fnaim Landes

Face à la crise de l'immobilier, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) dénonce des « mesurettes » et parle « d'escrologie ». Agacement de Yann Le Yarrick, son président landais.

Yann Le Yarrick, président de la Fnaim Landes

Yann Le Yarrick, président de la Fnaim Landes © H.R.

Les Annonces Landaises : Quelle est la situation du marché immobilier landais ?

Yann Le Yarrick : Sur tout le département, le marché de la location est très tendu. On manque de biens à louer dans quasiment toutes les catégories. Pour la vente, il y a un marché qui est en recul avec des prix qui commencent à baisser dans certaines zones et un secteur encore un petit peu privilégié dans l’immobilier haut de gamme.

C’est globalement très tendu. Mais le marché est très hétéroclite. On a la côte, les agglomérations Dax et Mont-de-Marsan et des secteurs plus diffus, plus terroir, comme la zone Chalosse ou la Haute Landes et ses petits villages.

Dans le domaine de la vente sur le littoral, les prix n’ont pas baissé, ce qui fausse un peu nos chiffres au niveau du département. Sur la côte, les acquéreurs payent comptant. Ce sont des gens qui souvent sont allés travailler à Bordeaux, à Paris ou dans d’autres villes et qui ont acheté des biens qui ont pris 50 ou 100 % en 20 ans. Du coup, quand ils revendent, crédits payés, ils disposent du cash et n’ont pas besoin de recourir à des crédits.

LAL : Quelle est la situation dans les agglomérations ?

Y. L. Y. : Dans les agglomérations, on a des stocks qui commencent à augmenter, puisqu’il y a une décorrélation entre la capacité d’emprunt et les prix de vente. On a des vendeurs qui sont attentistes et des acquéreurs qui ne peuvent pas emprunter parce que les banques ne jouent pas le jeu. Les prix sont en légère baisse.

LAL : Pour la location ?

Y. L. Y. : En location, c’est hypertendu. Très peu d’offres sur tout le département. Mais le problème est national. En France, on ne construit pas assez et on a un gros problème d’offres.

LAL : Quelle est la situation pour le neuf ?

Y. L. Y. : Le neuf est presque à l’arrêt. Pour écouler les stocks, de nombreux promoteurs commencent à lancer des offres avec des remises. Il n’y a pas mal de promoteurs qui sont carrément en cessation d’activité.

LAL : Quelle est votre analyse de la crise du logement ?

Y. L. Y. : Manifestement, notre président de la République se désintéresse totalement de l’immobilier. C’est une catastrophe. Il y a eu le Conseil national de la refondation. Ils ont sorti trois mesurettes, même pas, trois remodelages de mesurettes, mais aucune mesure concrète.

LAL : Comment expliquez-vous cela ?

Y. L. Y. : Un, la méconnaissance du marché, deux, l’idéologie et trois, l’écologie. Enfin, pas l’écologie, « l’escrologie ».

LAL : Comment définissez-vous « l’escrologie » ?

Y. L. Y. : Interdire les logements à la vente qui sont classés F ou G, ce qu’ils appellent les passoires thermiques, les sortir de la location, alors que l’on manque de logements, ce n’est pas logique. Des mesures incitatives auraient été plus efficaces. Un propriétaire va essayer de préserver la rentabilité de son bien en réalisant des travaux a minima. Donc une écologie a minima, ce qui va à l’encontre de l’objectif poursuivi. C’est tellement du pragmatisme et du bon sens que je ne comprends pas que nos têtes pensantes puissent imaginer des solutions comme ça. C’est complètement décorrélé de la réalité. Il faut faire tout l’inverse. Aujourd’hui, vous avez des projets ZAN (zéro artificialisation nette). Ce n’est pas ça qui va libérer du foncier pour qu’on puisse créer des logements pour loger les gens. Mont-de-Marsan et Dax sont des petites villes. On ne peut pas y construire en hauteur.

Fnaim, premier syndicat professionnel

La Fnaim (fédération nationale de l’immobilier) est le premier syndicat professionnel de France et d’Europe. Il a 75 ans d’expérience et de dialogue avec les pouvoirs publics et les professionnels et compte 12 000 et 13 000 agences en France.122 dans les Landes. Pour être adhérent, il faut avoir les cartes professionnelles et être en capacité de recevoir du public.