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Littoral : le bypass, une solution contre l’érosion

À Capbreton, le système de transfert hydraulique de sable destiné à renflouer les plages est au cœur de la stratégie locale de gestion du trait de côte qui entame une nouvelle phase.

Littoral bypass

© D. R.

Sur les plages de Capbreton, le bypass a repris son bourdonnement de printemps, début avril, pour transférer environ 30 000 m3 de sédiments marins de la plage Notre-Dame, au nord, vers les plages sud de la station balnéaire. En jeu : la lutte contre l’érosion du littoral qui recule en moyenne d’1,7 mètre par an dans les Landes. Dans la cité marine, la dérive sédimentaire littorale nord/sud est contrariée par la digue d’entrée du port.

« Beaucoup de sable reste bloqué au nord du chenal. Au sud, les plages se retrouvent appauvries en apport naturel de sable, tout en restant soumises aux tempêtes d’hiver qui « dégraissent » certaines parties de nos côtes. À cela s’ajoute la présence du Gouf, le canyon sous-marin de 3 500 mètres de profondeur qui prend naissance à 300 mètres de la côte et qui capte une bonne partie du sable qui dérive en mer », explique Patrick Laclédère, maire de Capbreton.

L’objectif de la stratégie : « Limiter le recul du littoral, protéger le cordon dunaire et maintenir un niveau de plage assez haut pour protéger les secteurs urbanisés.

Mais aussi préserver l’activité commerciale et l’attractivité touristique et économique de la station. »

UN DISPOSITIF SOUMIS AUX EFFETS DU TEMPS

Le principe du bypass est simple : le sable aspiré est mis en émulsion puis injecté sous pression dans une conduite enterrée sur 800 mètres qui dispose de bouches de refoulement permettant de déverser le mélange sur les plages du front de mer jusqu’à la plage du Santocha.

Littoral bypass

© D. R.

Mais, ce système, unique en Europe, mis en service en 2008, commence à souffrir des effets du temps. Malgré les opérations de maintenance et de réparations successives, certains éléments présentent en effet une forte corrosion. La conduite de refoulement passant sous le chenal s’est rompue en fin de campagne 2020 et a nécessité d’être rapidement remplacée. Un investissement de 500 000 euros qui vient s’ajouter aux travaux de mise à niveau depuis 2018 (1,3 million d’euros) et aux 300 000 euros de fonctionnement annuel.

NOUVELLE ÉTAPE DE LA STRATÉGIE LITTORALE

Un budget d’envergure pour ce volet de la stratégie locale de gestion du littoral, financée à hauteur de 80 % par l’Europe, l’État, la Région et le Département (voir encadré), et qui entame une deuxième phase jusqu’en 2028. Cette nouvelle étape, qui doit être arrêtée et validée fin 2022, devrait notamment intégrer la poursuite des études de relocalisation de la station d’épuration de La Pointe ; le renouvellement de certains équipements ; l’entretien du cordon dunaire et la remise à niveau des perrés, des épis rocheux et des quais du chenal…

Il n’en reste pas moins qu’en dépit de ces travaux de Sisyphe, l’élévation du niveau marin se poursuit sous les effets du réchauffement climatique, menaçant plus de 6 000 logements sur le littoral néo-aquitain d’ici 2050, si aucune action de gestion n’était entreprise à cette échéance. Un nombre ramené à environ 600 si des opérations d’apport de sable et des travaux de maintien des ouvrages de protection sont menés, selon les estimations du Groupement d’intérêt public (GIP) Littoral de Nouvelle-Aquitaine qui accompagne les collectivités dans l’élaboration de leurs projets. Et le phénomène devrait encore s’aggraver au-delà de 2050.

« À moyen ou long terme, il faudra envisager leur relocalisation », prévient Patrick Laclédère qui alerte sur le fait que l’État « devra donner aux collectivités des outils juridiques et financiers opérationnels pour assurer le repli des biens menacés dans le temps ».

COMBIEN ÇA COÛTE ?

STRATÉGIE LITTORALE SUR CAPBRETON PHASE 2017-2022

5,6 millions d’euros financés par l’Europe (51,2 %), la communauté de communes Maremne-Adour-Côte Sud et la commune de Capbreton (20 %), la Région Nouvelle-Aquitaine (14,2 %), le Département des Landes (8,3 %) et l’État (6,4 %).