Couverture du journal du 03/05/2021 Consulter le journal

FMS, la numérisation au service de l’inclusion

Cyril Gayssot, directeur général de Facylities Multi Services (FMS) à Saint-Geours-de-Maremne et président de l’Union nationale des entreprises adaptées (UNEA) prône l’autonomisation et la responsabilisation des salariés, dont une grande majorité en situation de handicap, par la numérisation et la digitalisation de l’environnement de travail.

FMS

Depuis le confinement, l’activité se poursuit avec des mesures de protection, notamment pour les salariés les plus fragiles. © Hubert Raffini

A en croire le nombre de visites ministérielles (Sophie Cluzel, secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, Geneviève Darrieussecq, la Landaise, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et d’autres), les membres du gouvernement aiment à venir dans les Landes et associer leur image à celle de FMS (Facylities Multi Services). Il est vrai que l’entreprise adaptée de Saint-Geours-de-Maremne réunit tous les marqueurs de l’excellence. Tant au niveau économique que social, puisque FMS compte aujourd’hui 311 salariés dont 78 % en situation de handicap, affiche près de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires, une croissance de 25 % en 2019, un contrat de sous-traitance de rang 1 avec Airbus -elle est la seule entreprise adaptée d’Europe à disposer de cette reconnaissance-, et en ce début d’année, le renouvellement de la certification qualité ISO 9001 notamment dans les domaines du numérique.

Les savoir-faire diversifiés (informatique, logistique, location entretien et centre de contacts) qui expliquent certainement toute l’agilité et la flexibilité du groupe, se répartissent sur huit sites : Cestas (Gironde), Mouguerre et Idron (Pyrénées-Atlantiques), Toulouse (Haute-Garonne), et deux sur le parc d’activités Atlantisud à Saint-Geours-de-Maremne dont un spécialisé en ingénierie informatique. Et, sous les feux de l’actualité ces dernières semaines, Peyrehorade et Soorts-Hossegor, sur la zone de revitalisation économique.

© Hubert Raffini

Made in SMS

Le site du bord de l’Adour, un ancien supermarché du centre-ville de Peyrehorade, est dirigé par Pierre Sorçaburu. Le choix de cette implantation correspond à une volonté de se rapprocher des clients et des collaborateurs qui ont souvent à régler des problématiques de mobilité. Une cinquantaine de salariés spécialisés en textile exercent trois métiers. L’entretien et le marquage des vêtements de travail pour assurer leur traçabilité. L’impression, la broderie -de puissantes machines de sérigraphie permettant de gros tirages, viennent d’être acquises- et grande nouveauté : la confection textile.

« Jusque-là, explique Pierre Sorçaburu, nous intervenions sur les produits de nos clients. Maintenant, nous allons créer nos propres articles. L’idée est née avec la crise sanitaire. Nous nous sommes inscrits dans le « Projet résilience » de mobilisation des entreprises d’insertion et des entreprises adaptées pour accroître la production de masques de protection. Nous avons notamment fabriqué des masques inclusifs transparents qui permettent de lire sur les lèvres (très demandés notamment dans les crèches), des masques aux teintes originales et un pôle de recherche est en train de développer une ligne de vêtements Made in FMS ».

Cyril Gayssot, un solide CV

Cyril Gayssot © Hubert Raffini

Le parcours professionnel de Cyril Gayssot, 43 ans, s’organise autour de la gestion des ressourceshumaines et de l’organisation, « l’urbanisation » disent les spécialistes, des systèmes d’information. Il est titulaire d’un master II de l’université de  Toulouse  en ingénierie et gestion des systèmes d’information obtenu en 2003 et d’un mastère spécialisé responsable ressources humaines de l’École supérieure de commerce (ESC) de Toulouse en Il a débuté sa carrière dans un grand groupe industriel international en tant que responsable du développement des ressources humaines à Toulouse. En 2007, lui-même victime d’un accident de la vie, il est nommé directeur des ressources humaines d’une grande entreprise adaptée. En 2008, il a cofondé FMS avec Fabrice Abadia. Il en assure la codirection depuis.

Nouvelle vague

Comme les autres entreprises adaptées, la feuille de route globale de FMS vise à doubler son nombre de collaborateurs. Ainsi, elle vient de racheter la plateforme logistique de Billabong à Soort-Hossegor. Le bâtiment de 7 500 m2, au toit en forme de vague, sur la zone Pédebert, fermé lors de la restructuration du groupe Boardriders, va reprendre vie. Il permettra de créer une cinquantaine d’emplois autour de la logistique et du stockage. Des métiers délocalisés, il y a quelques années, qui pourront aussi servir à d’autres clients locaux. « Cette acquisition, complète Cyril Gayssot, offrira l’opportunité de relocalisation d’activités de récupération des articles invendus de la marque pour les reconditionner et leur donner une nouvelle vie.

S’adapter à la crise sanitaire

Pierre Sorçaburu © Hubert Raffini

FMS, comme bien d’autres entreprises, a durement été et est encore impactée par la crise sanitaire. Perte de nouveaux contrats en logistique, baisse de volume drastique en informatique aéronautique et perte de clients et prospects en génie logiciel. En mars et avril 2020, la décroissance a été de l’ordre de 30 %. La décision a été prise de poursuivre l’activité avec des mesures de protection notamment pour les salariés les plus fragiles. 25 % des collaborateurs en télétravail, 25 % en arrêt de travail dérogatoire, 25 % en chômage partiel. Seuls 25 % sont présents dans les bâtiments, essentiellement en logistique et transport. Le télétravail n’est pas sans inquiéter le dirigeant, Cyril Gayssot, à l’écoute des besoins de ses salariés. « Beaucoup de burn-out sont la conséquence d’une baisse de l’empathie. Lors des visioconférences, les signes non verbaux sont parfois très mal interprétés et il nous faut préparer les retours en présentiel qui ne seront pas faciles pour tous ».

Président de l’union nationale des entreprises adaptées (UNEA)

Cyril Gayssot vient d’être reconduit pour deux ans à la tête de l’UNEA. Créée en 1987, l’Union nationale des entreprises adaptées est une association professionnelle qui fédère et représente auprès des acteurs publics et privés environ 600 entreprises adaptées employant près de 40 000 collaborateurs handicapés. En France, 500 000 personnes en situation de handicap sont privées d’emploi. Avec un taux de chômage à 19 %, deux fois plus élevé que la moyenne, être en situation de handicap, c’est avoir deux fois plus de risques d’être sans activité que le reste de la population. L’objectif de l’UNEA à l’horizon 2022 est de doubler le nombre d’emplois adaptés. « Pour ce faire, explique le patron landais, nous devons promouvoir le modèle de l’entreprise adaptée et permettre à tous les acteurs et partenaires concernés, qu’ils soient du secteur adapté, protégé ou classique, de dialoguer et de se rassembler ».