Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

[Dossier Cabanes de plages ] Lou Cabana : le repère des « Culs nuls »

Lou Cabana, sur la plage des « Culs nus », fait partie des spots emblématiques qui ont inauguré la nouvelle formule des cabanes de plage à Hossegor en 2016.

lou cabana cabanes

De 15 couverts à 500 par jour au pic de la saison quand il fait très beau avec une équipe jusqu'à 28 personnes © Lou Cabana

Parce qu’il a beaucoup voyagé et notamment passé une dizaine d’années en mer sur un voilier, Jérôme Bras, 51 ans, connaît l’impact que peut avoir l’homme sur son environnement. Cet autodidacte de la restauration, épicurien autoproclamé, tombé amoureux des Landes il y a 25 ans pour le surf notamment, rêvait d’avoir un restaurant les pieds dans le sable, avec l’océan pour horizon. Il a tout de suite adhéré au nouveau concept de cabanes de plage que la ville d’Hossegor souhaitait mettre en place, selon un cahier des charges très précis. Et il fut un des premiers, en 2016, à répondre à l’appel d’offres qui réglementait l’attribution des concessions et à voir son projet retenu, sur la plage la plus au nord d’Hossegor, plus connue comme celle des « Culs nus ». Ainsi commençait l’aventure de Lou Cabana.

Jérôme Bras cabanes

Jérôme Bras © Bernard Dugros

VACANCES À LA CABANE

Ce n’était pas gagné d’avance, mais Jérôme Bras a rapidement su convaincre. Après avoir tenu pendant huit ans avec un associé le Café Sud à Capbreton, il a voulu réinterpréter dans ce nouveau décor, sa conception de la restauration. « Comme le cadre est exceptionnel, mon idée était d’apporter quelque chose de frais dans l’assiette, dans la simplicité. Donner du bonheur aux gens quels qu’ils soient. Recevoir côte à côte, le surfeur qui vit en camion et le propriétaire d’une grosse villa derrière la dune. J’aime cet éclectisme, créer la communication à travers une assiette et un verre de vin. Il y a des gens qui passent leurs vacances à la cabane. Ils arrivent le samedi et dès le lendemain, viennent prendre leur petit déjeuner, vont piquer une tête, reviennent déjeuner repartent sur la plage et sont de retour pour l’apéro en regardant le coucher de soleil. Et ils me remercient en me disant que c’est génial. Quelle récompense ! » Mélange des genres que l’on retrouve aussi dans l’assiette où les trouvailles glanées par Jérôme Bras pendant ses voyages, l’hiver, viennent rejoindre les incontournables, dont les fameux chipirons qui font toujours un malheur.

500 COUVERTS AU ZÉNITH

Autant dire que de mai à octobre de 9 h à 23 h, Jérôme Bras et son équipe ne chôment pas. « Nous sommes évidemment totalement dépendants de la météo et pouvons passer de 15 couverts à 500 par jour au pic de la saison quand il fait très beau. » Une équipe qui peut monter jusqu’à 22 personnes l’été et parfois 28 si besoin, qu’il s’emploie à fidéliser, en entretenant un « esprit famille. » Lou Cabana restant son activité principale qui lui permet de vivre à l’année. « Nous sommes sur un concept éphémère. Les gens ne s’en rendent pas toujours compte. On loue un espace de sable à la mairie. On construit la cabane en 15 jours avec une équipe de huit personnes : c’est assez dingue ! On exploite pendant cinq mois, on démonte tout et on ratisse le sable pour le rendre aussi propre qu’au départ. C’est génial ce concept ! »

DU BONUS !

A-t-il peur de l’épée de Damoclès qui menace l’avenir des cabanes de plage ? « On me pose la question tous les jours. Mais quand on a un restaurant avec 22 salariés, où il faut acheminer la marchandise chaque jour et évacuer les déchets, on n’a pas vraiment le temps de spéculer sur l’avenir. Je fais confiance à la mairie et aux élus qui gèrent bien ce dossier avec l’État. Quand j’ai pris la cabane en 2016, j’avais la concession pour un an et risquais de tout perdre l’année suivante. Et c’était un gros investissement. Depuis huit ans que j’y suis, je considère chaque année comme un bonus. Rien n’est éternel. »

Jérôme Bras regrette juste que les représentants de l ’État ne viennent pas constater sur place tout le travail effectué pour mener cette activité de la manière la plus responsable et durable qui soit : choix du local et de l’artisanal privilégié pour les aliments et les boissons, tri des déchets recyclage des mégots avec l’association Tree6clope. « Depuis que les poubelles ont été enlevées des plages, nous servons de réceptacle car les gens nous ramènent leurs déchets que l’on trie. Chaque année, nous organisons des collectes de déchets sur les plages en remerciant les bénévoles par une collation. Travailler dans un tel cadre est un privilège et il ne se passe pas un matin où je passe la dune sans dire merci ! ».