Couverture du journal du 02/07/2024 Le nouveau magazine

Vielle-Soubiran – La « pico-brasserie » de Lugazaut

Depuis cinq ans, William Père a lâché sa carrière dans le recrutement à l’international pour créer ses bières locales sur le domaine familial de Lugazaut, à Vielle-Soubiran.

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La Brasserie de Lugazaut veut développer sa partie événementielle sur son espace de 165 m2 avec auvent ouvert sur l’extérieur © Eric Reto - Brasserie de Lugazaut

Avec sa bière ambrée au miel de bruyère, Les Conservistes, des copains devenus charcutiers à Saint-Sever (voir page 12), ont créé un pâté de porc noir, et travaillent à d’autres mélanges du genre qui devraient bientôt sortir. William Père, de son côté, innove aussi avec des cervoises à la menthe chocolat (variété de menthe poivrée) de sa propriété, vieillie neuf mois en barrique d’armagnac, ou des blondes épices-basilic-gingembre avec peut-être un peu de verveine après l’été…

UNE TRENTAINE DE POINTS DE VENTE

Avec d’autres breuvages plus classiques aussi, la Brasserie de Lugazaut a fêté ses cinq ans le 13 juillet dernier, et s’enorgueillit d’être parmi les plus petites brasseries des Landes. « On grossit un peu tous les ans, mais l’idée est de ne pas devenir trop gros, on est une pico-brasserie – plus petite que micro ! -, avec 130 hecto- litres brassés l’an passé, autour de 150 hectolitres cette année », précise celui qui fait tourner sept recettes naturelles permanentes et deux éphémères pour un chiffre d’affaires de 60 000 euros.

« Comme je suis tout petit, je rachète le surplus de céréales à d’autres brasseries qui ont de gros contrats et trop de volume », assure-t-il, tout en étant en train de développer son partenariat avec le houblonnier de Liposthey pour avoir bientôt deux bières 100 % landaises.

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© Eric Reto – Brasserie de Lugazaut

« Il y a de plus en plus de microbrasseries, les gens s’habituent à goûter des bières locales. C’est comme avec le bon vin, quand le palais s’habitue à des bonnes choses, c’est dur de repartir en arrière », plaide l’entrepreneur, fort d’une trentaine de points de vente, essentiellement chez des cavistes, épiceries et quelques restaurants. « Longtemps, les restaurants avaient des contrats brasseurs et pensaient ne pas avoir de demandes de bières locales. Tout ça est en train de s’ouvrir », se félicite ce membre du Syndicat national des brasseurs indépendants.