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Transition énergétique : résidence en autoconsommation

Première dans les Landes, à Saint-Vincent-de-Tyrosse, la résidence Camélia permet à ses locataires d’autoconsommer collectivement l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques installés en toiture.

panneaux photovoltaïques, résidence

©Pexels

En mars, le promoteur Clairsienne a inauguré une résidence sociale à Saint-Vincent-de- Tyrosse. Baptisée Camélia, elle compte 41 logements. Vingt bénéficient d’équipements adaptés au confort des seniors (éclairage avec détection pour cheminement de nuit, barre de maintien…), tandis que les autres sont destinés à accueillir des familles.

Aussi exemplaire soit-elle sur le plan de la mixité entre les générations, la résidence Camélia sort du lot pour une tout autre raison. C’est la première des Landes à bénéficier d’une opération d’autoconsommation collective d’électricité photovoltaïque. Capables de générer une puissance de 24 kWc (kilowatts crête), 80 panneaux solaires installés sur le toit de l’immeuble alimentent en effet les logements et les parties communes (ascenseurs, ventilation, éclairage…) en électricité. L’énergie est affectée selon la superficie des appartements, en fonction d’un relevé de compteur électrique toutes les 30 minutes.

résidence Camélia, Landes

© D. R.

L’intérêt du dispositif n’est pas économique. Certes, l’électricité produite est gratuite pour les locataires. Mais les frais d’entretien et de maintenance de l’installation restent à leur charge. Par ailleurs, la production solaire n’a pas vocation à couvrir l’intégralité de leurs besoins. Chacun dispose donc d’un abonnement auprès du fournisseur d’électricité de son choix. Quand il n’y a pas de soleil, le réseau public prend ainsi le relais. À l’inverse, les flux non utilisés sont réinjectés dans le réseau public.

Chacun dispose d’un abonnement auprès du fournisseur d’électricité de son choix

Pour calculer le différentiel, le système utilise les compteurs communicants Linky dont sont dotés les logements et les parties communes. Au final, les occupants devraient seulement économiser une vingtaine d’euros par an sur leur facture. Ce chiffre n’est toutefois qu’une estimation puisqu’il dépend de l’ensoleillement réel et des autoconsommations des locataires.

LE CIRCUIT COURT DE L’ÉLECTRICITÉ

Le vrai avantage du système est d’offrir une certaine autonomie énergétique aux résidents. L’impact des hausses des tarifs de l’électricité sera ainsi partiellement gommé. Les locataires sont également moins dépendants d’éventuelles coupures du réseau public. Et cette autonomie relative réduit l’impact écologique du bâtiment. « L’autoconsommation, c’est le circuit court de l’électricité, résume Céline Vautrelle, directrice régionale d’Enedis. On produit local et on consomme local ! » Cela élimine en outre les déperditions d’énergie liées au transport, qui représentent entre 2 % et 3 % de l’électricité acheminée.

Enedis raccorde 80 panneaux photovoltaïques, 1ère Autoconsommation collective des Landes résidence

Enedis raccorde 80 panneaux photovoltaïques, 1ère Autoconsommation collective des Landes © D. R.

Bien plus que d’être la première réalisation landaise, le dispositif d’autoconsommation collective de la résidence Camélia est le tout premier installé par la direction régionale Pyrénées-Landes d’Enedis (qui couvre également les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées). Et à peine plus de 80 installations similaires sont recensées à l’échelle nationale. « C’est un tel défi technique, mais aussi juridique, pour mettre en place le partage de l’électricité, qu’on en est au tout début de l’autoconsommation collective. Mais c’est une grande réussite, car au sein de la résidence Camélia, 80 % des locataires ont choisi d’adhérer au dispositif. »