Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Surf : le nouveau pari de « Belly »

Pour accompagner son développement, Stephen Bell dit « Belly », l’incontournable shaper australien fondateur d’Euroglass, vient de quitter la zone surf de Pédebert à Soorts-Hossegor pour voir plus grand à Bénesse-Maremne. Un nouveau magasin de 400 m² baptisé Bell et des ateliers shape et logistique sur 2 500 m² pour toute l’Europe.

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Bell a en rayon la marque de vêtements de Kelly Slater, 11 fois champion du monde © J. D.

En sortant de l’autoroute à l’entrée de Capbreton, les entreprises du bâtiment et des transports occupent quasiment toute la zone d’activités Arriet de Bénesse-Maremne. Au milieu des locations de grues, de matériaux de construction, de métallerie, logisticiens, préparateur automobile et autres entreprises de poids lourds, un tout nouveau magasin de surf a ouvert mi-septembre. Un lieu incongru pour faire venir les surfeurs ? « Pas du tout ! Quand je me suis installé à Pédebert au tout début, j’étais dans les premiers, on me disait : « T’es fou, faut pas y aller ! ». Ici c’est pareil… On verra dans quelques années ! », dit « Belly », dans son français inimitable.

4 MILLIONS D’EUROS DE CHIFFRE D’AFFAIRES

C’est au milieu des années 1980 que le jeune Australien, ex-apprenti en menuiserie reconverti dans la fabrication de planches de surf, débarque à 20 ans à Hossegor depuis Torquay au sud-est de l’île-continent, attiré par Harry Hodge et Jeff Hakman qui recherchaient ses compétences pour Quiksilver Europe. Il travaille alors avec Maurice Cole dans ce petit paradis landais où à l’époque, rigole-t-il, il n’y avait « quasiment pas de surfeurs, et plein de belles filles sur la plage ». Il crée sa propre entreprise, Euroglass, et obtient un contrat de licence pour fabriquer des planches pour Quiksilver, rachetant rapidement les parts de Jean Debaralle et Maurice Cole qui repartira bientôt en Australie.

Aujourd’hui, sa société, c’est 4 millions d’euros de chiffre d’affaires et 16 salariés à l’âge moyen inférieur à 30 ans. « On est monté à 8 millions d’euros pendant le Covid, mais c’était trop », dit-il. En tout cas, « une de mes plus grandes fiertés, c’est de voir que 11 de mes salariés, dont certains ont commencé comme stagiaires ici, ont pu acheter leur maison. Je suis très fier de ça et du système français qui le permet. Moi je suis immigré et par le travail, on peut y arriver ! » Au passage, une reconnaissance appuyée pour les administrations françaises : « Beaucoup de gens s’en plaignent. Mais elles sont toujours là pour nous conseiller et nous aider – parfois financièrement – sur des projets, que ce soit la région, Macs et d’autres. »

2 500 PLANCHES PAR AN

Sur son nouveau site, 400 m2 sont dédiés au surf shop sous marque propre et licences connues (planches et accessoires, Quiksilver, Vissla…) incluant un espace restauration, 300 m2 à des bureaux, 1 000 m2 à l’atelier shape et 1 500 m2 à la logistique. Jusqu’ici, 2 500 planches par an sortaient de chez Euroglass pour être vendues dans toute l’Europe. Avec ce nouveau dimensionnement, il sera possible d’en fournir jusqu’à 4 000, même si ce n’est pas l’objectif immédiat. « Le but c’est de pouvoir s’adapter à la demande si besoin, mais sans jamais mettre en risque les emplois des salariés », souligne le président d’Euroglass-Bell.

Pour son beau-fils, Matteo Fioravanti, directeur général de la société et Italien de Rome également installé à Hossegor, « s’agrandir était important pour pouvoir produire et stocker et avoir enfin notre propre vrai magasin où on va aussi développer avec d’autres marques des collections textiles techniques ».

Son frère, Leonardo Fioravanti, surfeur professionnel qui vient de finir 9e du championnat du monde WSL, les accompagne aussi sur le développement et le marketing. C’est le protégé de Belly qui le conseille et le suit comme il le fit des décennies durant avec Kelly Slater dont il fut le bras droit et confident dès les années 1990 grâce à Pierre Agnès qui en fit le team manager de Quiksilver. Pas un hasard donc si on retrouve aussi dans les rayons de Bell, les vêtements Outerknown, la marque du Floridien, 11 fois champion du monde.