Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

Sparklight se met au ballet lumineux

Le drone devient le nouveau concurrent du feu d’artifice. Mais compte tenu de son prix beaucoup plus élevé malgré une conception locale, l'artificier Sparklight qui a prévu d’agrandir ses locaux à Losse ce printemps, conseille toujours à ses clients de combiner les deux.

Sparklight

© Sparklight

Pour obtenir « quelque chose de cohérent dans le ciel, il faut faire voler un minimum de 100 drones en même temps, c’est une logistique conséquente », explique Romain Bridoux, un des cinq associés de Sparklight. Côté tarif, pour 10 à 15 minutes de chorégraphie lumineuse millimétrée, « on a aujourd’hui du mal à descendre sous les 10 000 euros. Il y a de plus en plus de demandes des mairies notamment, mais elles n’ont pas toujours le budget nécessaire alors qu’un petit spectacle pyrotechnique peut commencer à 1 000 euros. Toutefois, les coûts sont peu à peu en train de baisser, entre formalités administratives de déclaration simplifiées et nouvelles solutions pour la conception des shows : on est ainsi passé en quelques années de deux semaines nécessaires pour la création à trois à cinq jours aujourd’hui. »

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Drones faits à toulouse

Contrairement aux feux d’artifice importés très majoritairement de Chine, et aussi de Pologne, voire d’Italie et d’Espagne, la conception de ces spectacles drones en formes 3D dessinées dans le ciel, est très locale : « Tout est développé en France, assure le cogérant. Les drones sont fabriqués à Toulouse et les spectacles sont conçus en interne dans nos locaux à Losse ou Ambarès (Gironde). »

Chez Sparklight, l’aventure drone a démarré fin 2020 et représente aujourd’hui entre 5 et 10 % des commandes, soit environ une dizaine de spectacles l’année passée, de Lourdes (Hautes-Pyrénées) à Lège-Cap-Ferret (Gironde), de l’Île d’Oléron (Charente-Maritime) à Mimizan. « On va essayer de développer cette activité, mais notre envie est surtout de vendre un mix, avec des drones suivis d’un bouquet de feux d’artifice pour que les gens ne perdent pas l’intensité » des bombes et fusées célestes dont les détonations magiques résonnent toujours aussi fort dans le ventre, fait valoir Romain Bridoux qui a monté l’entreprise avec Sylvain Fouquet, tous deux guidés par cette passion commune. Le duo était d’ailleurs du voyage en Chine cet automne pour le 2e festival international de musique et feux d’artifice de Qingxu où Sparklight a remporté un prix.

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Au départ à Toulouse, la société est depuis janvier 2022 implantée à Losse dans un bâtiment de 800 à 1 000 m² de la zone d’activités du Gabardan, d’abord loué à la communauté de communes, avant d’être acheté en fin d’année dernière, avec des terrains avoisinants. « Nous avons beaucoup de clients dans les Landes et nous avions besoin d’étendre notre capacité de stockage dans des endroits assez reculés pour nos zones d’effet. Certaines collectivités ont peur d’accueillir ce type d’entreprise mais ici, nous avons été reçus avec beaucoup de bienveillance. » Les nouveaux bâtiments qui doivent commencer à se construire au printemps, agrandiront l’espace d’environ 1 000 m² en deux phases jusqu’à l’an prochain si tout va bien.

Vente en ligne

Alors qu’en France, il ne reste qu’un seul fabricant de vrais feux d’artifice, la société ATPM à Hautefage-La-Tour (Lot-et-Garonne), l’idée de Sparklight qui s’occupe aussi de logistique-transport de signal de détresse maritime dans l’Hexagone, est également à l’avenir de fabriquer ici certains « petits produits de proximité », type pots à feu de scène et gerbes de lumière qui ne nécessitent pas trop d’investissement. Car sur le dernier bilan, entre 60 et 70 % du chiffre d’affaires de 1,6 million d’euros (tombé à 300 000 euros pendant le Covid et évoluant actuellement plutôt vers les 2 millions) relève du site internet de vente et distribution pour particuliers et professionnels (boutiques de fêtes, etc.).

Et pour asseoir ces savoir-faire, la société aux cinq salariés propose des formations d’artificiers, une à deux fois par an dans ses locaux landais, afin de former de nouveaux passionnés sur toute la France.