Couverture du journal du 21/01/2023 Le magazine de la semaine

Entreprise : le tournant du développement

Réseau Entreprendre® Adour organisait son premier « Booster Camp », à Seignosse, le 22 novembre dernier. L’enjeu pour les cinq entreprises lauréates : définir en 24 heures chrono leur plan d’action pour assurer leur développement. Retours d’expérience.

Les lauréats (tee-shirts rouges) ont été accompagnés pendant 24 heures par 50 « boosteurs » (tee-shirts bleus) entreprise

Les lauréats (tee-shirts rouges) ont été accompagnés pendant 24 heures par 50 « boosteurs » (tee-shirts bleus) © Réseau Entreprendre® Adour

Les cinq lauréats du « Booster Camp » de Réseau Entreprendre® Adour et ses 50 dirigeants expérimentés « boosteurs » ne se connaissaient pas avant d’arriver au village vacances Naturéo de Seignosse. « Ils ont passé 24 heures non-stop ensemble, avec la même envie d’être dans l’accompagnement de l’autre », résume Fabrice Delpech, directeur de l’association de chefs d’entreprise bénévoles, spécialisée dans le soutien à la création et la reprise d’entreprises dans les Landes, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et le Gers, avec 545 000 euros de prêts d’honneur à la clé, en 2022, pour 22 projets et 190 emplois créés ou sauvegardés.

PASSER UN NOUVEAU PALIER

Le défi de ce nouveau programme, dédié aux structures en activité depuis plus de trois ans, avec un chiffre d’affaires supérieur à 500 000 euros : transformer une idée de développement en plan d’action concret et réalisable. « Pour passer ce nouveau palier, les dirigeants qui ont acquis les réflexes de l’entreprise, la connaissance de leur marché, constitué une équipe opérationnelle, doivent apprendre à déstructurer leur modèle. Ils ont alors besoin d’être accompagnés sur leur nouvelle posture de leader, de s’entourer autrement, de réorganiser leur gouvernance, d’être soutenus financièrement dans un investissement sur un nouvel outil de production, une nouvelle antenne, un nouveau service ou un nouveau produit, avec en ligne de mire la création d’emplois », poursuit Fabrice Delpech.

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Le défi du Booster Camp : transformer une idée de développement en plan d’action concret et réalisable © Réseau Entreprendre® Adour

LES VOIES DE L’AMBITION

À l’issue de ce marathon, les lauréats « pitchaient » sur l’expérience, soulignant à l’unisson la bienveillance des échanges, dans ce tourbillon où ils se sont sentis tour à tour « confortés dans leurs intuitions, chahutés dans leurs certitudes, bousculés pour prioriser ».

C’est le cas de Pierre Béguery, à la tête depuis 12 ans, avec sa femme Valeska, de la conserverie artisanale L’Armoire à conserves, à Castets. Après avoir doublé son chiffre d’affaires (600 000 euros), sur les trois derniers exercices, avec une équipe de six personnes, l’entreprise atteint désormais sa capacité de production maximale. Pour être en mesure d’investir dans un bâtiment neuf et doubler son activité, il a notamment planché sur « les étapes intermédiaires et les actions à mettre en place, en clarifiant l’organisation interne, la gouvernance et ses stratégies commerciales ». Et pour atteindre l’objectif, il faudra « encore du travail, quelques opportunités et… beaucoup d’argent », récapitule-t-il, dans un sourire.

Pour « devenir une référence internationale » du design global spécialisé en produit hardware, Florian Auger, fondateur d’Outercraft, à Bayonne, qui intervient déjà auprès de grands groupes et de PME de la mobilité, du médical, du sport ou de l’industrie, comptait sur cette parenthèse stimulante pour « surmonter ses freins et blocages ». Verdict, à l’issue des échanges : priorité au financement de la montée en compétences en recherche et développement, à la visibilité de la relation clients, et à la stabilisation du business plan…

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© Réseau Entreprendre® Adour

DESSINER LE CHEMIN

Fabrice et Nathan Otaño, père et fils, pilotent le studio d’animation Disnosc, à Anglet. Plutôt satisfaits de leurs 850 000 euros de chiffre d’affaires annuel, grâce à leur expertise, leurs coûts maîtrisés et industrialisés ou leur engagement RSE, ils se sont néanmoins trouvés confrontés à « la nécessité de clarifier leur image de marque et leur démarche commerciale » pour aller de l’avant. Medhi Guellil, conseil en économie d’énergie et en réduction d’émission carbone Kerdos Energy, à Pau, a dégagé les pistes pour s’orienter vers la maîtrise d’ouvrage. Quant à Sébastien Plum, qui compte bien « avoir un impact positif sur le monde », en associant bien-être domestique, physique, mental, et nutritionnel, avec la création de Papa Plumes en août à Tarbes, après huit ans en franchise dans le service à la personne, il a « dessiné le chemin à prendre pour poser les premiers pas ».

« La balle est désormais dans leur camp », soulignait en fin de course l’un des entrepreneurs « boosteurs » qui avouait que l’épisode lui avait également permis de se questionner sur ses propres postures.