Couverture du journal du 03/05/2021 Consulter le journal

« Pour une nouvelle entente » : apaiser les tensions grâce à la médiation

Mireille Multeau a créé, à Mézos "Pour une nouvelle entente". L’objectif : permettre aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités de régler leurs confits à l’amiable.

médiation, Pour une nouvelle entente, Mireille Multeau

© D. R.

Un procès est généralement coûteux, quelle que soit la juridiction saisie. Et ce, aussi bien en temps qu’en argent. Mais, même en cas de conflit sérieux, le passage devant les tribunaux n’est pas une obligation. La médiation professionnelle offre une alternative souvent gagnante.

Mireille Multeau, créatrice de Pour une nouvelle entente © D. R.

« Les honoraires de médiation dépendent de la nature du litige, de sa complexité et du nombre de parties concernées, indique Mireille Multeau, médiateure professionnelle installée à Mézos. Mais une médiation sera toujours moins onéreuse qu’un procès. D’autant que pour les particuliers, les frais sont souvent pris en charge par l’assistance juridique de leur assurance. Et grâce à la médiation, on résout plus de 90 % des conflits en moins de 90 jours ».

Depuis 2020, pour désengorger les tribunaux, la loi impose d’ailleurs de tenter une conciliation ou une médiation avant de saisir le juge pour les conflits de voisinage et les litiges n’excédant pas 5 000 euros. Et elles l’ignorent souvent, mais toutes les entreprises qui travaillent avec des particuliers ont l’obligation de détenir un contrat de médiation de la consommation.

Le métier est pourtant encore peu connu. « En cas de conflit, quel qu’il soit, un médiateur agit comme un tiers extérieur, neutre, impartial et indépendant, qui accompagne les parties dans l’identification de la meilleure solution pour restaurer l’entente entre elles ». Le processus, très structuré, comprend plusieurs étapes. Des entretiens individuels entre les parties et le médiateur précèdent une ou plusieurs réunions entre les parties pour chercher les issues possibles.

Un conflit est toujours généré par de l’émotionnel

Même si la profession n’est pas réglementée, Mireille Multeau a tenu à se former avant d’exercer. Elle a suivi un cursus d’un an à l’École professionnelle de la médiation et de la négociation (EPMN) de Bordeaux. Affiliée à la Chambre professionnelle de la médiation et de la négociation (CPMN), elle a créé « Pour une nouvelle entente« , en novembre 2019.

Elle intervient pour de la médiation familiale, citoyenne, en entreprise et judiciaire. « Qu’il ait lieu entre voisins ou au sein d’une entreprise, un conflit est toujours généré par de l’émotionnel. On travaille sur de l’humain et des modes de communication. Et une chose est sûre : plus on agit tôt, plus on est efficace », observe-t-elle.

Dans mon métier, il faut faire preuve d’une grande capacité d’écoute et ne jamais juger

Les cas qu’elle traite sont très diversifiés : apaiser les tensions dans un couple au moment d’une séparation, éteindre un conflit entre locataire et propriétaire, récupérer les impayés d’une entreprise auprès de ses clients… Mais pour intervenir le plus en amont possible, elle propose aussi aux entreprises des audits sur la qualité relationnelle au travail ou des permanences durant lesquelles des salariés viennent lui exposer leurs problèmes. « C’est un lieu d’écoute et de résolution des conflits et des tensions. Les entreprises qui ont mis cela en place depuis longtemps constatent une amélioration du bien-être au travail et une baisse des arrêts maladie. Pour elles, cela constitue une véritable économie ».

Jeune pousse pour une nouvelle entente

Le choix du statut juridique : la micro-entreprise

Mireille Multeau : C’était le statut le plus avantageux pour moi. Je suis taxée uniquement sur mon chiffre d’affaires.

 

La plus importante difficulté rencontrée

M. M. : J’avais postulé pour une subvention de la Région au début de mon activité. Mais elle m’a été refusée car mon code NAF (Nomenclature d’activité française) ne rentre pas dans leur grille d’attribution. Pourtant, d’autres médiateurs l’ont eue, parce que l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) leur a attribué un code différent… C’est dommage, cette aide m’aurait bien aidée à me lancer.

 

La clé de la réussite

M. M. : Être passionné par ce que l’on fait ! Dans mon métier, il faut aussi faire preuve d’une grande capacité d’écoute et ne jamais juger.

 

Les outils de communication

M. M. : Je communique sur les réseaux sociaux via ma page Facebook et mon compte LinkedIn. J’ai une page Google My Business. Je distribue plaquettes et cartes de visite. Et je fais partie d’un réseau professionnel, Objectif Réseau, pour me faire connaître des entreprises landaises.

 

Le + : être accompagnée par Tec Ge Coop

M. M. : Lors de la création de mon entreprise, j’ai été accompagnée par l’association Tec Ge Coop. J’ai suivi un stage d’une semaine qui m’a permis de découvrir les différents statuts et de choisir en conscience celui qui était le mieux adapté à mon cas. Mon conseiller est disponible pour répondre à mes questions. J’ai aussi beaucoup apprécié qu’il m’appelle durant le confinement pour me demander si j’avais besoin de soutien.