Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Restauration : le prêt-à-manger de Jeanticot

En commercial externe avec sa nouvelle société Jeanticot, Fabien Dussarrat propose aux bars et restaurants de la région une série de tapas de qualité artisanale. Le Landais fait aussi du conseil en stratégie commerciale pour les petits fabricants de bons produits locaux.

© J. D.

Son bureau, c’est actuellement sa voiture avec laquelle il démarche les clients potentiels de la région, des Landes au Pays basque et jusqu’à Bordeaux et Toulouse, pour ne pas se cantonner à une demande trop saisonnière. Après un mois de retour d’expérience, le jeune entrepreneur est plutôt satisfait, avec de premiers contrats signés.

CONQUÊTE PAR LA CROQUETTE

Sa cible ? Les hôtels et campings 4 et 5 étoiles, les restaurateurs plutôt premium (« pas de restauration rapide ! »), les bars à vins, les casinos et bientôt les cabanes de plage qui font « de plus en plus de bonne et vraie cuisine », bref « le terrain de jeu est immense », estime Fabien Dussarrat qui part à leur conquête avec des croquettes. Mais pas n’importe lesquelles, celles de la marque basco-girondine Kaneta, élaborées au Pays basque, au jambon ibérique, à la morue, aux bolets, aux calamars à l’encre ou au fromage de chèvre. Une « solution clefs en main » de produits surgelés, cuits en cinq minutes à la friteuse : « Avec la problématique très actuelle de saisonnalité et du manque de personnels en hôtellerie-restauration, l’idée est de faciliter le travail en cuisine avec des produits finis ou quasi-finis que les chefs vont être fiers de mettre à leur carte puisqu’ils sont artisanaux », détaille le Montois d’origine qui vit aujourd’hui à Saint-Vincent-de-Tyrosse.

Kaneta qui fait aussi dans le tempura de légumes de Navarre, s’est lancé en 2019 à Hendaye et « ça leur est très difficile d’aller taper à la porte des restaurants car ce n’est pas leur métier », commente Fabien Dussarrat qui les a rencontrés via le réseau LinkedIn. « Pour eux, c’est risque zéro, je suis rémunéré sur le chiffre d’affaires que je génère alors que s’ils embauchaient un commercial, entre la voiture, les charges, etc. ça leur coûterait trop cher. » Voilà pour le modèle économique de Jeanticot qui cherche de nouveaux produits à pas plus d’1 h 30 de chez lui, Béarn inclus. « Des gens sont très bons pour créer des produits gastronomiques d’exception, mais la vente c’est autre chose, moi je permets de faire le lien entre producteurs et professionnels de la restauration », dit-il voyant dans le printemps à venir un « virage important car les chefs vont faire évoluer leur carte vers plus de produits d’apéritifs et de partage ».

© Jeanticot

© Jeanticot

OUVRIR DES MARCHÉS

Déjà 10 ans que l’ex-commercial en agence de publicité travaille dans le milieu de l’hôtellerie-restauration à Bordeaux en couvrant toute l’ancienne Aquitaine, notamment pour Augusto Pizza qui a grandi au national ces dernières années avec ses pizzas congelées en snacking d’hôtel-restaurant sans pizzaïolo. « J’y ai beaucoup appris et je me suis fait un bon réseau. Je connais les marges des restaurateurs, je sais leur parler avec les chiffres, leur fonctionnement. Et le bouche-à-oreille fonctionne beaucoup », fait valoir celui qui vole désormais de ses propres ailes avec Jeanticot, un nom qui lui est venu de la ferme de ses grands-parents à Labrit où les tablées se faisaient avec les fruits, légumes, cochon, poulets et canards du jardin. « Ce manger local et le goût sont d’autant plus importants que je suis papa maintenant et que je veux faire perdurer ça à mon petit niveau. Je n’ai par exemple jamais compris pourquoi les hôtels landais proposent encore de la brioche dans leurs petits-déjeuners et pas du pastis ! » Il est d’ailleurs à la recherche de faiseurs de la spécialité landaise pour alimenter ses réseaux.

Conscient des difficultés pour les artisans de se vendre au-delà de leur boutique, Fabien Dussarrat leur propose aussi du conseil en stratégie commerciale et de l’accompagnement pour s’ouvrir de nouveaux marchés. Une activité qu’il espère développer bientôt.

© Jeanticot

© Jeanticot

VERS UN COLLECTIF D’INDÉPENDANTS

Quel business plan ?

Fabien Dussarrat l’a élaboré avec BGE Landes Tec Ge Coop à Saint-Vincent-de-Tyrosse : « Ils ont de super outils pour les prévisionnels et ils savent nous faire réfléchir sur plusieurs années. Avec les ateliers individuels ou collectifs, on se rend compte qu’on passe au final moins de 50 % du temps à faire du commerce, il fallait que j’intègre ça, mais je suis maintenant comme un poisson dans l’eau. » 

« Si tout se passe bien », Jeanticot pourrait « évoluer vers un statut juridique de société, à moins de rester en solo en montant un collectif d’indépendants », avec showroom et bureau partagé.

Quel financement ?

En fonds propres, avec l’argent économisé pendant sa vie de salarié. « J’ai très peu de charges si ce n’est l’essence et les déplacements. »

Quels objectifs pour cette première année ?

Accrocher une vingtaine de clients en hôtellerie-restauration, mais Fabien Dussarrat en espère secrètement plutôt une cinquantaine. En parallèle, il cherche de nouveaux fournisseurs en entrées ou sorties de repas, « pas sur la partie intermédiaire des plats car là-dessus, les restaurateurs n’ont pas besoin de moi ».