Couverture du journal du 22/05/2024 Le nouveau magazine

Vasco invente un nouveau modèle de financement pour la rénovation énergétique des logements

C’est une nouvelle option pour financer les travaux de rénovation énergétique. L’entreprise bordelaise Vasco propose aux particuliers de financer leurs travaux contre une part de leur bien immobilier pour une durée de 10 ans.

Les trois co-fondateurs de Vasco, Hervé Degreve, Sébastien Prot et Mathieu Guerchoux (de gauche à droite) © duchili

Les trois co-fondateurs de Vasco, Hervé Degreve, Sébastien Prot et Mathieu Guerchoux (de gauche à droite) © duchili

« Les objectifs en matière de rénovation énergétique sont ambitieux et le financement bancaire compliqué à obtenir », explique Hervé Degreve. C’est pour résoudre cette équation qu’il a cofondé Vasco avec Mathieu Guerchoux et Sébastien Prot en 2023.

« Nous ne sommes pas concurrents des banques. Mais quand un client ne peut pas payer ses travaux ou ne peut pas emprunter, Vasco constitue une solution alternative ou complémentaire. C’est la 3e option », explique Hervé Degreve qui rappelle que de nombreux projets de rénovation énergétique n’aboutissent pas par manque de financement.

Pas de mensualité

Concrètement, Vasco ne prête pas d’argent à ses clients mais paye 100 % de leurs travaux en échange d’une part de leur maison. Ainsi, « pour 30 000 euros de travaux à réaliser dans une maison qui en vaut 300 000, nous finançons les travaux en échange non pas de 10 mais 13 % du bien. Il n’y a pas de mensualité, pas d’intérêt, en revanche nous détenons 30 % de plus que ce que nous investissons », explique Hervé Degreve qui promet de gagner trois étiquettes énergétiques par rénovation.

« Il n’y a pas de mensualité, pas d’intérêt, en revanche nous détenons 30 % de plus que ce que nous investissons »

Une fois le projet validé par les deux parties, la part est acquise chez le notaire où une convention d’indivision pour 10 ans est signée. « Nous sommes un copropriétaire dormant », précise Hervé Degreve. Il existe plusieurs scénarios de sortie. Le bien est vendu et, dans le cas de l’exemple cité, le particulier touche 87 % et Vasco 13 %. Le client peut aussi racheter les parts de Vasco. Enfin, à l’issue des 10 ans d’engagement, Vasco peut signer de nouveau pour 10 ans en échange de 30 % supplémentaires.

Financer 100 projets

En matière de rémunération, le modèle est ficelé. « Nous avons créé deux structures. D’un côté, une foncière immobilière qui détient les parts de maisons et dans laquelle sont rentrés des investisseurs particuliers et des business angels qui se rémunèrent à la vente du bien. De l’autre, une société de gestion qui gère les opérations et dont le modèle économique est basé sur des frais de dossiers facturés au client à hauteur de 3 000 euros et des frais facturés aux investisseurs de la foncière. »

À ce stade, Vasco a signé cinq projets de rénovation. Objectif : atteindre la centaine cette année. « Cela nécessite de lever 5 millions d’euros dans la foncière », explique Hervé Degreve.

Vasco voudrait lever 5 millions d’euros

Le principe proposé par Vasco n’est pas nouveau. « Cela fait 20 ans que le capital immobilier est une alternative au crédit aux États-Unis. Cette solution arrive en Europe. En revanche, ce qui est nouveau c’est de l’appliquer à la rénovation énergétique. »

Vasco envisage par la suite d’élargir ses produits sur d’autres solutions de financement plus classiques. Et de citer en particulier l’éco-prêt à taux zéro pour la rénovation. « La rénovation énergétique des particuliers est aujourd’hui mal financée. »