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[ Mont-de-Marsan ] Base aérienne 118 : une force économique

La base aérienne 118, dite « Colonel Rozanoff » de Mont-de-Marsan, créée en 1945, poursuit sa croissance stratégique et économique. Le site compte près de 3 800 personnes employées au sein de plus d’une soixantaine d’unités.

La base aérienne 118, «Colonel Rozanoff»

La base aérienne 118 © Shutterstock

Le site renvoie l’impression d’une ville dans la ville où se croisent chaque jour les militaires, les civils, les réservistes et les stagiaires. Plus gros établissement employeur des Landes avec 3 800 salariés environ, alors que l’effectif moyen des bases aériennes en France est de 1 500 personnes, la Base aérienne 118 est en plein essor. Elle occupe aujourd’hui une place stratégique de premier plan au sein du réseau national des bases de l’armée de l’air qui compte une dizaine de plateformes, où sont stationnées les unités opérationnelles. « La robustesse de notre dispositif national tient au réseau et à la capacité de s’appuyer sur l’une ou l’autre des bases aériennes. Si l’on considère uniquement les bases aériennes de chasse de l’armée de l’air et de l’espace, Mont-de-Marsan est essentielle, ne serait-ce que parce que 30 % de la flotte de l’armée de l’air y est stationnée, observe le colonel Damien Rouillé, chef de la BA 118. D’un point de vue économique, on doit faire partie également du trio de tête en termes de retombées économiques locales ».

La base aérienne 118 «Colonel Rozanoff»

© Armée de l’air et de l’espace/défense

LA FORMATION, VECTEUR DE RETOMBÉES ÉCONOMIQUES

La base aérienne 118 «Colonel Rozanoff»

© Armée de l’air et de l’espace/défense

Dernièrement, la transformation du centre d’expériences aériennes militaire en centre d’expertise aérienne militaire, la création de la 30e escadre aérienne, l’arrivée d’un troisième escadron de chasse en 2016 et de 20 Rafales supplémentaires, la formation et l’accueil de pilotes et de mécaniciens étrangers suite à la signature de contrats à l’export par Dassault (Égypte, Qatar…), ont consolidé la place de la BA 118 sur l’échiquier national. Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, a inauguré sur site, le 27 octobre dernier, un programme de 40 millions d’euros d’investissements et annoncé un projet de création de crèche et de gymnase en 2022. Le colonel Damien Rouillé souligne l’intérêt de ces investissements : « La livraison de plusieurs bâtiments importants pour le fonctionnement opérationnel de l’escadron Rafale, dont la partie pilotes et spécialistes de la préparation des missions, est une avancée majeure pour nous. Les hangars et les six alvéoles de maintenance offrent une capacité de maintenance supérieure pour 11 Rafales. Grâce à la livraison de ces bâtiments, on arrive à la fin de la séquence d’installation de ce deuxième escadron. Globalement, depuis 2016, ceci a engendré une augmentation de notre effectif d’environ 300 personnes ». Les investissements concernent également un bâtiment qui abritera l’actuel centre de simulation Rafale, qui sert à la préparation opérationnelle des pilotes, fondée sur l’entraînement en vol et au simulateur et vient renforcer les capacités de formation du site. Or, la formation engendre une activité conséquente sur le territoire. Les stagiaires en formation dans les centres-écoles de la BA 118 sont tous adultes, militaires ou civils en activité. Il s’agit d’une population qui consomme localement et participe ainsi à l’économie locale.

La base aérienne 118 «Colonel Rozanoff»

© Armée de l’air et de l’espace/défense

COVID : TÉLÉTRAVAIL ET SÉCURITÉ RENFORCÉE

Le fonctionnement de la BA 118 a bien sûr dû s’adapter pendant les périodes de confinement. « Pour le fonctionnement courant, on a appliqué le principe du télétravail pour le personnel civil et de la téléactivité pour le personnel militaire. Ceci est possible pour toutes les fonctions administratives et qui se prêtent bien à un travail délocalisé. En revanche, ce n’est pas le cas pour certaines activités réalisées sur la base aérienne en particulier celles de maintenance qui sont réalisées dans les hangars prévus à cet effet. D’un point de vue sécuritaire, il y a également eu un changement de posture Vigipirate lié au contexte sanitaire, qui se décline localement à partir du ministère des Armées sur toutes les garnisons, dont la base aérienne qui renforce sa posture de vigilance et de protection. On adapte notre niveau de protection à la menace avec les gendarmes de l’air qui assurent une partie de la surveillance extérieure de la BA ainsi que le filtrage des accès. Des militaires fusillés commandos de l’air, sont chargés de la protection périphérique et interne par des patrouilles et de la vidéosurveillance, tout un dispositif anti-intrusion », explique le colonel Damien Rouillé.

LE CHEF D’UNE BASE AÉRIENNE EST-IL UN CHEF D’ENTREPRISE

La base aérienne 118 «Colonel Rozanoff»

Colonel Damien Rouillé © Armée de l’air et de l’espace/défense

Le colonel Damien Rouillé a, comme la plupart des chefs de base en France, un passé de pilote, il livre son sentiment sur l’aspect managérial de sa fonction : « Ma culture de chef d’entreprise est un peu limitée. Dans la conduite des affaires courantes et notamment la vocation de la base aérienne, il faut s’adapter aux missions opérationnelles qui nous sont confiées et à la gestion des crises. Pour la conduite et la gestion des crises, on a beaucoup d’autonomie. De ce point de vue, j’imagine que ça se rapproche de ce que vit un chef d’entreprise soumis aux aléas de la conjoncture. En ce qui concerne la programmation à long terme, je bénéficie de moins de liberté de manœuvre qu’un chef d’entreprise puisque j’exprime des besoins, mais ces besoins sont administrés et priorisés par l’état-major de l’armée de l’air. Je ne suis pas seul maître à bord et je n’ai pas tous les leviers, notamment quand il s’agit d’investir et de préparer l’avenir ».


BA 118 EN CHIFFRES

  • Près de 3 800 salariés travaillent à la BA 118.
  • Environ 7 500 emplois sont générés localement sur la zone d’influence de la base composée de 81 communes, même si Mont-de-Marsan concentre 78 % de l’emploi total et Saint-Pierre-du-Mont 6 %.

FORMATION

  • 94 stagiaires en équivalent temps plein tout au long de l’année.
  • Le centre d’instruction des contrôleurs de défense aérienne accueille 433 stagiaires pour un total de 18 706 jours de formation (72 ETP).
  • Le centre de formation Rafale dénombre 434 stagiaires pendant 4 520 jours (17 ETP).
  • 135 stagiaires sont accueillis sur différentes unités.

BUDGET DE FONCTIONNEMENT DE LA BA 118

Consommation courante hors travaux d’investissements infrastructurels : de 6 à 8 millions d’euros par an Maintien en condition des infrastructures et contrats de maintenance (lourds) : de 8 à 9 millions d’euros par an.

Sources : enquête Insee – 2014