Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

Jack’s Burgers : fast food en expansion

Du petit snack capbretonnais lors de sa création en 2012, Jack's Burgers est passé à une ambition de déploiement régional. L’entreprise ouvrira cinq nouveaux restaurants, un pôle de formation et une cuisine centrale, en 2024.

Jack's Burgers

© Jack's Burgers

Pousser les portes d’un restaurant Jack’s Burgers peut réserver bien des surprises. Comme celle de se construire une carrière dans la restauration rapide. « Aucun de nos salariés n’a la vocation de servir des frites et des hamburgers pour le reste de ses jours, sourit Raphaël Jannel, le dirigeant de l’entreprise. Pourtant, nous offrons des perspectives dans un métier qui semble n’en réserver aucune. »

Sur la centaine d’emplois que compte l’enseigne, 25 sont des postes à responsabilité. « Toutes celles et ceux qui les occupent sont passés en caisse avant d’en arriver là. Moi y compris ! »

Raphaël Jannel n’a pas créé Jack’s Burgers. Mais quand il a découvert le concept développé par Caroline et Julien Escande à Capbreton en 2012, puis dans la zone Pédebert de Soorts-Hossegor en 2014, il a eu envie de rejoindre l’aventure. « Je leur ai proposé d’ouvrir une troisième enseigne. Avant d’accepter, ils ont voulu que je voie comment ça marchait de l’intérieur. J’ai passé l’année 2015 à me former à tous les postes. Et en 2016, j’ai ouvert le restaurant de Soustons. » Convaincu du potentiel de la marque, il a ensuite racheté l’ensemble des établissements aux créateurs entre 2018 et 2020. Une fois seul maître à bord, il a commencé à la développer.

Jack's Burgers

Raphaël Jannel © Cécile Agusti

Cinq nouveaux restaurants en 2024

Après Hossegor centre en 2022, trois nouveaux restaurants ont ouvert en 2023 à Saint-Jean-de-Luz, Anglet et Pau. « Tous les gérants sont issus de la promotion interne. C’est aux membres de la famille Jack’s que j’ai envie de confier les clés de mes restaurants. Le groupe peut grandir grâce à des gens de confiance. »

Il continuera d’ailleurs à le faire en 2024. Cinq nouvelles ouvertures sont prévues au cours de l’année : quatre restaurants Jack’s Burgers à Saint-Geours-de-Maremne, Dax, Bayonne centre et Hossegor plage, ainsi qu’un nouveau concept de bar à salades encore à affiner.

Installé dans le parc d’activité Atlantisud, à proximité du centre aquatique Aygueblue, l’établissement de Saint-Geours-de-Maremne aura la particularité d’être un restaurant école. Les 500 m², dont la livraison est prévue le 30 juin, n’auront pas vocation à voir passer l’ensemble des salariés du groupe. Seulement ceux désirant grimper dans les échelons. « L’école Jack’s » formera en interne ses futurs gérants, managers et assistants sur les questions d’hygiène, de gestion et de management pour les imprégner de la culture maison. Le bâtiment accueillera également 250 m² de bureaux destinés à abriter le pôle administratif du groupe. « Aujourd’hui, le siège est installé à Capbreton où nous nous sentons un peu à l’étroit. Nous sommes une quinzaine dans 60 m² !»

Laboratoire de production

Un deuxième bâtiment est également en construction à l’arrière de la zone Atlantisud. À partir du mois d’avril, il hébergera une cuisine centrale de 450 m² et un espace de stockage de 500 m². «Il nous permettra de réaliser des achats en gros afin de mieux maîtriser nos coûts et d’externaliser la préparation de tout ce qui peut l’être. Concrètement, les steaks continueront à être cuits dans chaque restaurant, mais la découpe de légumes et la production de sauces et de desserts seront réalisées à Saint-Geours. »

Depuis trois ans, Jack’s Burgers propose en effet exclusivement des desserts maison. Mais leur succès a dépassé les attentes du dirigeant. « Auparavant, on en vendait assez peu. Mais quand on a commencé à les faire nous-mêmes, on a multiplié les ventes par 10 ! Au sein de chaque restaurant, c’est ingérable. En haute saison, on est régulièrement en rupture de stocks, même si on s’est mis à en préparer la nuit ! »- Grâce à une équipe dédiée – sept à 10 salariés dès l’ouverture et une vingtaine d’équivalents temps plein à terme – les approvisionnements seront facilités.

La cuisine centrale accompagnera également l’ambition de déploiement du groupe. À partir de 2025, ce sont sept à 10 ouvertures par an qui sont envisagées dans le grand Sud-Ouest, entre Bordeaux et Toulouse. « L’objectif, c’est d’atteindre 30 à 50 restaurants. Nous pourrons également livrer des établissements saisonniers pour lesquels nous sommes sollicités. » Pour le faire, Raphaël Jannel espère mettre en place une flotte de véhicules de livraison électriques.

Jack's Burgers

© Jack’s Burgers

Vers des circuits de plus en plus courts

Le laboratoire de production jouera aussi un rôle dans la recherche et le développement de nouveaux produits. « Tout centraliser au même endroit va nous permettre de nous affranchir des filières industrielles classiques pour aller vers des circuits de plus en plus courts. Je préfère travailler en direct avec les gens. Alors, demain, on pourra imaginer fabriquer des nuggets à base de poulet landais ou du ketchup à partir de tomates du Sud-Ouest. »

« La restauration rapide est souvent décriée, mais chez Jack’s nous sommes un fast food et fiers de l’être. En plus d’être extrêmement rapides – nos clients sont servis en moins de 10 minutes – nous revendiquons la qualité des produits que nous servons. Tous ont une origine respectable et aucun ne contient d’huile de palme. Et si demain, il nous prend l’envie de proposer des frites fraîches ou de fabriquer nos propres pains à burgers, nous avons la possibilité de doubler la taille de notre cuisine centrale ! »

Investissement de 5 millions d’euros à Saint-Geours-de-Maremne

À Saint-Geours-de-Maremne, ce sont 5 millions d’euros que Jack’s Burgers investit pour développer son restaurant école et son laboratoire de production. Pour soutenir la construction de ce dernier, le conseil départemental a alloué une subvention de 117 000 euros à l’entreprise. « Les élus ont compris que nous sommes un véritable acteur de développement du territoire », estime Raphaël Jannel.

À la tête de sept restaurants, le groupe sert environ 400 000 repas par an grâce à une centaine de salariés et réalise un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros. Les prévisions pour 2024 s’établissent à 600 000 repas, 11 restaurants, 150 salariés et 11 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et à cinq ans, ce sont 30 millions d’euros que le dirigeant souhaite atteindre.

Mais tout n’est pas qu’une question de gros sous. Dans sa croissance, Jack’s Burgers n’oublie pas ses salariés. « On passe notre vie dans nos restaurants. On est sur le terrain avec eux. Alors, on est à l’écoute de leurs problématiques. »

Pour venir en aide à ceux qui n’arrivent pas à louer un appartement, le groupe les installe dans une dizaine de logements, du T1 au T4, qu’il loue, en son nom, depuis 2021. Pour répondre à la problématique du logement saisonnier, Raphaël Jannel a fait construire une maison de 380 m² dans son jardin à Angresse. Elle permet d’accueillir, depuis 2023, 15 personnes dans des chambres privatives, moyennant une contribution de 100 euros par mois. « L’opération n’est pas rentable, mais nous permet d’avoir du personnel pour faire tourner nos restaurants. » Enfin, pour aider à la mobilité de ses équipes, l’entreprise met à leur disposition une quarantaine de vélos électriques.

Jack’s Burgers a aussi à cœur d’offrir des perspectives à ses salariés souhaitant faire carrière dans la restauration rapide. Ils peuvent acheter des parts dans la société pour ouvrir leur établissement en partenariat avec Raphaël Jannel. « Ils sont autonomes dans la gestion de leur point de vente et nous leur apportons un soutien pour la partie administrative, logistique et financière. » C’est ce système qui a permis à Nina Carrère d’ouvrir le restaurant d’Hossegor centre en 2022, celui de Pau en 2023 et d’en envisager un troisième en 2024. « Grâce à ce partenariat gagnant-gagnant, cette ancienne salariée de 26 ans va se retrouver à la tête de trois restaurants et réaliser 3 millions d’euros de chiffre d’affaires. »

La méthode Jack’s porte ses fruits. Le turnover de l’entreprise s’affiche à 18 mois, alors qu’il est de quatre mois en moyenne dans la restauration rapide.