Couverture du journal du 01/10/2022 Consulter le journal

Un été à parcs aquatiques

Avec des conditions météo extrêmement favorables à ces loisirs de plein air depuis le début de la saison, la plupart des parcs aquatiques font le plein. Une activité où les investissements sont indispensables tout au long de l’année pour continuer à attirer du monde.

Parcs aquatiques

© D. R.

Quand Bob Charlet et Patricia Chevalier ont racheté le site en 2008, il y avait là, sur le lac du Port Maguide à Biscarrosse, deux trampolines et un autre jeu sur l’eau. En arrivant, « on a fait un troisième trampo et une quatrième structure, et d’année en année, l’Aqua Park s’est bien étoffé », rembobinent les gérants, à la tête de cet ensemble ouvert uniquement l’été qui emploie désormais une vingtaine de salariés.

2 H30 POUR TOUT GONFLER LE MATIN

Régulièrement, ils relancent des investissements sur les structures abîmées et afin d’apporter les nouveautés plébiscitées par les clients : entre 100 000 et 300 000 euros tous les trois ans environ pour cette entreprise dont le chiffre d’affaires -non communiqué- est « en constante augmentation depuis des années ». Résultat, aujourd’hui, 412 modules flottent sur l’eau avec en attractions-phare, les gros toboggans water jump avec tremplin au bout et la catapulte géante avec sa grande poche qui propulse la personne dans les airs. Ici, on ne propose que du gonflable, « c’est beaucoup plus rentable que les parcs en dur qui sont plus difficiles côté réglementation. Et le parc flottant, ça se monte et ça se démonte facilement sans toucher à l’écosystème », fait valoir Bob Charlet. Chaque matin, l’équipe met tout de même 2 heures à 2 heures 30 à tout gonfler !

Cette année, 300 000 euros ont été remis sur la table pour ajouter une vingtaine de nouveautés. « On a créé de nouvelles lignes sans agrandir la surface (8 000 m2), mais en proposant plus de parcours », explique-t-il. Et le début d’été a été très bon en termes de fréquentation : « Avec la météo excellente, la saison était très, très bien partie avant la canicule. » Las, les incendies de juillet en Gironde voisine ont freiné nombre de touristes à pousser les portes du parc, tandis que des annulations de réservations dans l’hôtellerie- restauration se multipliaient. « Avec les feux, on est descendu à 480 clients par jour alors qu’à la même date, l’an passé, on tournait à 2 500 entrées ». La nocturne du 14 juillet a dû être annulée. « De la fumée arrivait, parfois ça piquait les yeux ». Mais rapidement « la fréquentation a commencé à remonter, on a senti que c’était reparti », observait le dirigeant, juste avant que les feux ne dévastent de nouveau la forêt des Landes de Gascogne.

10 % À 15% DE FRÉQUENTATION EN PLUS À LABENNE

Plus au sud, le ciel radieux de cet été 2022 a permis à l’Aquatic Landes de Labenne de battre des records. « Pendant deux ans avec la Covid, on a perdu pratiquement toute la clientèle espagnole qui représente environ 25 % à 30 % des entrées. Alors on se base sur 2019, notre année de référence. Pour l’instant, on est à peu près entre 10 % et 15 % de plus en fréquentation. Dans un parc aquatique, l’indicateur de performance est toujours lié à la météo, on fluctue de 400 personnes par jour à plus de 1 500 », souligne Pascal Coste, le directeur de cet ensemble salariant 40 personnes au pic de la saison estivale.

À Biscarrosse, 412 modules flottent sur l’eau avec en attractions-phare, les gros toboggans water jump avec tremplin et la catapulte géante

Seule ombre au tableau, l’incident du 14 juillet lors duquel une centaine de personnes ayant fréquenté le parc ont eu des soucis gastro- intestinaux. « Cela arrive malheureusement que quelqu’un apporte une bactérie, c’est sans doute ce qu’il s’est passé. Ni l’Agence régionale de santé (ARS) ni Santé publique France n’ont trouvé quoi que ce soit. S’il y avait eu une négligence, il y aurait plus que 100 personnes atteintes sur les 1 200 accueillies ce jour-là au parc ! », estime le gérant qui a renforcé les protocoles (nouveau choc chloré, vidanges, désinfection, obligation d’un passage aux douches pour les visiteurs, etc.) après « cet incident isolé » qui n’a pas eu de conséquences sur la fréquentation. « Le fun est revenu aussitôt ! » autour des immanquables d’Aquatic Landes et ses 26 pistes de glisse : rivière rapide, chute libre de 12 mètres, rampe à skate géante en bouée…

Depuis qu’il a racheté ce site au milieu des pins en 2017 avec Wikipark, le groupe de son frère, Pascal Coste a opéré de gros changements. En 2018, ce fut la remise à niveau de tous les services, restauration, accueil, boutique, espaces verts et plages. 2019 a vu la création d’une nouvelle attraction : une pataugeoire de 700 m2 en forme de château d’eau avec toboggans dédiée aux enfants de 90 à 140 centimètres. Ce Kids Landes Aventure avec sa plage de sable blanc a été un succès immédiat, amenant plus de familles qui jusqu’alors n’y trouvaient pas leur compte. En 2020 et 2021, des aménagements aussi sur les aires de pique-nique.

Après avoir perdu à Labenne pratiquement toute la clientèle espagnole pendant les deux années Covid, cet été tout rentre dans l’ordre

ROOFTOP AU-DESSUS DE LA PISCINE À VAGUES

Nouveauté 2022 : le rooftop sur le toit de la piscine à vagues pour des nocturnes avec concerts et planches de charcuterie-fromage pour dynamiser l’ambiance jusqu’à 21 h 30 deux soirs par semaine. Un espace qui peut être privatisé. De nouvelles animations aussi, maquillage waterproof et ambiance dan- sante dans la piscine. Mais pas de nouvelles attractions. « Après deux ans de Covid, c’est un peu compliqué, on va repousser leur arrivée d’un an ou deux », annonce Pascal Coste, alors que l’investissement annuel pour des nouveautés aqua- tiques peut aller de 300 000 euros à un demi-million d’euros. De plus, cette année, le parc qui n’a pas augmenté le prix d’entrée, est aussi impacté par l’augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz qui permettent notamment de chauffer deux bassins.

Pas besoin d’énergie payante pour une bonne température de l’eau à la base de Pop de Guiche, dans les Pyrénées-Atlantiques, juste à la frontière landaise du Pays d’Orthe. Dans un environnement très vert, ce parc aquatique est situé dans une ancienne carrière faite par l’homme où la nature et les réserves d’eau de source ont repris leurs droits au début des années 1990.

« C’est ma neuvième saison ! », s’enthousiasme le fondateur, Lucien Soulier, à la base ingénieur dans le bâtiment. « Je cherchais un lac depuis un moment au Pays basque, ce site était déjà fréquenté pour la baignade et il fallait mieux l’aménager car il commençait à y avoir des problèmes de parking et d’assainissement. Je suis arrivé au bon moment. Le maire m’a laissé faire mon commerce en échange d’une surveillance de la zone de baignade gratuite, je me suis occupé de tous les travaux. »

UN MILLION D’EUROS POUR LA BASE MINI-POP

Au départ, « on a fait le minimum avec 300 000 euros, c’était un pari osé mais ça a marché tout de suite. Tous les ans, on a réinvesti tout ce qu’on a gagné. Aujourd’hui, c’est une moyenne de 200 000 euros investis chaque année », dit le gérant d’origine aveyronnaise arrivé à 20 ans dans la région pour les vagues. Dernier gros investissement en date, un million d’euros pour la création de la base de mini-pop ouverte en grand cet été : des jeux aquatiques pour les tout-petits alors que jusqu’à présent, il fallait savoir nager pour profiter des installations du lac de Guiche. « Le voisin nous a vendu le terrain d’à côté, on a pu faire 5 000 m2 de base mini pop. On a vu les choses en grand, ça fonctionne très bien. On touche un autre public, les jeunes parents avec petits enfants dans un espace sécurisé. »

Au départ, on a fait le minimum d’investissement avec 300 000 euros, c’était un pari osé mais ça a marché tout de suite

En ajoutant les gros succès déjà présents du water jump, de la tyrolienne, des méga-toboggans, du parcours de jeux gonflables sur 60 x 25 mètres ou des locations de paddle géant, le parc aux 38 salariés a vu bondir ses chiffres de fréquentation. « On part sur une très belle saison. On a eu un mois de juillet record avec la canicule, car plus il fait chaud, plus il y a de monde. Et après la période Covid et pass sanitaire, les Basques espagnols qui représentent certains jours la moitié des entrées, sont bien de retour », se félicite Lucien Soulier. Les plus grosses journées, 1 000 entrées payantes sont en moyenne facturées, avec des clients là pour profiter de l’eau claire à 28 degrés.