Couverture du journal du 01/02/2026 Le nouveau magazine

Exosquelettes : soulager les corps au travail   

Des entrepôts But aux cuisines de l'hôpital de Dax, des ateliers d'Aqualande à Roquefort aux ruches d’un apiculteur entre Landes, Béarn et Pays basque, une discrète révolution s'opère. Des salariés enfilent chaque matin leur exosquelette, comme un harnais technologique antidouleur.

Exosquelettes

Chez But à Dax, Perceval, 35 ans, sent moins de fatigue sur le bas du dos : "L'exosquelette amortit le poids des colis et ça évite que ma hernie s’aggrave." © Louis Piquemil

Loin de l’image futuriste du robot tout-puissant, ces dispositifs d’assistance physique, souvent moins volumineux qu’on l’imagine, s’installent progressivement dans le quotidien de certaines entreprises, avec un objectif essentiel : préserver la santé des travailleurs face aux contraintes répétitives, en repoussant l’usure professionnelle. De nombreux modèles coexistent, comme sur la boutique en ligne de la quincaillerie montoise Portalet, présente dans le grand Sud-Ouest, témoin d’une certaine démocratisation de la pratique : un spécial travaux en hauteur avec armature en aluminium et tissu en nylon résistant pour réduire la charge sur les bras, épaules, cou et dos, un « liftsuit » pour soutenir les muscles du dos et des hanches lors du levage d’objets ou du travail en position penchée vers l’avant, un autre pour éviter les blessures causées par les mouvements répétitifs ou les postures inconfortables, pour la construction, la logistique, l’entreposage, etc.

Une réponse à la pénibilité

Au centre hospitalier de Dax, Paulo Pereira, dédié au conditionnement des plats cuisinés à l’unité centrale de restauration (UCR) qui fournit l’hôpital, les écoles et Ehpad de la ville, manipule chaque jour entre 100 et 200 plaques en inox pesant de 5 à 10 kg. « Au bout de sept heures de travail, même en connaissant les bonnes postures, on peut se faire mal. Je suis sportif, mais l’exosquelette me soulage au niveau lombaire, je suis moins fatigué et je sens la différence. C’est devenu comme mes chaussures de sécurité et quand je ne l’ai pas, il me manque », assure ce référent prévention au sein de l’UCR. Depuis 2019, il utilise quotidiennement un modèle actif, équipé de quatre moteurs embarqués qui réduisent de 40 % la pression sur les disques intervertébraux.

L’histoire a commencé cette année-là, quand l’équipe du magasin et de la réception l’a sollicité. « Il y avait une grosse production et de la pénibilité sur leurs postes, avec de l’absentéisme », se souvient-il. Après des recherches, c’est la société HBR Innovation qui les a accompagnés dans les premiers essais, avec un questionnaire avant et après utilisation, en intégrant le service de santé au travail et l’école de kinésithérapeutes de Dax.

Quatre équipements, ressemblant à des ceintures lombaires motorisées, sont acquis pour un investissement de 30 000 euros. Hervé Garrigue, directeur de la restauration à l’hôpital, justifie notamment cet engagement par la pyramide des âges en cuisine et la réforme des retraites qui va allonger la durée d…