Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

Lur Berri solide mais agile

Continuer à accompagner les producteurs, s’adapter à l’évolution des marchés et accélérer sa transformation digitale : la ligne stratégique de Lur Berri est claire. Les résultats du dernier exercice témoignent de la stabilité de ce groupe coopératif agroalimentaire piloté par Éric Narbaïs-Jauréguy, président, et Frédéric Hial, directeur général.

Frédéric Hial et Eric Narbas-Jaurguy, directeur général et président de Lur Berri

Frédéric Hial et Eric Narbas-Jaurguy, directeur général et président de Lur Berri © V.B.

Présenté lors de l’assemblée générale du 15 décembre dernier organisée à Aïcirits au Pays basque, le compte rendu de l’exercice 2022-2023 de ce groupe agroalimentaire basque est aussi rassurant que le paysage bucolique entourant son siège social. Avec un chiffre de d’affaires de 1,397 milliard d’euros pour l’exercice clos au 30 juin 2023 contre 1,361 milliard pour l’exercice précédent, le groupe Lur Berri a réussi à progresser en dépit des difficultés évoquées par Éric Narbaïs-Jauréguy et Frédéric Hial lors de la conférence de presse précédant l’assemblée générale.
Selon eux, les épisodes caniculaires et la sécheresse ont pénalisé les rendements de l’ensemble des productions végétales. Bien que relativement maîtrisée, la 5épizootie d’influenza aviaire de l’hiver et du printemps aurait quand même impacté la production. Et enfin l’inflation, toujours elle, continuerait de peser sur la plupart des activités du groupe organisé en quatre pôles : végétal, animal, distribution, agroalimentaire.

Labeyrie toujours en réorganisation

Avec 1,01 milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé avec des produits de la mer (75 %), du végétal (14 %) et du terroir (11 %), la filière agroalimentaire Labeyrie Fine Foods est capitale pour le groupe Lur Berri. Depuis une année, Labeyrie Fine Foods se réorganise en quatre pôles : « Premium » avec le foie gras et le saumon des marques Labeyrie et Alain François ; « Trendy » pour les produits apéritifs et végétaux des marques Blini, L’Atelier Blini, Père Olive ; « Océan » avec les produits de la mer ; « UK » avec également des produits de la mer des marques Lyons Seafood, Farne et Real Seafood Co dédiées au marché britannique.
Si Labeyrie Fine Foods a été « fortement impactée par la hausse des coûts de revient », selon Éric Narbaïs-Jauréguy, cette filiale reste solide grâce à ses marques leaders et a su miser sur des produits labellisés plutôt que de se positionner sur le bio actuellement en crise.

Production animale en hausse

En parallèle du chiffre d’affaires du pôle agroalimentaire (quasi intégralement réalisé par Labeyrie Fine Foods), le chiffre d’affaires des trois autres pôles (végétal, animal, distribution) s’élève à 422 millions d’euros pour l’exercice 2022-2023. En réalisant 53 % de ce chiffre, la production animale est une activité essentielle (et en augmentation de 8 % comparé à l’exercice précèdent) de la coopérative. Ainsi la filière bovine a enregistré une augmentation de 6 % de ses volumes notamment pour répondre à la croissance de la demande mondiale. La filière ovine affiche quant à elle des volumes en hausse de 27 % grâce à l’arrivée de 140 éleveurs apporteurs. À noter que l’agrément du centre d’allotement de Saint-Jean-le-Vieux au Pays basque facilite l’export d’agneaux de lait des Pyrénées IGP et Label Rouge.

Avec des produits labellisés mais pas forcément positionnés sur le bio, Labeyrie Fine Foods s’appuie sur ses marques leaders

Investissement à Anglet

Également en croissance dans le pôle animal de la coopérative Lur Berri, la filière poulets affiche des volumes en progression de 18,6 % via la marque « Nature d’éleveurs » menée en partenariat avec LDC Aquitaine. « Une viande de plus en plus plébiscitée par les consommateurs », constate Éric Narbaïs-Jauréguy. La coopérative propose un accompagnement financier aux agriculteurs souhaitant transformer leur bâtiment de production de poulets labellisés en poulets de quotidien pour ainsi se positionner sur les tarifs de milieu gamme recherché par les consommateurs.
Enfin, Éric Narbaïs-Jauréguy et Frédéric Hial prévoient un investissement de plusieurs millions d’euros en 2024 dans Arcadie Viandes, l’abattoir d’Anglet commun à Lur Berri (30 %) et au groupe Bigard (70 %). Arcadie Viandes emploie 208 salariés et a réalisé 79 millions d’euros de chiffre d’affaires.

 

L’intelligence artificielle pour anticiper les rendements

Depuis deux ans une transition digitale est menée au sein de cette coopérative rassemblant 420 employés, 4 720 salariés de filiales et 5 100 agriculteurs adhérents. Un pôle création performance & innovation rassemblant une quinzaine de techniciens des métiers de l’informatique et du numérique a été créé. Dernièrement, l’application ExtraBerri disponible sur smartphone, ordinateur et tablette a été lancée pour apporter une vision complète des activités des utilisateurs et des services proposés par la coopérative. La transformation digitale était le thème principal de l’assemblée générale du 15 décembre dernier avec notamment la mise en place de modèles prédictifs utilisant l’intelligence artificielle pour mieux anticiper les rendements.