Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

La Sourbère : première saison landaise

SAINT-AVIT. Épicuriens assumés, Adeline et Fabrice Loussouarn ont repris une conserverie gersoise en 2018. Après plusieurs années de recherche de terrain, ils ont enfin pu la rapatrier dans l’agglomération montoise, en octobre.

© La Sourbère

© La Sourbère

Le canard, Adeline et Fabrice Loussouarn y ont consacré toute leur carrière. Pendant plusieurs années, c’est dans diverses structures de l’industrie agroalimentaire qu’ils ont évolué : elle dans la partie commerciale et export, lui côté production et gestion de la qualité. Jusqu’au jour où ils ont décidé de voler de leurs propres ailes. “On voulait développer nos produits et notre vision du bien manger”, explique Adeline Loussouarn.

Fervents défenseurs du fabriqué en France, des circuits courts et de l’artisanat, ils se mettent en quête d’un fonds de commerce à reprendre. En 2018, c’est sur La Sourbère, une conserverie gersoise créée en 1996, que les époux jettent leur dévolu. “Le budget a été décisif.” Et tant pis si l’atelier est installé à Magnan, entre Le Houga et Nogaro. Ils ambitionnent, à terme, de le rapatrier dans l’agglomération montoise, où ils habitent.

Les premières années, ils se consacrent cependant à développer leur gamme de foies gras, confits, pâtés, plats cuisinés et salaisons. Ils ont à cœur “de conserver les recettes traditionnelles qui [leur] ont été transmises, tout y en ajoutant [leur] grain de sel.” Leur objectif : proposer des produits de qualité, sains et savoureux, grâce à des approvisionnements locaux. Dans leurs recettes, ils font la part belle aux produits du Sud-Ouest : les canards du Gers, les haricots tarbais, le piment d’Espelette…

Adeline et Fabrice Loussouarn, La Sourbère

Adeline et Fabrice Loussouarn © La Sourbère

700 000 EUROS D’INVESTISSEMENT

Une fois la machine lancée, ils reprennent leur idée de départ : déménager l’entreprise à côté de Mont-de-Marsan. Mais cette fois, tout ne se passe pas comme prévu. “Il nous a fallu trois ans pour concrétiser ce projet… La recherche de terrain a été un peu longue. Mais le plus compliqué a été de convaincre les banques de nous financer en pleine grippe aviaire ! On a perdu un an et demi.”

Finalement, tout se décante début 2023. “Très bien accueillis” par Mont-de-Marsan Agglo, ils démarrent les travaux dans la zone de Mamoura à Saint-Avit. Et le 10 octobre dernier, après un investissement de 700 000 euros, ils inaugurent leur 300 m² de bâtiments, hébergeant un magasin et un laboratoire aux dernières normes d’hygiène.

“Dans le Gers, nous étions installés au milieu des champs. Ici, nous sommes dans une zone de chalandise, et ça fait toute la différence.” La première saison festive dans les Landes s’est donc très bien passée. “Et elle a été bien plus facile que les précédentes, impactées par le Covid et les grippes aviaires.”

UN PREMIER SALARIÉ EN 2024

Malgré ces crises sanitaires, La Sourbère a réussi à maintenir sa progression d’année en année. Elle réalise ainsi un chiffre d’affaires de 250 000 euros. “Le fait que le canard ne soit pas une reconversion pour nous, nous a beaucoup aidés. Nous avons un bon réseau d’éleveurs. Grâce à eux, nous avons pu maintenir nos approvisionnements et constituer le stock dont nous avions besoin, même pendant les différents épisodes d’influenza aviaire. Et pendant le Covid, nous avons pu écouler notre marchandise grâce à notre réseau de partenaires : un drive à Paris, un magasin éphémère à Mont-de-Marsan, des ventes à la ferme chez des agriculteurs à Lyon et à Marseille…” Sans compter le site internet marchand développé par le couple.

Aujourd’hui, après “cinq années assez intenses”, Adeline et Fabrice Loussouarn entendent “se poser un peu”. Enfin, pas tant que ça. Après l’effervescence des fêtes de fin d’année, ils se sont remis en cuisine pour créer de nouvelles recettes afin de ravir les papilles de leurs clients. Mais cette fois, ils ne le feront pas entièrement seuls. Ils envisagent d’embaucher leur premier salarié cette année.