Couverture du journal du 21/11/2020 Consulter le journal

« La réussite, un joli boost pour l’ego »

Aurélie Soubeste a créé, il y a deux ans à Soustons, Syndic Bénévole Services pour accompagner les petites copropriétés dans la gestion de leur syndic bénévole. Elle envisage aujourd’hui de recruter pour déployer son activité dans toute la France.

Aurélie Soubeste n’a pas attendu le confinement pour intervenir en visioconférence auprès de ses clients. « Pas de casse pour mon activité pendant cette période. Elle a au contraire renforcé l’intérêt des copropriétés pour mes services à distance », témoigne la jeune femme de 33 ans. En mai 2018, elle a créé à Soustons, Syndic Bénévole Services, pour épauler les copropriétaires qui assument la fonction de syndic bénévole. « Par manque de budget, de connaissances juridiques dans un contexte en constante évolution avec la récente loi Élan, mais surtout la loi Alur qui a renforcé en 2015 les obligations des copropriétaires, il est souvent difficile pour eux aujourd’hui d’obtenir la réponse adéquate », observe-t-elle. Après 10 ans dans un groupe immobilier au sein duquel elle a gravi les échelons jusqu’à devenir responsable de l’activité syndic sur les Landes et le bassin d’Arcachon, elle a créé sa propre prestation. « À la volonté de gagner en autonomie s’ajoutait le désir de sortir du contrat type quel que soit le besoin des copropriétaires et d’apporter un service différent qui n’intéresse pas forcément les agences immobilières. Mon étude de marché l’avait révélé : la prestation répond à une attente », confirme-t-elle. 

« MA PLUS-VALUE EST D’APPORTER ET DE NE FACTURER QUE LE JUSTE SERVICE ADAPTÉ À LA PROBLÉMATIQUE »

Mise à jour du registre, convocations et comptes rendus des assemblées générales, dossiers de vente… « Ma plus-value est d’apporter et de ne facturer que le juste service adapté à la problématique ». Et la formule inédite fonctionne : plus d’une trentaine de copropriétés, représentant 280 lots, font appel à l’entreprise, dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques. Elle vient de signer de nouveaux contrats en région parisienne et dans le Sud-Est. Une nouvelle étape qui lui donne des ailes pour développer son portefeuille dans l’Hexagone, et envisager d’embaucher à terme trois personnes. « Recruter des novices dans le domaine de l’immobilier ne me gêne pas, j’aime transmettre et former. Je privilégierai un bon relationnel, l’aisance à l’oral et à l’écrit, et le souci de la satisfaction du client », énonce-t-elle. Mais pas question de se laisser griser par la réussite : « C’est un joli coup de boost pour l’ego, sourit-elle. Ça encourage pour la suite. L’essentiel reste le retour des clients, la sensation d’apporter un service nécessaire en cohérence avec mes valeurs de partage et de bienveillance. L’idée n’est pas de me rendre indispensable et c’est aussi le secret de la fidélisation ». 

JEUNE POUSSE SYNDIC BÉNÉVOLE SERVICES

Le choix du statut juridique : la Société à responsabilité limitée (SARL) 
Aurélie Soubeste : Pendant le lancement de l’entreprise, ce statut permet de bénéficier de l’aide au retour à l’emploi, tout en conservant l’allocation chômage. Le capital social me protège en tant que gérante et permet de faire entrer des associés pour porter mes ambitions de développement et compléter le cas échéant l’activité. 

La plus importante difficulté rencontrée
A. S. : Le manque de confiance en moi, lié à mon parcours d’autodidacte. Je l’ai surmonté en passant par la couveuse Envoléa, pilotée par BGE Tec Ge Coop, pour prendre le temps de tester mon projet en toute sécurité, tout en étant boostée par mon référent. Une vraie école pour devenir chef d’entreprise qui m’a notamment permis de bien définir ma politique tarifaire sur les services comme sur le forfait annuel, que j’avais trop souvent sous-estimée. En effet, le prix ne fait pas le volume ; il est important de bien évaluer la valeur de ses services et de savoir se vendre. 

Les clés de la réussite 
A. S. : Être ambitieux et ne pas avoir peur de cette ambition. Accepter ses limites et savoir s’appuyer sur des tiers de confiance. Et quelle que soit l’activité, rester centré sur la satisfaction du client. 

Les outils de communication
A. S. : Le site Internet et les réseaux sociaux sont incontournables, mais ce sont les portes poussées chez les notaires, géomètres ou conseils en immobilier qui ont surtout joué. J’envisage aujourd’hui de développer ma prospection auprès des conciliateurs et mandataires de justice, des promoteurs, des lotisseurs en relation avec mes clients potentiels. Mais, au final, mes meilleurs prescripteurs restent mes clients.

Le + : les réseaux
A. S. : Pour me sentir moins seule dans ma nouvelle vie de chef d’entreprise, j’ai intégré l’association. Objectif réseau pour des temps d’échanges sur les bonnes pratiques et Créa Nouvelle-Aquitaine, découvert pendant le confinement, pour ses autoformations et ses visioconférences. La mise en relation n’est pas forcément ma priorité même si ça commence à venir, l’important pour moi est de garder du lien et surtout de prévoir des créneaux pendant lesquels je m’oblige à arrêter de travailler.