Couverture du journal du 24/02/2024 Le magazine de la semaine

JH Sellerie : en selle pour une reconversion réussie

Ancienne responsable adjointe d’un garage automobile, Julie Houdoin s’est reconvertie dans l’artisanat d’art. Alsacienne d’origine, c’est dans les Landes, à Saint-Vincent-de-Tyrosse, qu’elle a choisi de développer son activité de sellière harnacheuse.

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L’activité de JH Sellerie s’étend de la réparation de selles et de bottes d’équitation à la rénovation de tables d’examen des professionnels de santé, en passant par la réalisation de cockpits en bâche et cristal pour les bateaux ou de bâches de chapiteaux ou de pergola… © Patxi Beltzaiz – Hans Lucas

« Continuer à travailler dans un métier qui ne me plaisait plus du tout, c’était inconcevable. » En 2018, alors âgée de 32 ans et maman d’une petite fille de trois ans, Julie Houdoin décide de changer d’activité. Responsable adjointe d’un garage automobile dans le Var, la jeune femme originaire d’Alsace négocie avec son employeur de réaliser sa reconversion par le biais du Fongecif. Son rêve : devenir sellière harnacheuse pour travailler le cuir. Ancienne cavalière, elle aime cette matière noble. Et grâce à son conjoint stratifieur, elle découvre que le savoir-faire qu’elle convoite peut intéresser d’autres domaines, comme le nautisme.

Durant neuf mois, elle suit donc une formation diplômante à l’hippodrome de Cagnes-sur-Mer. « C’était costaud ! Ma fille était en première année de maternelle et je ne rentrais que le mercredi. Je n’avais aucune certitude sur l’issue de mon projet, mais j’ai eu la chance d’être bien entourée. Je me devais d’essayer. Pour moi, mais aussi pour elle. J’avais à cœur de lui montrer que tout est possible quand on a la volonté. » À l’issue de sa formation, elle décroche son CAP en candidate libre. « J’ai ensuite repris mon ancien poste, le temps de négocier un licenciement, afin de bénéficier de l’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) pour monter ma société. »

Julie Houdoin proposera bientôt des ateliers pour les particuliers sellerie

Julie Houdoin proposera bientôt des ateliers pour les particuliers © Patxi Beltzaiz – Hans Lucas

ÉQUITATION, NAUTISME, MOTO…

Au moment de créer son entreprise, elle met le cap sur les Landes. « Mon conjoint m’a fait découvrir le département et j’en suis tombée amoureuse. » La famille s’installe à Angresse où Julie Houdoin ouvre l’Atelier JH Sellerie en 2019.

Si intuitivement, son métier fait penser au domaine équin, elle propose de la sellerie pour bien d’autres secteurs. Outre la réparation de selles et de bottes d’équitation, elle peut réaliser des housses de console, des tauds, des voiles d’ombrage et des cockpits en bâche et cristal pour les bateaux, refaire à neuf des selles de moto, rénover les tables d’examen des professionnels de santé, réparer ou créer des bâches de chapiteaux ou de pergola… « Je fais tout sauf l’automobile et toujours sur mesure », précise-t-elle.

Un peu de prospection auprès de concessionnaires motos et bateaux et de soignants lui permet de décrocher ses premiers contrats. Puis, ses prestations soignées lui valent rapidement d’être recommandée par bouche-à-oreille. Au point que l’atelier installé dans la maison familiale devient trop petit.

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© Patxi Beltzaiz – Hans Lucas

TRANSMISSION

Elle se met alors en quête d’un local plus grand. « C’était un gros pari. L’artisanat d’art n’est pas quelque chose d’essentiel. En faisant appel à moi, les clients se font plaisir. Alors, il y a toujours la crainte que les commandes se raréfient. Je voulais donc un atelier à un tarif abordable, tout en étant situé dans un endroit visible… Ce qui n’est évidemment pas facile à trouver ! »

Ses recherches sont malgré tout couronnées de succès. « L’opportunité d’un local à un tarif correct, sur une rue passante, s’est présentée à Saint-Vincent-de-Tyrosse. Je l’ai saisie et je ne regrette en rien mon choix. » Sur rendez-vous, elle y reçoit ses clients pour leur montrer des échantillons. « Je ne travaille qu’avec des fournisseurs français et au maximum en circuit court. Mes cuirs viennent d’Espelette et de Dordogne. Quant à mon fournisseur de mousse, il est installé à Hagetmau. »

Son atelier va également lui permettre d’accueillir des stagiaires à partir de 2024. « Je suis en train de faire des démarches auprès de la chambre de métiers pour être référencée comme formatrice. J’ai envie de proposer des stages d’initiation et des ateliers pour les particuliers. L’idée est de leur montrer mon métier, de leur faire créer quelque chose et qu’ils repartent avec. Et au mois de mai, je vais accueillir une stagiaire en CAP. Pouvoir transmettre ma passion me fait vibrer. »