Couverture du journal du 01/04/2026 Le nouveau magazine

Guerre de l’information – Colères réelles, influences extérieures

Si les mobilisations agricoles de ces derniers mois ont exprimé des revendications légitimes face à des difficultés économiques et réglementaires bien réelles, elles attirent aussi l'attention d'acteurs étrangers qui tentent de les exploiter pour polariser le débat public français. Décryptage des mécanismes de la guerre informationnelle.

Kirsten WILD

KIRSTEN WILD, doctorante dans le domaine des enjeux informationnels, université de Poitiers © Hans Schenkel Photography

La colère des agriculteurs n’est ni artificielle ni importée. Elle s’enracine dans des réalités économiques, sanitaires et réglementaires profondes. Pourtant, de tels conflits attirent l’attention d’acteurs extérieurs qui cherchent à les exploiter. C’est là que commence ce que l’on appelle la guerre de l’information. Contrairement à l’idée reçue, celle-ci ne consiste pas à créer de toutes pièces des mouvements sociaux. Elle repose sur une logique plus subtile : identifier des fractures existantes dans la société et les amplifier, afin d’accroître la défiance envers les institutions, de polariser le débat public et, à terme, d’affaiblir la cohésion nationale.

Une stratégie documentée par les autorités françaises

Cette approche est régulièrement constatée par Viginum, le service de l’État chargé de la vigilance contre les ingérences numériques étrangères. Selon ses analyses, des acteurs liés au Kremlin cherchent à « instrumentaliser des controverses préexistantes ». Leur objectif n’est pas tant de convaincre que de semer le doute, d’exacerber les colères et d’opposer citoyens, secteurs économiques et institutions.

Depuis plusieurs années, des acteurs informationnels pro-russes recourent à une méthode désormais bien identifiée : la copie ou l’imitation de sites d’information existants, qu’ils présentent comme des médias nationaux ou locaux crédibles…

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