Couverture du journal du 26/11/2022 Consulter le journal

[Dossier : La construction en mutation] MC2E : seule l’imagination limite la domotique

Économies d’énergie, valorisation de l’habitat, sécurité accrue… les avantages de la domotique sont nombreux et le champ des possibles reste encore à imaginer.

Rémy Bocquier, fondateur de MC2E

Rémy Bocquier, fondateur de MC2E © JPEG Studios

Ancien ingénieur aéronautique et formateur à l’Estia (École supérieure des technologies supérieures avancées), Rémy Bocquier a naturellement choisi le créneau des nouvelles technologies, lorsqu’il a créé son entreprise d’électricité MC2E (Maison connectée électricité et énergie), en décembre 2021, à Port-de-Lanne. « Peu d’artisans acceptent de passer les certifications nécessaires. Il y a donc moins de concurrence dans le connecté que dans le conventionnel, souligne-t-il. Mais c’est surtout par passion que je me suis orienté vers cette spécialité. Avec ces technologies, le champ des possibles est seulement limité par notre imagination. »

La domotique présente de nombreux avantages, à commencer par la performance énergétique des habitations équipées. Contrai- rement aux installations classiques, inutile de percer les murs pour installer les interrupteurs domotiques. « Il n’y a donc plus de baisse d’étanchéité à l’air ni de déperdition de chaleur. » Mais les principales économies viennent d’un pilotage plus précis des consommations.

« À chaque point de commande, on peut installer un interrupteur qui coupe toutes les prises d’une même pièce. Quand on sait qu’une télé en veille consomme 60 euros d’électricité par an et une box 40 euros, ce genre de petit geste peut rapidement faire baisser la facture.» D’ailleurs, pour sa maison de 160 m2, Rémy Bocquier ne paye que 60 euros d’électricité par mois. Eau chaude sanitaire et chauffage au sol compris. « Avoir une maison connectée est source d’économies d’énergie», assure-t-il.

DES MAISONS ACTIVES

La sobriété énergétique n’est qu’un des atouts de la domotique. « Une maison connectée n’est plus passive. Elle devient active. » Une aubaine pour le maintien à domicile des personnes âgées ou handicapées. « On peut par exemple créer un chemin lumineux qui ne s’allume que la nuit, pour guider une personne de sa chambre aux toilettes. Et limiter cet éclairage uniquement sur ce trajet pour éviter que des personnes atteintes d’Alzheimer soient tentées de divaguer dans la maison, voire d’en sortir. » Une alarme peut également être ajoutée sur chaque interrupteur, pour signaler un problème. « Il est même envisageable de ne pas avoir d’interrupteur du tout et de tout commander uniquement à la voix. Les modules sont programmables comme on le souhaite. »

Une maison connectée peut en outre être bien plus efficace qu’un système de vidéosurveillance pour dissuader d’éventuels cambrioleurs. « On peut mettre en place des simulations de présence, avec ouverture et fermeture des volets matin et soir, allumage des éclairages, bruits d’aspirateur ou aboiement du chien… »

Rémy Bocquier, fondateur de MC2E

Rémy Bocquier, fondateur de MC2E © JPEG Studios

UN AVANTAGE À LA REVENTE

D’un point de vue financier, un système connecté est 30 % plus cher qu’un système conventionnel. « Mais comme il n’y a pas de raccordement à faire ni de câbles à passer, on utilise moins de matières premières. Donc le coût à l’installation n’est que de 10 à 15 % supérieur à une installation classique. Mais la plus-value dépasse largement la différence. » Outre le confort et les économies d’énergie, la domotique accroît la valeur d’un bien. « À la revente, une maison connectée se négocie au minimum 20 % plus cher qu’une maison traditionnelle. » Sans compter que les potentiels acheteurs peuvent se projeter beaucoup plus facilement dans leur future habitation. « On peut positionner les interrupteurs où on veut. S’ils veulent modifier un agencement, ça se fait sans gros travaux. »

AUCUNE LIMITE… OU PRESQUE

Les applications de la domotique sont infinies. « Le développement des futures fonctionnalités se fera en fonction de ce qu’on voudra. On peut par exemple imaginer des maisons qui s’adaptent à leurs habitants. Vous rentrez chez vous et la température se régule en fonction de vos préférences, votre musique favorite se déclenche ou la télé se branche automatiquement sur votre chaîne de prédilection… Tout est possible. »

Reste toutefois une contrainte qu’il faudra dépasser : « L’aspect data implique un débit internet suffisamment élevé pour que tout tourne. Au quotidien, une maison équipée de domotique n’a pas besoin d’internet pour fonctionner. Mais c’est absolument nécessaire pour la programmer, la superviser à distance et recevoir des notifications. »