« L’économie landaise remontait la pente depuis Noël, et puis il y a eu un retournement de situation avec la crise dans le golfe Persique », résume Pascal Dussin, responsable de l’animation économique et territoriale à la CCI des Landes, qui s’occupe de ce rendez-vous semestriel installé depuis une quinzaine d’années dans le paysage économique départemental. « En fonction du degré d’exposition aux prix du pétrole, mais pas que, certains secteurs traversent de réelles turbulences », souligne Pascal Dussin. Au moins deux entreprises landaises seraient en grave difficulté dans les transports, là où le carburant représente entre 30 et 40 % des charges.
Dans cette enquête réalisée à partir des remontées de 299 entreprises (représentant 10 926 salariés et 3,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 16 % de l’économie landaise), il apparaît toutefois que sur les quatre premiers mois de l’année, l’économie landaise, « dans un cycle négatif », affiche une certaine résilience : le chiffre d’affaires global progresse de 2 % (surtout porté par les grandes entreprises), les exportations se maintiennent (+ 1,27 %). Les recrutements sont plus nombreux que l’an dernier (avec + 3,1 %, les Landes se classent au 2e rang régional en Nouvelle-Aquitaine) même si les offres d’emploi reculent de 23 %. « Il y a partout une grande prudence, comme sur les investissements », analyse Pascal Dussin.
Prix d’achat en hausse
Selon la CCI, « le signal le plus préoccupant de cette édition concerne la tendance baissière de l’activité » : 45,2 % des entreprises déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires au 1er semestre, soit 4 points de plus qu’en juin 2025, un niveau comparable à celui de la période de confinement. À peine 23 % font état d’une progression.
Les carnets de commandes restent orientés à la baisse pour 39,4 % des entreprises. Les perspectives ne s’améliorent pas : 34 % des dirigeants anticipent une dégradation de leur situation pour les six prochains mois (+ 7 points par rapport à décembre 2025), contre seulement 23 % qui envisagent une amélioration.
Trois-quarts des entreprises déclarent des prix d’achat en hausse, contre 43,8 % en décembre 2024. Grand témoin du jour, Christian Ribeyrolle, président de Ryam France à Tartas, l’a ainsi illustré : « le bois coûte deux fois plus cher ici qu’aux États-Unis ». Pour la chimie, le différentiel de coût énergétique avec la concurrence asiatique atteint un facteur deux à cinq.
Un panorama sectoriel très clivé
Autre enseignement majeur de ce baromètre : les trajectoires sectorielles sont extrêmement divergentes. D’un côté, l’aéronautique – civile, de défense, motorisation d’hélicoptères – affiche des carnets de commandes abondants et tire la dynamique régionale. Le conseil, l’informatique, le nettoyage se portent bien. De l’autre, l’intérim recule de 8 %, pénalisant directement les petites structures. Le bâtiment reste fragile, avec un taux de crédit immobilier qui repart à la hausse. Le commerce de détail souffre beaucoup d’un consommateur qui n’achète plus ou se reporte vers l’épargne et le bas prix sur internet. Le thermalisme, lui, affiche entre – 5 et – 20 % de fréquentation par rapport à l’an dernier, fragilisé par les communications gouvernementales autour d’un possible déremboursement des cures qui n’est finalement pas d’actualité. Deux établissements dacquois seraient notamment en difficulté.
Le tourisme, lui, est aussi moins bien engagé qu’en 2025, année exceptionnelle, mais des signaux encourageants existent : davantage de Français devraient rester en France cet été vu la conjoncture. Et Landes Attractivité a lancé une campagne de communication dans les grandes villes.