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Apprentissage : la CMA sonne l’alerte

Gérard Gomez, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine, s’inquiète des conséquences de la baisse des financements des formations en apprentissage par l’État qui pourrait mettre en danger certaines d’entre elles.

Gérard Gomez, Président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine

Gérard Gomez, Président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine © Claude_Petit

Alors que la rentrée 2023 dans les 15 centres de formation des apprentis de la chambre régionale de métiers et de l’artisanat (CMA) de Nouvelle-Aquitaine débutait sous les meilleurs auspices avec un effectif de 12 726 apprenants, en hausse de 3 % par rapport à 2022 (voir encadré), la baisse globale de 5 % des niveaux de prise en charge par l’État des formations en apprentissage, entérinée par décret le 6 septembre dernier, vient obscurcir le tableau. D’autant que « quand on y regarde de plus près, la baisse sera de 10 % sur la majorité de nos formations artisanales, après une première diminution de 2,5 % en 2022, alors que le financement d’un master en droit des affaires ne diminuera, lui, que de 1,25 % », estimait Gérard Gomez, président de la chambre consulaire régionale, le 19 septembre dernier au cours d’une conférence de presse, destinée à alerter sur « ce mauvais coup porté à la formation et plus largement à l’artisanat ».

UNE PERTE DE 6,5 MILLIONS D’EUROS

La perte de chiffre d’affaires liée à cette révision du niveau de prise en charge des contrats d’apprentissage, estimée à 6,5 millions d’euros pour le CFA régional sur une année civile, s’avère, selon lui, d’autant plus inquiétante que « nous avons eu à faire face à une augmentation du coût des matières premières, de l’énergie avec la fin du bouclier énergétique fin décembre et des salaires de nos enseignants ». Alors que 57 % des formations pourraient devenir déficitaires, la CMA Nouvelle-Aquitaine redoute « une déstabilisation du modèle économique des centres de formation, avec le risque d’une qualité de formation dégradée et le risque d’une perte de confiance des entreprises. »

TERRITOIRES PERDANTS

S’il se dit prêt à ouvrir les discussions avec les services de l’État pour « affiner les calculs », voire envisager des mutualisations entre les formations, il affiche un optimisme modéré sur leur issue.

L’une de ses principales craintes : « Que certaines formations déficitaires soient abandonnées avec des savoir-faire qui ne seront plus transmis et que certains territoires soient in fine les grands perdants de cette réforme, car nous n’aurons plus les moyens de maintenir des centres de formation sur des métiers de niche ou en milieu rural notamment. »

NOUVELLE-AQUITAINE :  LES CENTRES DE FORMATION DES APPRENTIS EN CHIFFRES

12 726 apprentis ont intégré les 15 centres de formation des apprentis (CFA) de la chambre régionale de métiers et de l’artisanat Nouvelle-Aquitaine à la rentrée 2023, soit 15 % des effectifs en apprentissage de la région.

  • 31 % dans les métiers de bouche
  • 27 % dans les métiers de l’automobile
  • 26 % dans les métiers de services

84 % des apprenants ont obtenu leur diplôme en 2022.

Un taux d’emploi supérieur au taux attendu, selon InserJeunes, plateforme du ministère du Travail, notamment sur l’Université des métiers de Bayonne (+ 6 %) ou l’Institut des métiers de l’artisanat de Bordeaux (+ 3 %)

40 % des apprenants souhaitent poursuivre leurs études majoritairement en apprentissage.

82 % des apprenants et 80 % des entreprises satisfaits

Un budget annuel de 8 millions d’euros d’investissements sur les équipements pédagogiques adaptés aux différentes formations, en plus des programmes de réhabilitation des établissements, comme celui du centre de formation La Palme à Agen (17 millions d’euros) ou du campus des métiers de Niort (23 millions d’euros).