Couverture du journal du 21/01/2023 Le magazine de la semaine

Agrivoltaïsme : partenariat gagnant entre Aqualande et UNITe

Depuis 11 ans, la pisciculture d’Aqualande à Mézos est équipée d’ombrières photovoltaïques qui sécurisent la production de truites.

Pour Marc de l’Hermite, responsable de la pisciculture de Mézos (à gauche), et Valentin Deporte, directeur du pôle élevage du groupe Aqualande, la production de truites sous ombrières photovoltaïques ne présente que des avantages

Pour Marc de l’Hermite, responsable de la pisciculture de Mézos (à gauche), et Valentin Deporte, directeur du pôle élevage du groupe Aqualande, la production de truites sous ombrières photovoltaïques ne présente que des avantages © C. A.

En octobre dernier, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi visant à encadrer le développement de l’agrivoltaïsme. Alors que le projet sera présenté au vote de l’Assemblée nationale le 10 janvier, les débats font rage entre les partisans et les opposants à cette activité.

Les premiers y voient un moyen pour les agriculteurs de générer un complément de revenus et de garantir la production. Alors que les seconds crient à l’artificialisation déguisée des sols et à la perte de souveraineté alimentaire. Le danger, en effet, est de voir des terres agricoles détournées de leur vocation première pour devenir des centrales de production d’énergie.

Pourtant, il existe des exemples où agriculture et photovoltaïque se complètent parfaitement. C’est ce qu’ont voulu montrer Aqualande et UNITe en organisant, fin novembre, la visite de la pisciculture de Mézos.

RÉDUCTION DE LA PÉNIBILITÉ DU TRAVAIL

Créé par le groupe Salmona en 1975, avant de passer sous le giron du groupe norvégien Norway Seafood, le site de 8 hectares, racheté par Aqualande en 2013, est l’une des plus grandes piscicultures d’Europe. Dans 32 000 m2 de bassins, environ 1 000 tonnes de truites sont élevées chaque année.

Alors que la prédation par les oiseaux n’existait pas dans les premières années d’exploitation, elle est devenue un problème à la fin des années 1990. « Pour nous en prémunir, nous avons installé un système de protection au ras du sol qu’il fallait manipuler à chaque fois que nous voulions intervenir dans les bassins », raconte Marc de l’Hermite, responsable de la pisciculture.

À une époque où la production d’énergie n’était pas un enjeu, c’est donc avant tout pour réduire la pénibilité du travail qu’un projet photovoltaïque a été développé sur le site en 2011. « Nous avons expliqué les contraintes de notre production à la société UNITe qui a parfaitement répondu à nos attentes en imaginant des ombrières photovoltaïques. »

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En 2011, 18 950 panneaux solaires ont été installés
au-dessus des bassins d’élevage de la pisciculture de Mézos © UNITe

AMÉLIORATION DU BIEN-ÊTRE ANIMAL

En six mois, d’avril à octobre 2011, 18 950 panneaux solaires ont été installés au-dessus des bassins d’élevage. « Ils produisent 4,2 MWc d’électricité, l’équivalent de la consommation électrique de 2 000 habitants, soit le double de la population de Mézos », précise Xavier Permingeat, directeur d’activité photovoltaïque chez UNITe.

Les structures, financées et exploitées par le groupe spécialisé dans les centrales de production d’électricité, ont permis l’installation de filets aériens qui empêchent les attaques de volatiles. « Ces ombrières constituent une vraie amélioration de ma vie d’éleveur », assure Marc de l’Hermite.

Et pas seulement. Elles ont également amélioré le bien-être animal en diminuant la température de l’eau de 1 à 1,5 °C, et en évitant les coups de soleil auxquels sont (aussi) sensibles les truites.

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Les structures photovoltaïques ont permis l’installation de filets aériens qui protègent les poissons des prédateurs © C. A

ENJEU ÉNERGÉTIQUE

« L’installation de ces structures a été un partenariat gagnant-gagnant avec la société UNITe », souligne Valentin Deporte, directeur du pôle élevage du groupe Aqualande. Et il ne va pas s’arrêter là. « Aujourd’hui tous nos adhérents ont des projets photovoltaïques sur leurs sites », assure-t-il.

Mais cette fois, l’enjeu énergétique et la question de l’autoconsommation de l’électricité produite deviennent majeurs. « D’une part, le coût de l’énergie a été multiplié par cinq sur les trois dernières années, souligne-t-il. Et d’autre part, notre consommation a augmenté. Nous devons en effet faire face au changement climatique en installant de nouveaux procédés pour pallier les baisses de débit des cours d’eau et l’augmentation de la température de l’eau. »