Julie Fialip, du poids lourd au bureau

Elle a longtemps roulé dans un 33 tonnes transformé en chalet avec lit grand confort et poêle à bois. Aujourd’hui, Julie Fialip pilote à Peyrehorade un groupement d’employeurs et près de 600 contrats de travail par an. Entre les deux, 10 ans à inventer une politique d’accueil pour les travailleurs saisonniers du kiwi landais.

Julie Fialip, Peyrehorade

Julie Fialip © Julie Ducourau

 

 

En 2012, avec son conjoint éducateur spécialisé, elle largue tout : une maison qu’ils venaient de retaper près de Clermont-Ferrand et son emploi d’animatrice sociale. « On en avait marre d’ouvrir une boîte aux lettres avec que des factures. On est parti à l’aventure. » En poids lourd aménagé comme un chalet en lambris, avec coin chambre et lit matelas mémoire de forme, cabine de douche, piano de cuisine, poêle à bois et panneaux photovoltaïques, ils débarquent dans les Landes pour la cueillette du kiwi, via un copain qui les intègre à « une bande de camions », sans rien connaître à l’agriculture. « La vraie citadine, je ne savais même pas faire la différence entre une abeille et une guêpe ! »

« Bénévole de rien »

Julie Fialip tombe sous le charme du Pays d’Orthe, de sa culture, sa solidarité, de son gascon encore parlé dans les fermes, et le couple s’y installe après quelques tours de France des saisons, des abricots de la Drôme aux raisins de Champagne. Très vite, dans cette communauté de saisonniers itinérants, où la « phobie administrative » est la règle, elle devient celle qu’on va voir quand les papiers se compliquent : ouvertur…

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