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Transfarmers : le compostage design

Changer de vie pour entreprendre et proposer des solutions éco-conçues et responsables pour vivre plus en harmonie avec la nature. Telle a été la démarche des Transfarmers qui ont imaginé un pot de fleurs composteur élégant et innovant.

Transfarmers

De gauche à droite : Henri Thomazo, Thomas Colin, Aliette Thomazo, Louis Jamin © D.R.

C’est l’histoire de quatre amis, Aliette, Thomas, Henri et Louis. Graphiste, ingénieur agronome, charpentier et expert en biodéchets, ces quatre profils complémentaires se sont rassemblés autour d’un projet dont l’idée avait été lancée un soir de 2013, sur un coin de table, à Hossegor. Ces quatre jeunes entrepreneurs, on les appelle désormais les Transfarmers, contraction des mots « transformer » et « farmers » (« paysans » en anglais). Après un long travail de recherche et de conception, le quatuor a créé un pot de fleurs composteur conçu et fabriqué en France, à partir de matériaux naturels et durables. Un objet à la fois utile, innovant et beau ; une solution « pratique, simple, propre et écologique ».

UNE AVENTURE ENTREPRENEURIALE

« Depuis des mois, je faisais un benchmark pour trouver une solution adéquate pour composter chez nous, se souvient Aliette Thomazo. J’ai pensé au composteur collectif que l’on installe en pied d’immeuble mais c’était trop complexe à mettre en place. J’ai également regardé les composteurs individuels : ils sont principalement en plastique et je trouvais que ça dénotait avec le concept même de compostage. Quand tu habites dans un petit appartement de 30 m2, tu n’as pas envie d’avoir un gros truc en plastique qui trône dans ta cuisine. De plus, le système de compostage classique, en intérieur, ce n’est vraiment pas optimal. Quand tu l’ouvres il y a des moucherons, il y a aussi des jus à évacuer… On a donc décidé de se pencher sur cette problématique et de créer notre propre solution de compostage. » « Au début, ce projet nous l’avons mené en parallèle de nos activités professionnelles respectives, raconte Henri Thomazo. On a développé notre idée, réalisé des prototypes et des tests avec l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) pour valider le bon fonctionnement de notre pot. Ensuite, nous avons été incubés à Montpellier, tout en continuant à travailler chacun de notre côté. » Pour les quatre citadins, engagés en faveur de l’environnement, la réduction de la production de déchets relève de l’urgence. Aujourd’hui, les épluchures et autres restes alimentaires représentent 25 % à 30 % du poids de nos poubelles et sont la plupart du temps incinérés ou enfouis. Malheureusement, le compostage souffre d’un « manque de popularité pour diverses raisons : manque d’informations, de motivation, solutions de compostage peu adaptées au mode de vie urbain, offre limitée ».

Le pot de fleurs composteur n’a de sens que s’il est fabriqué le plus localement possible dans des matériaux respectueux de l’environnement.

LA NATURE COMME INSPIRATION

Pour la création de leur pot de fleurs composteur, ils ont puisé leur inspiration dans la nature. « Dans la forêt, la matière organique se décompose au pied de la plante. Tout se passe au même endroit et cela fonctionne parfaitement », souligne Aliette Thomazo. Leurs recherches les ont amenés à créer un pot en terre cuite qui allie le principe de lombricompostage à la culture de plantes, reproduisant ainsi le cycle de la nature. À l’intérieur, les épluchures sont compostées et offrent aux plantes l’eau et les nutriments nécessaires à leur épanouissement et ce de manière autonome. Périodiquement, il est tout à fait possible d’extraire du compost pour l’utiliser pour d’autres plantes, dans un jardin ou un potager. Afin de rester alignés jusqu’au bout avec leurs convictions, la conception du composteur se devait de répondre à des critères écologiques et durables. « Pour nous, le pot de fleurs composteur n’a de sens que s’il est fabriqué le plus localement possible dans des matériaux respectueux de l’environnement. Ainsi, à l’exception des bouchons en liège, toutes les pièces viennent de France », expliquent les Transfarmers sur leur site internet. « Fabriquer en France était une évidence, un critère à part entière du projet, précise Henri Thomazo. Mais si demain, par exemple, les Japonais se prennent de passion pour notre pot de fleurs composteur, la solution sera peut-être de trouver pour ce marché précis une personne capable de produire localement ». Une manière de réduire l’impact du transport, tant au niveau des coûts que de la pollution qu’il génère.

Transfarmers

© D.R.

DES ENVIES ET UNE MISSION

Si le siège des Transfarmers et l’atelier de production sont actuellement à Montpellier, Aliette, née à Dax, et Henri, natif de Mont-de-Marsan, ont récemment fait le choix de revenir dans leur région natale et d’y installer un bureau. Ils sont aujourd’hui basés dans la zone artisanale Pédebert à Soorts-Hossegor où ils poursuivent activement le développement de leur marque. Ils étudient la possibilité d’élargir leur gamme mais aussi de décliner leur pot de fleurs composteur en couleurs. Des idées qui fourmillent donc et une volonté affichée :

« Continuer à accompagner les gens dans leur transition écologique ». Une mission pour laquelle les quatre acolytes ont décidé de s’impliquer à 100 % et d’en faire leur activité professionnelle principale.

Transfarmers

© Transfarmers

« AVOIR TOUJOURS UN COUP D’AVANCE »

LE POINT FORT DE VOTRE PROJET

« Entreprendre à quatre, c’est bénéficier de connaissances, d’expertises et de qualités très complémentaires. On a vraiment de la chance –et ce n’est pas toujours une évidence- d’avoir réussi à mettre en place une collaboration efficace et carrée entre amis. »

UNE DIFFICULTÉ RENCONTRÉE

« On manquait peut-être de notions de marketing et de perception du consommateur par rapport au prix. Il y a de la pédagogie à effectuer pour expliquer le travail qu’il y a derrière notre produit. Nous ne sommes pas sur une production de masse mais sur une production manuelle. »

LES QUALITÉS NÉCESSAIRES

« De la persévérance mais aussi la capacité, le soir, à décrocher un peu pour prendre du recul. Il faut savoir se changer les idées pour se renouveler et rester bon dans le processus de création. Il y a un équilibre à trouver. »

LE MEILLEUR CONSEIL QU’ON VOUS A DONNÉ

« Le CEO de Nestlé a trouvé notre produit super mais nous a conseillé de penser d’ores et déjà au deuxième produit. Pour lui, il est important d’avoir toujours un coup d’avance. »