Logement — Cantegrit, une résidence durable à l’épreuve du quotidien

À Ondres, la résidence Cantegrit a été conçue pour réduire les besoins énergétiques, s’adapter aux conditions climatiques et s’intégrer à l’écoquartier des Trois Fontaines. Elle est aussi suivie dans le cadre de la démarche bâtiment durable Nouvelle-Aquitaine.

Livrée fin 2025, la résidence compte 27 logements sur 2 036 m². © Anne Tautou

De la vue dégagée sur la forêt entre les deux bâtiments aux façades bardées de bois et aux jardinières végétalisées, Cantegrit s’inscrit naturellement dans son environnement. Livrée fin 2025, la résidence compte 27 logements sur 2 036 m², occupés par des jeunes actifs, des familles et des retraités. Au nord, des coursives abritées desservent les appartements et au sud, des terrasses donnent sur le parc. Le parking des voitures est relégué, quant à lui, sous les bâtiments.
Cette ouverture sur le paysage se prolonge à l’échelle de l’écoquartier, encore en cours d’aménagement. Sur les 11,7 hectares des Trois Fontaines, qui doivent accueillir 474 logements, 34 % de la surface est dédiée aux espaces verts. Aucune clôture ne sépare les différents îlots. Piétons et cyclistes peuvent ainsi traverser le quartier et rejoindre la promenade vers le parc. « Tout est perméable », résume Aurélie Capdevielle, chargée d’opérations à la Satel, aménageur de la ZAC (zone d’aménagement concerté).
Dès le départ, la Satel a posé plusieurs principes pour guider le projet : une approche bioclimatique, des protections solaires, au moins 8 m² d’espace extérieur par logement et aucun appartement uniquement orienté au nord ou au nord-est. Eden Promotion et l’agence d’architectes A6A ont ensuite traduit ces orientations dans la construction de la résidence.

Lauréate de la Pyramide d’argent

Lauréate de la Pyramide d’argent 2024 dans la catégorie bas carbone, Cantegrit répond aussi aux exigences de la démarche bâtiment durable Nouvelle-Aquitaine (BDNA), portée par le cluster Odéys qui accompagne les acteurs de la construction et de l’aménagement dans leur transition environnementale. « Ce n’est ni un label, ni une certification », précise Jérémie Manguin, chargé des démarches bâtiments et quartiers durables chez Odéys. Le dispositif suit le projet des premières études jusqu’à deux ans après sa livraison. Cantegrit passe ainsi trois fois devant une commission de professionnels : en phase de conception, après les travaux puis lorsque la résidence est habitée. Énergie, matériaux, confort, santé ou encore usages sont examinés pour mesurer ce qui fonctionne réellement et partager ce retour d’expérience avec d’autres acteurs du secteur.

Dans les logements traversants, l’air arrive du nord et s’évacue au sud pour favoriser le rafraîchissement naturel. © Anne Tautou

Confort estival

Parmi les points observés, le confort estival occupe une place importante. Dans les logements traversants, l’air arrive du nord et s’évacue au sud pour favoriser le rafraîchissement naturel. Les larges débords de toiture protègent aussi du soleil et abritent les terrasses qui deviennent presque, selon Antoine Rabonneau, architecte de l’agence A6A, « une pièce en plus ». La résidence a déjà passé avec succès un premier « crash-test » lors de la canicule de cet été. En hiver, les besoins de chauffage sont estimés à 15 kWh/m², pour une dépense d’environ 250 euros par appartement, selon sa taille et les habitudes de chacun.
Le choix des matériaux répond, lui aussi, à une recherche de sobriété. « On essaie d’utiliser le bon matériau au bon endroit », explique l’architecte. Le béton est présent dans les planchers et certains murs pour ses qualités structurelles, son inertie et l’acoustique, alors que les façades font davantage appel au bois et à une isolation biosourcée.
Sur le toit, côté sud, des panneaux photovoltaïques produisent de l’électricité. Cette installation devrait pouvoir évoluer un jour vers de l’autoconsommation collective.
Mais la qualité de vie dans une résidence ne se mesure pas seulement à ses performances énergétiques. Un espace commun de 25 m² appartient à la copropriété. Les habitants envisagent d’y installer une salle de sport, un coin cuisine et des tables pour se retrouver, avec l’idée de favoriser les échanges. Son utilisation fera aussi partie de la suite de l’évaluation. Après la conception et la réalisation, la démarche BDNA se poursuivra par une troisième phase consacrée à l’usage : consommations réelles, confort, appropriation des parties communes… L’objectif est de confronter, dans la durée, les intentions de départ au quotidien des habitants.

Les principes : une approche bioclimatique, des protections solaires, au moins 8 m² d’espace extérieur par logement et aucun appartement uniquement orienté au nord ou au nord-est. © Anne Tautou

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