Couverture du journal du 26/09/2020 Consulter le journal

Les mots des maux au travail

Le langage en dit souvent long sur nos émotions et nos perceptions. Décryptage des expressions toutes faites que les Français utilisent régulièrement au bureau…

Le travail n’aurait-il plus la cote ? Nos tics de langage que l’on dit souvent « vides de sens » seraient-ils au final le signe d’un ras-le-bol généralisé à l’égard de la semaine de labeur ? On connaît tous l’incontournable « Comme un lundi », en réponse au « Ça va ? » basique qui relève en général plus du réflexe pour maintenir le contact que d’un véritable intérêt pour l’autre. Selon l’enquête menée par l’agence d’intérim Qapa.fr auprès de 4,5 millions de personnes, la formule serait plus masculine (59% des hommes l’utilisent) que féminine (45% des femmes). Autre signe de lassitude :
74 % des sondés avouent abuser de « Vivement le week-end ! ». Au top, c’est « Bon courage ! » que 82 % se souhaitent le plus régulièrement, comme si les missions quotidiennes relevaient des 12 travaux d’Hercule. Il n’en reste pas moins que quasiment personne n’aime sentir son implication remise en question : 93% détestent « Tu as pris ta demi-journée ? », la petite réflexion qui fâche quand on part tout simplement à l’heure. 

« J’ATTENDS TON FEEDBACK, ASAP »

Autant d’expressions qui en disent long sur le chemin encore à parcourir pour atteindre le bien-être tant recherché au travail. Dans une entreprise souvent cloisonnée, où les mails tiennent lieu de principal outil de communication et où les réunions se multiplient, le stress monte, et la perte de sens gagne parfois du terrain. Sur le podium, les expressions qui hérissent le plus le poil de 17 % des sondés, « Asap » (as soon as possible : aussi vite que possible), « incessamment sous peu » (11%), ou « j’attends ton feedback » (5 %) pourraient bien être révélatrices de la difficulté à gérer une pression croissante. Mais, ce sont aussi ceux qui passent leur temps à expliquer qu’ils sont débordés avec les tout aussi fameux « Je suis charrette » et en version anglaise « Je suis overbooké » qui en horripilent 13%… Alors, bon courage !