Couverture du journal du 02/07/2024 Le nouveau magazine

Landes olympiques

Capbreton, Dax, Hagetmau, Mont-de-Marsan, Saint-Paul-lès-Dax et Soustons sont les six villes landaises à être Centres de préparation aux Jeux (CPJ). Investissements, accueil de délégations, animations pré-JO… Le point sur leurs engagements et motivations à quelques jours de Paris-2024, du 26 juillet au 11 août.

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Les joueurs de l’équipe de France de rugby à 7 emmenée par l’entraîneur dacquois Jérôme Daret sont à nouveau à Capbreton en ce début juillet. © Xavier Ges

Courant mai, la flamme olympique a traversé les Pyrénées-Atlantiques, le Gers ou la Gironde, mais point de relais dans les Landes. Jugeant la somme demandée pour l’accueillir démesurée (180 000 euros), le conseil départemental a préféré s’orienter vers l’achat de 1 000 places (62 000 euros) pour emmener des Landais voir des compétitions cet été lors des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris. 70 % des tickets devaient être ainsi donnés à des licenciés et bénévoles landais, 20 % à des jeunes de 13 à 30 ans (publics Aide sociale à l’enfance, Aide emploi jeunes) et les 10 % restants remis lors d’actions de promotion ou en récompenses d’ici les JOP.

Au-delà de ces initiatives, six villes se sont positionnées sur la thématique, retenues depuis 2021 par le Comité Paris-2024 comme Centres de préparation aux Jeux : Capbreton, Dax, Hagetmau, Mont-de-Marsan, Saint-Paul-lès-Dax et Soustons.

LE 7 DE FRANCE À CAPBRETON

Dans cette atmosphère pré-olympique, Capbreton a inauguré, le 20 avril dernier, son pôle haute performance au parc municipal des sports. 300 m² dédiés à la préparation physique de haut niveau grâce à une salle de musculation et des machines connectées avec cryothérapie et intelligence artificielle. Ont déjà posé leurs valises dans le port landais plusieurs fois, les joueurs de l’équipe de France de rugby à 7 emmenée par l’entraîneur dacquois Jérôme Daret. Antoine Dupont et ses coéquipiers qui peuvent rêver de l’or olympique après leur premier titre mondial, à Madrid, le 2 juin dernier, y sont d’ailleurs revenus quasi tout le mois de juin, avant une semaine du 8 au 13 juillet avant les Jeux. L’équipe de France féminine de handball, championne olympique en titre, est passée par là également en ce début d’été, ainsi que son homologue norvégienne, et aussi une délégation canadienne de skate.

« Depuis plus de 40 ans, les différentes municipalités ont toujours fait le choix de faire rayonner Capbreton par le sport, c’est dans notre ADN, et toutes nos infrastructures bénéficient à l’année à nos écoles et nos associations », relève Louis Galdos, premier adjoint en charge des sports, pas peu fier de ce nouvel équipement à la pointe de l’innovation dédié au haut niveau. Ce pôle flambant neuf a coûté 770 000 euros incluant 150 000 euros de matériels innovants, et son financement « marque la volonté de tout un territoire de financer ce genre d’équipement », puisque l’Agence nationale du sport, la Région, le Département et la communauté de communes Maremne Adour Côte Sud (Macs) ont contribué à hauteur de 80 % du projet, laissant à la commune 20 % du total, selon l’élu capbretonnais.

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Subventionné par l’Agence nationale du sport, la Région, le Département et Maremne Adour Côte Sud (Macs), le tout nouveau pôle haute performance de Capbreton a coûté 770 000 euros incluant 150 000 euros de matériels innovants. © Xavier Ges

LES BLACKS À SOUSTONS

À Soustons, on est aussi rôdé à l’accueil d’équipes nationales, d’aviron ou de rugby notamment. Le hall des sports du complexe de l’Isle verte est régulièrement transformé en dojo géant pour l’équipe de France de judo, et Teddy Riner l’a déjà testé. « Notre grande force à Soustons c’est l’unité de lieu et d’avoir ainsi l’hébergement sur place au centre sportif », souligne la maire Frédérique Charpenel. « Avec Macs et le Département, nous avons co-investi sur ce site pour le rendre encore plus performant avec de la cryothérapie, une salle de musculation, un plancher haute performance (à l’époque inauguré par les handballeuses françaises), des prestations renforcées avec literie haut de gamme, et de la rénovation énergétique sur les bâtiments. » Des investissements essentiellement réalisés en 2020 en amont des Jeux de Tokyo, pour autour de 3 millions d’euros cumulés. Cette année, Macs a, par ailleurs, ajouté une dotation pour du matériel de musculation high-tech afin de recevoir au mieux les équipes masculines et féminines des Blacks en rugby à 7, alors que, victime de son succès, Soustons a dû refuser d’accueillir cet été l’équipe de France d’aviron, habituée des lieux, qui s’est décidée trop tard.

Le staff néo-zélandais qui avait été emballé l’an passé par la nature du site, était de retour début juin pour peaufiner le séjour du 2 au 20 juillet. « Ils sont venus notamment goûter une dizaine de plats car ils ont donné un cahier des charges strict à notre cuisinière », explique l’adjoint aux sports Patrick Bedat qui a dû préparer des visites chez des producteurs car « ils sont aussi soucieux de s‘imprégner de la culture locale ».

En attendant que peut-être une rencontre amicale ait lieu sur la côte entre Bleus et Blacks du 7, les Néo-Zélandais participeront à une séance dédicace à l’école primaire le 5 juillet. « On est dans l’esprit JO, à faire se rencontrer les jeunes avec les athlètes qui ne seront pas bunkérisés, même s’il va falloir aussi renforcer la sécurité. » Ces Jeux sont aussi une façon de « mettre en avant la politique inclusive de la ville », ajoute la maire : Soustons recevra ainsi du 1er au 16 août l’équipe de France de judo handisport avec une délégation de 45 personnes.

LES FOOTBALLEURS DU PARAGUAY À HAGETMAU

Hagetmau accueille, elle, du 7 au 18 juillet, l’équipe nationale de football du Paraguay pour son stage pré-tournoi olympique, une sélection qui avait battu le Brésil dans la qualification pour Paris-2024. Les 18 joueurs de l’« Albirroja » qui joueront un match amical contre l’Ukraine le 18 sur place, s’entraîneront à la Cité verte qui chaque année, reçoit 5 000 personnes en stages sportifs et hébergements en pension complète (40 000 repas sont servis sur site par an). Mais les Paraguayens dormiront à l’hôtel les Lacs d’Halco comme la vingtaine d’encadrants.

Dans cette commune où a fait ses débuts la championne de pentathlon moderne Marie Oteiza qui dispute cet été ses deuxièmes Olympiades, il n’y a pas eu d’investissement particulier pour ces JO. Mais « pour pérenniser l’activité et en assurer encore davantage le développement, Hagetmau va investir à la rentrée prochaine quelque 900 000 euros pour rénover (toiture, isolation, intérieur) les quatre pavillons qui datent de 1979, ainsi que leurs 96 lits, les remettant au goût du jour et à la bonne taille pour pouvoir mieux accueillir athlètes, basketteurs et rugbymen de grande taille », fait valoir la maire Pascale Requenna.

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La Cité verte d’Hagetmau reçoit 5 000 personnes en stages sportifs et hébergements en pension complète chaque année. © Ville d’Hagetmau

GRAND DAX, DES ESCRIMEURS FRANÇAIS AUX BOXEURS DU MOZAMBIQUE

À Dax, pas de dépenses particulières non plus en amont des Jeux, indique-t-on au service communication de la mairie. Mais la cité thermale accueille depuis des décennies, l’équipe de France d’escrime dans la salle André-Darrigade. Le 3 avril dernier, il y avait foule dans la salle d’armes de la Jeanne d’Arc de Dax (JAD), pour voir les meilleurs épéistes français, historiquement grands pourvoyeurs de médailles olympiques. Pour faire monter l’attente du grand événement parisien, la ville a organisé une Journée olympique le 8 juin dernier pour le grand public et les familles, avec des démonstrations en plein centre-ville de BMX, judo, kickboxing, tennis ou escalade.

Sa voisine, Saint-Paul-lès-Dax, accueille, elle, plusieurs délégations jusqu’au 19 juillet, de l’équipe de sports de combat du Mozambique en partenariat avec la salle Life Fight, aux footballeurs d’Ukraine et d’Égypte, en lien avec les complexes Sourcéo (espace aquatique), Océania (fitness) ou encore la clinique Napoléon (pour la réathlétisation et en cas de coup dur).

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Les escrimeurs français sont des habitués de la salle
d’armes de la Jeanne d’Arc de Dax (JAD). © J. D.

MARIE-ÈVE PAGET SE PRÉPARE À MONT-DE-MARSAN

Il y a aussi déjà eu de beaux moments en amont des Jeux dans la préfecture des Landes puisque les basketteuses françaises y sont venues en préparation, avec notamment au printemps 2023, un France-Chine dans un espace François-Mitterrand plein à craquer. La ville soutient d’ailleurs Marie-Ève Paget qui a de grandes chances de médailles avec l’équipe de basket 3×3, en mettant à disposition de la joueuse de Basket Landes cette salle d’ici les Jeux. Les équipes de rugby à 7 des Fidji sont également déjà venues l’an passé. « On les a accompagnés financièrement pour s’entraîner à Mont-de-Marsan, avec l’hôtellerie-restauration ici et le bus depuis Toulouse. On était très heureux de recevoir les Fidji car nous sommes la première ville à avoir accueilli dans son club de grands joueurs fidjiens qui ont ensuite tracé la voie à d’autres en France et en Europe », fait valoir Farid Heba, adjoint aux sports à Mont-de-Marsan.

La ville qui a récemment investi dans une pelouse synthétique nouvelle génération au stade de rugby André-et-Guy-Boniface (1 million d’euros), était aussi ouverte à l’accueil de délégations sur un des trois sports où elle est homologuée JO (basket, rugby, gymnastique), mais l’hypothèse a sans doute été compliquée par les dates des fêtes de la Madeleine, du 17 au 21 juillet. Quoi qu’il en soit, Mont-de-Marsan a fait aussi vivre les Jeux, avec le Comité départemental olympique (CDOS) et des animations sportives notamment lors de la finale des coupes des Landes au Plumaçon ou de l’événement Handilandes début juin, ou pour les Olympiades du 22 juin, à base de démonstrations de sport en musique avec l’Orchestre montois, aux arènes. « L’idée, selon Farid Heba, est de proposer plus de sport au quotidien, que les habitants, les jeunes parfois un peu plus sédentaires qu’avant, et les moins jeunes, se saisissent de ces opportunités pour s’y mettre. »

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Mont-de-Marsan a récemment investi dans une pelouse synthétique nouvelle génération au stade André-et-Guy-Boniface (1 million d’euros) © D. R.

UN VILLAGE OLYMPIQUE EN ITINÉRANCE

En un an, le Village olympique itinérant landais accessible à tous (Voilat) a proposé 70 manifestations partout dans le département, avec sa quinzaine d’animations, de l’urban tennis au laser-run (comme du biathlon sans neige et avec des pistolets laser) ou au puissance 4 basket, attirant des milliers de personnes. L’objectif est « de faire venir des gens qui n’ont pas l’habitude d’aller dans des enceintes sportives pour leur donner envie de prendre une licence dans des clubs locaux », selon Philippe Crosnier, président du Comité départemental olympique et sportif (CDOS), financé par le conseil départemental pour organiser ces animations pré-JO.

En apothéose, à 40 jours de l’ouverture des JO, s’est tenue la grande journée du 16 juin à Soustons, entre sports à l’Isle verte et sorte d’Intervilles aux arènes incluant un 100 mètres en échasses et une marche/course de 2 024 mètres…

Le Voilat poursuit sa route tout l’été et jusqu’aux Paralympiques en septembre, dans ce département qui peut se targuer d’être parmi les plus sportifs de France avec 217 licences pour 1 000 habitants (177 au niveau Nouvelle-Aquitaine).