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Lamarque Sogy Bois à la relance

Parquets, lambris, moulures, bois brut et aménagement extérieur... À Ygos-Saint-Saturnin, Lamarque Sogy Bois s’est renforcée depuis sa reprise par le groupe Abso Bois en 2018. Un projet industriel d’ampleur.

Antoine Messean, Président de Lamarque Sogy Bois

Antoine Messean, Président de Lamarque Sogy Bois © JPEG Studios

A Ygos-Saint-Saturnin, l’outil industriel de Lamarque Sogy Bois, véritable institution landaise depuis 1895, a été considérablement modernisé récemment grâce notamment au plan France relance. Deux millions d’euros ont été mobilisés dont 1 million d’euros avec BPI France et 950 000 euros avec l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) puisque l’entreprise s’est engagée dans un programme de décarbonation.

NOUVELLE CHAUDIÈRE BIOMASSE

Avec sa nouvelle chaudière biomasse qui tourne depuis le mois de janvier avec un approvisionnement à 100 % issu des déchets de la scierie et de l’exploitation forestière, les émissions carbone vont être drastiquement réduites.

« L’ancienne chaudière était obsolète. Avant, même si nous pouvions produire plus, nous ne pouvions pas sécher plus. Grâce à la nouvelle chaudière de 5 MW, nous avons pu mettre en place deux séchoirs tout neufs », se félicite Antoine Messean, président de Lamarque Sogy Bois depuis sa reprise il y a quatre ans. De quoi augmenter de plus de 40 % les capacités de production issue de coupes de pins de 30 à 40 ans dans une sylviculture raisonnée, tout en faisant des économies d’énergie.

Deux séchoirs tout neufs permettent d’augmenter de plus de 40 % les capacités de production

Ici, le système ventile de l’air chaud pour stabiliser le bois, tuer les parasites et éviter des craquements, via 96 heures de séchage à 75°C. Une fois reposé, le bois sec passe à la raboterie pour être transformé en parquets, moulures, lambris naturels, vendus dans la grande distribution, le négoce, l’industrie du jouet ou du cercueil.

La modernisation des sites ne s’arrête pas là puisque bientôt un nouveau système de triage automatisé sera créé, avant de s’attaquer aux lignes de coupage. Prochain grand chantier en réflexion ? La digitalisation via notamment « la refonte des systèmes d’informations pour être en phase avec le XXIe siècle, dans cette entreprise plus que centenaire », prévoit Antoine Messean, sous le regard du fondateur, Maurice Lamarque, dont la photo est toujours là, encadrée, dans les bureaux historiques de la société jouxtant la grande maison familiale. À la fin du XIXe siècle, tout avait commencé par une scierie mobile se déplaçant dans le massif forestier et coupant les pins sur pieds. Aujourd’hui, Lamarque Sogy Bois, ce sont 70 000 m3 de bois transformés, 95 salariés dont presque 50 % de femmes, et 14,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021. « Quand je suis arrivé en 2018, il y avait 75 salariés et plus que 7,6 millions d’euros de CA », se rappelle Antoine Messean que rien ne prédestinait à l’industrie du bois.

UN BANQUIER D’AFFAIRES RECONVERTI

Banquier d’affaires pendant 25 ans, dans le conseil et la fusion-acquisition, puis investisseur, le financier a fini par casser sa tirelire à la quarantaine pour reprendre Lamarque Sogy Bois. « Anne-Marie Chauvin [l’arrière-petite-fille du fondateur, ndlr] a fait appel à moi au moment de la vente. J’ai écrit une stratégie de cession. Je pensais qu’il fallait adosser la marque à un groupe dans la filière bois, agréger ces métiers d’exploitant forestier, scieur et raboteur à un groupe industriel. Elle n’a pas trouvé d’acquéreur et m’a finalement proposé de reprendre en déroulant ma stratégie », explique celui qui fut aussitôt séduit par l’odeur enivrante du pin maritime écorcé, coupé et séché à l’usine. Abso Bois (Agencement Bois Solutions) dont il est le principal actionnaire rachète alors l ’entreprise landaise ainsi que d’autres sociétés de menuiserie et ameublement sur Bordeaux et un agenceur industriel en Vendée. Depuis, le groupe n’a cessé de se développer pour peser 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021 avec 240 personnes.

 

PORTES OUVERTES LE 12 AVRIL POUR RECRUTER

Du côté d’Ygos, l’heure est d’ailleurs toujours à l’embauche, et les sites devraient dépasser la centaine d’employés courant 2022.

« Nous sommes en croissance permanente grâce à des équipes dynamiques. Nous envisageons de créer une vingtaine d’emplois supplémentaires dans les deux prochaines années », assure le président. Reste à réussir à recruter en CDI dans ces métiers dont certains sont en tension.

Nous envisageons de créer une vingtaine d’emplois supplémentaires dans les deux prochaines années

« Sur le marché du travail, il n’y a pas ou très peu de candidats pour les postes qualifiés de l’industrie du bois », fait valoir Maïté Alvarez, responsable des ressources humaines depuis deux ans. Le CFA (centre de formation des apprentis) de Morcenx a aussi du mal à remplir ses rangs, et fonctionne à mi-capacité.

Pour tenter de résoudre cette problématique, Lamarque Sogy Bois est partenaire du Festival des métiers du bois qui se déroulera à Morcenx du 22 au 24 septembre afin de redorer l’image de la filière auprès des jeunes et leur famille, dans une approche ludique entre ateliers métiers, speed dating, démonstrations d’engins, expériences virtuelles et concerts.

Pour la première fois, Lamarque Sogy Bois organise, par ailleurs, sur ses sites à Ygos une journée portes ouvertes le 12 avril toute la matinée, afin de « mieux se projeter sur l’environnement et les tâches à effectuer », selon Maïté Alvarez, qui souligne la modernisation des métiers dont certains s’exercent par un simple joystick pour soulever les troncs avant découpe laser.

« Autres gros avantages pour nos salariés : on fonctionne en journée, 35 heures sur quatre jours, pour une meilleure qualité de vie et un rythme plus souple. Et cette année, a été mise en place la participation aux résultats pour faire face aux aléas de pouvoir d’achat. »

PÉNURIE INTERNATIONALE ET HAUSSE DES PRIX

Portés par la conjoncture avec une demande toujours en hausse, les recrutements se poursuivent donc. Jusqu’ici, la pénurie de bois au niveau mondial « nous a offert des opportunités en circuit-court », relève Antoine Messean dont la société s’est recentrée au niveau national avec une production désormais absorbée à 70 % en France et 30 % à l’export (Espagne, Benelux, Japon…).

« Mais la hausse du prix du boison est passé de 58 euros le m3 à une centaine d’euros en un an et demi- devient difficile à répercuter aux clients, cela va poser des problèmes à toute la filière. Les augmentations sont telles que certains vont trouver des produits de substitution moins onéreux, ça devient compliqué. »

Quoi qu’il en soit, l’entrepreneur « touche du bois » pour la suite, et poursuit l’idée de développer un jour une partie ameublement en pin des Landes.

LAMARQUE SOGY BOIS EN CHIFFRES

95 collaborateurs

70 000 m3 de bois scié par an

3 millions de mètres linéaires de moulures

1,2 million de m2 de bois rabotés 150 000 m2 de superficie

14,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021

Répartition du CA des produits finis :

33 % moulures

26 % parquets

14 % lambris

12 % frises

12 % planches

3 % autres