Avec sa récolte terminée le 20 novembre dernier, le groupe Scaap Kiwifruits-Primland, basé à Labatut et spécialisé dans la distribution de kiwis (47 millions d’euros de chiffre d’affaires), conforte la diversification de son offre. Le mini kiwi Nergi, avec 1 000 tonnes collectées dès le mois d’août avant d’être commercialisées sur deux à trois mois en Allemagne et Europe du Nord, a aussi percé cette année en Angleterre. Le kiwi jaune Oscar, dont les volumes (800 tonnes) progressent grâce à l’entrée en production de jeunes vergers, s’adresse essentiellement au marché français avec quelques exportations vers l’Espagne, l’Allemagne et la Belgique. Quant au kiwi vert, dont les ventes s’étirent de mi-décembre – pour le Label rouge notamment – à mai, le groupe en a récolté environ 7 000 tonnes via sa structure landaise Scaap Kiwifruits (210 producteurs) et son partenariat avec Adour Kiwi France en Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne et dans la Drôme (100 producteurs). « On est plutôt sur des volumes corrects, en dépit des aléas climatiques qui font partie de notre métier et des bactéries ravageuses, résume François Lafitte, président du groupe. Les producteurs doivent s’adapter en permanence. » Avec notamment des investissements dans de nouvelles plantations et porte-greffes qui résistent à l’humidité, des protections contre les gels de printemps, des filets paragrêle, brise-vent ou des systèmes d’irrigation microjets dans les périodes de canicule.
Exclusivité de licences
C’est dans ce contexte que s’inscrit le partenariat signé début décembre entre Sofruileg, l’entité de recherche et développement de Scaap Kiwifruits-Primland, et l’Institut de recherche agricole sud-coréen de la province de Jeollanam-do. L’accord vise à amplifier l’offre sur le segment du mini kiwi avec la nouvelle variété Haeri, en phase d’évaluation technique pour deux ans. Il devrait permettre au groupe de consolider son investissement de près de 2 millions d’euros engagé depuis 2015 dans ce nouveau produit pour snacking, couvrant les essais variétaux, les contrats de sous-licence, la promotion et l’accompagnement technique et financier des producteurs.
L’autre volet du partenariat porte sur la variété protégée de kiwi jaune Haegeum. Il confère au landais l’exclusivité des licences pour le territoire européen, sur 1 000 hectares de vergers dont les premières plantations de 20 hectares réalisées par 15 producteurs dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques se conjuguent avec des projets de plantations en Italie, Grèce, Portugal et Espagne. « Certaines, faites depuis trois ans, montent en puissance, beaucoup vont commencer en 2026 », précise François Lafitte. Au-delà de sa qualité gustative, avec une productivité de 35 tonnes par hectare (contre 25 à 30 tonnes pour le kiwi vert), et une période de commercialisation de décembre à mai, son principal atout réside, selon lui, dans son faible besoin de froid hivernal. « Elle permet d’anticiper les périodes d’hivers doux qui s’annoncent assez régulières. » Alors que la baisse de production du kiwi vert Hayward quand les hivers ne sont pas rigoureux « commence à constituer un début de difficulté, le Haegeum continue de produire normalement », assure le président du groupe qui vise à porter la part de kiwi jaune dans sa production de 10 à 12 % aujourd’hui à 50 % d’ici 10 ans.

L’accord confère au groupe l’exclusivité des licences en Europe, sur 1 000 hectares de vergers de la variété de kiwi jaune Haegeum. © Art Sensible
Sélection naturelle d’hybrides
Le choix du partenaire sud-coréen n’est pas anodin. « Le kiwi (actinidia en botanique) est une plante exclusivement originaire d’Asie, dont toute la ressource génétique se trouve en Chine et en Corée. Les chercheurs du laboratoire sud-coréen travaillent depuis longtemps sur la sélection naturelle d’hybrides de cette espèce dioïque qui nécessite de croiser des fleurs mâles et femelles d’arbres différents pour obtenir de nouveaux fruits », rappelle François Lafitte qui ajoute : « Ces sélections demandent beaucoup d’engagement et de temps pour les chercheurs, mais l’arrivée de ces nouvelles variétés exige beaucoup de temps et de moyens financiers pour les entreprises qui les développent auprès des producteurs. L’enjeu est que ces fruits soient appréciés par les consommateurs, accompagnés par les distributeurs et rentables pour les producteurs : tout un challenge et un pari sur l’avenir. »
Le kiwi jaune Haegeum, une réponse au réchauffement climatique