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Institut du thermalisme : 20 ans en pleine santé

C’est l’unique établissement universitaire français dédié à cette spécialité. Situé en plein centre de Dax, première agglomération thermale de France, l’Institut du thermalisme qui mêle formation et recherche, a reçu en 2018 le label « Campus santé ».

Institut du thermalisme

© Institut du thermalisme

Dernière grande innovation en date sur cette double décennie d’existence, l’Institut du thermalisme accueille, depuis quatre ans, de futurs étudiants en médecine et métiers de la santé (pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie…) qui suivent ici leurs cours pour la première année-concours de ces filières (Pass, ex-Paces). Cette année, 44 jeunes, originaires des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, tentent la Pass depuis Dax.

PREMIÈRE ANNÉE EN MÉDECINE

« La spécificité de Dax par rapport aux autres sites délocalisés réside dans le tutorat qui est géré par l’école de kiné. Cela marche très bien de s’aider entre étudiants », précise la directrice, Karine Dubourg. « L’avantage du site dacquois par rapport à Bordeaux notamment, c’est aussi d’être dans une structure à taille humaine. Ici, nous avons encouragé les jeunes à venir travailler au centre documentaire plutôt que de regarder, seuls chez eux, les capsules vidéo des cours pendant la période Covid. Aujourd’hui, faire sa première année à Bordeaux, ça n’a quasiment plus aucun sens. L’Institut permet de donner encore plus de chances aux étudiants du territoire de réussir, tout en leur permettant de ne pas avoir de grosses dépenses de logement dans les grandes villes universitaires », témoigne la pharmacienne de formation.

L’Institut permet de donner encore plus de chances aux étudiants du territoire de réussir

Comme ailleurs, de nombreux étudiants sont, chaque année, collés au concours ; aussi, « on réfléchit à la mise en place d’un DEUST (Diplôme d’études universitaires scientifiques et techniques) qui leur permettrait de rebondir sur une autre formation sur place », assure-t-elle, sans pouvoir encore en dire plus sur ce nouveau projet du pôle universitaire.

En 2021/2022, ils sont, toutes formations confondues, 179 étudiants à se former sur les bancs de l’Institut du thermalisme qui a démarré, il y a 20 ans, avec un seul Diplôme d’université (DU) de pratique des soins en hydrothérapie.

thermalisme

© D. R.

INSERTION PROFESSIONNELLE

À l’époque, « ce fut un travail acharné, parti de zéro, qui a permis, 20 ans plus tard, à plus de 1 200 professionnels d’acquérir un diplôme national », a souligné Christian-François Roques-Latrille, président de l’Institut du thermalisme, lors de la célébration de cet anniversaire, en décembre dernier. Dans l’amphithéâtre universitaire dacquois, devant les élus et acteurs locaux, les équipes administratives, pédagogiques, et des anciens élèves, il a notamment rappelé que « cette structure n’aurait pas vu le jour sans Henri Emmanuelli (ancien député et président du conseil général des Landes) et un pharmacien-artiste égaré en politique, Yves Goussebaire (ex-sénateur et maire de Dax de 1977 à 1995) ».
« Une opportunité gagnant-gagnant » et « une image porteuse et positive » pour le département et l’agglomération dacquoise dès les débuts, a insisté Gabriel Bellocq, maire de la cité thermale entre 2008 et 2016, suivi par Xavier Fortinon, président du conseil départemental des Landes, pour qui « l’enseignement supérieur, c’est la chance de demain pour nos territoires ruraux », une chance aussi pour « nos jeunes dont la situation sociale ne leur permettrait pas de poursuivre leurs études ailleurs ».

Aujourd’hui, en plus du DU initial en hydrothérapie, trois licences professionnelles en formation initiale, continue ou en alternance sont proposées, juste en face de la Fontaine chaude : métiers de la santé gestion des eaux, nutrition-alimentation et management des centres. Autant de formations adaptées au territoire pour former des personnels aux métiers liés à l’eau, à la santé et au bien-être, d’hydrothérapeute à spa manager ou directeur de station thermale, de technicien réseaux à chef de projet en nutrition.

Sur ces formations, « nous avons plus de demandes d’apprentissage que de candidats, nos trois licences pros correspondent parfaitement aux demandes des professionnels. De plus, les étudiants sont rémunérés en faisant leur apprentissage », fait valoir Karine Dubourg.

Karine Dubourg, directrice de l'Institut du thermalisme

Karine Dubourg, directrice de l’Institut du thermalisme © D. R.

RECHERCHE ET PARTENARIATS INTERNATIONAUX

Il existe par ailleurs à l’Institut du thermalisme, depuis 2013, une certification en éducation thérapeutique du patient (ETP), une formation courte de 40 heures pour les professionnels de santé.

Et récemment, a été rapatrié, à Dax, le Diplôme interuniversitaire (DIU) de pratique médicale en station thermale à destination des médecins : une bonne nouvelle pour la ville qui fait face à une pénurie dans ce domaine.

La recherche progresse autour de la sécurité sanitaire, les études cliniques et la gestion appliquée à l’activité thermale

Au cours des 20 ans, des partenariats internationaux se sont également noués, du projet européen Termared avec l’université de Vigo (Espagne) aux travaux avec la Fédération thermale Hessen (Allemagne), des échanges Erasmus avec l’Institut de l’eau de l’université de Cranfield (Royaume-Uni) à un accord de coopération avec la faculté de pharmacie d’Hô Chi Minh Ville (Vietnam).

Et la recherche qui bénéficie d’une plateforme technique thermale innovante et de cinq laboratoires d’analyses physico-chimiques et microbiologiques, n’a cessé de progresser, autour de trois axes : la sécurité sanitaire, les études cliniques et la gestion appliquée à l’activité thermale. Les résultats sont là avec déjà quatre thèses de doctorat, financées par le Département des Landes et l’Association française pour la recherche thermale (Afreth), 24 publications (dont 11 dans des revues internationales) et 36 communications dans des congrès internationaux.

IMAGINER LE THERMALISME DE DEMAIN

« À l’heure actuelle, la recherche s’articule sur des travaux concernant les boues thermales, avec des études sur le métal baryum et l’hygiénisation thermique », assure Karine Dubourg qui fait partie de l’équipe de quatre chercheurs.

« Grâce à vos recherches fondamentales et appliquées, vous contribuez à construire et imaginer le thermalisme de demain », a d’ailleurs salué Julien Dubois, l’actuel maire de Dax, lors de la cérémonie des 20 ans, alors que l’Institut a aussi travaillé avec le cluster thermal AquiOThermes.

Ville-hôte du Village départemental Alzheimer, Dax se positionne sur la « silver economy »

Au cœur de l’agglomération qui accueille plus de 1 500 étudiants dans 35 formations jusqu’à bac + 5 (marketing, métiers agricoles, numérique, bois…), le « Campus santé » de l’Institut du thermalisme, auquel s’ajoutent les écoles de kiné, d’infirmier(ère) ou d’aide-soignant(e), accompagne l’ambition du territoire depuis de nombreuses années. Ville-hôte de l’innovant Village départemental Alzheimer, Dax se positionne, en effet, sur la « silver economy », autour des enjeux liés aux seniors et aux personnes âgées.

INSTITUT DU THERMALISME EN CHIFFRES

  • 1 242 diplômés en 20 ans
  • 179 étudiants en formation actuellement sur le « Campus santé » de la première agglomération thermale de France
  • 5 formations dont 3 diplômes nationaux
  • + de 30 % des enseignements réalisés par des professionnels
  • Un taux d’insertion professionnelle global de 90 %