Couverture du journal du 06/08/2022 Consulter le journal

Framboise du Tursan : le fruit de la passion

Cultivées depuis 1965 par la famille Sebi à Bahus-Soubiran, les framboises du Tursan rencontrent aujourd’hui un franc succès et inspirent les plus grands chefs.

Framboise de Tursan

Valentin et Philippe Sebi © Patrick Bernès

La légende raconte que la framboise doit sa couleur à la nymphe Ida qui se serait piquée à une ronce, versant une goutte de son sang sur la framboise jusqu’ici blanche. À Bahus-Soubiran, c’est la passion qui donne la couleur et la saveur à cette petite baie au goût sucré et légèrement acidulé. Car pour obtenir des fruits d’une telle qualité, il faut des années de travail et beaucoup d’amour. Cinquante ans après les premiers plants cultivés par le grand-père Sebi, les framboises du Tursan sont estampillées « Producteur artisan de qualité » par le réputé Collège culinaire de France et elles ont intégré le Réseau Gourmand des Landes.

On les retrouve sur les plus grandes tables gastronomiques basques et landaises, de l’hôtel du Palais, à Biarritz, aux Prés-d’Eugénie à Eugénie-les-Bains. Mais aussi chez les primeurs, sur les marchés ou en vente directe sur l’exploitation.

EXPLOITATION AUTONOME EN ÉLECTRICITÉ

Convaincu de son potentiel, Philippe Sebi, le père, a investi, dès 2009, dans des serres pour produire le fruit hors-sol afin de le protéger des maladies racinaires et de la météo capricieuse. Un lourd investissement qui n’a fait l’objet d’aucune aide, confesse le producteur, non sans une pointe de fierté. En 2010, l’exploitation devient autonome en électricité grâce aux panneaux photovoltaïques installés sur ses hangars. Aujourd’hui, elle comprend une douzaine de serres de 600 m2 produisant chacune deux récoltes de framboises par saison.

Framboise de Tursan

© FramboiseTursan

Philippe et son fils Valentin, qui a rejoint l’exploitation à seulement 21 ans, plantent chaque année 10 000 pieds composés de huit variétés dans des pots recyclables contenant un substrat « 100 % naturel et local », composé d’écorce de pins maritimes broyés. Ce support de culture a obtenu l’attribution de l’éco-label européen. La fertilisation est micro dosée par des pompes afin d’éviter tout gaspillage d’eau. La naissance du fruit dépend de la pollinisation des fleurs par les milliers d’abeilles et de bourdons abrités dans les serres. Les aléas climatiques sont maîtrisés par brumisateur et bâche en cas de fortes variations de température car la framboise s’épanouit entre 25 et 32 degrés. Et la récolte se fait avec délicatesse à la main.

NOUVELLES ASSOCIATIONS

La saison lancée, le rythme est intense. Lever à 4 h chaque matin pour trois jours de récolte, deux jours de livraison et l’entretien, 24 h sur 24. En plein été, jusqu’à 10 saisonniers viennent prêter main forte aux Sebi. Depuis 2021, un laboratoire et une boutique permettent de confectionner et commercialiser confitures, recettes gourmandes à l’armagnac et produit locaux. Leur dernière création, « les pickles framboise », une conserve au vinaigre qui rehausse les saveurs des plats, devrait faire un tabac. « Nous veillons sans cesse à nous renouveler. La concurrence étrangère est rude et la framboise est un fruit saisonnier, fragile et délicat. En diversifiant nos produits et notre exploitation, nous limitons les risques liés à une monoculture, explique Philippe Sebi. Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles associations et nous travaillons avec d’excellents producteurs, artisans et cuisiniers locaux. » Les framboises du Tursan donnent ainsi leur parfum aux glaces Givrés de Prés, à une bière Micromégas, à un Gin 40. Et à des projets encore secrets.