Couverture du journal du 06/06/2024 Le nouveau magazine

Émilie Bouyssou – Bijoutière joaillière et photographe

MONT-DE-MARSAN. Dans sa boutique atelier de la rue Gambetta, investie en décembre 2023, Émilie Bouyssou s'adonne à ses deux activités : la joaillerie et de la photographie. Rencontre.

ÉMILIE BOUYSSOU © C. B.

Entre photo et création de bijoux, Émilie Bouyssou a décidé de ne pas choisir. Dans le lieu singulier qu’elle partage avec son époux, horloger rhabilleur, à Mont-de-Marsan, depuis fin décembre 2023, elle crée des bijoux dans son atelier au premier étage. Puis, dans une pièce baignée de lumière naturelle au second étage, place à son studio de photographe. « J’exerce deux métiers qui se complètent. Quand j’ai passé beaucoup de temps sur un travail qui requiert énormément de minutie en créant des bijoux, j’apprécie de laisser voguer ma créativité avec la photo. Ces deux métiers m’apportent un équilibre nécessaire », explique-t-elle.

DE LA PHOTO AUX BIJOUX ET INVERSEMENT

Une soif de découverte qu’Émilie Bouyssou puise dans son parcours de « petite Parisienne » plongée dans la brousse congolaise de 7 à 10 ans avec ses parents. Une expérience extraordinaire qui commence à forger ses inspirations futures. Puis elle déménage à Abidjan où elle vit jusqu’au baccalauréat en 2000 avant de rentrer en France et d’intégrer une école de commerce. Diplômée en 2004, elle repart au Sénégal rejoindre ses parents. Elle y restera un an avant de revenir en France. Elle travaille alors dans une boutique de bijoux au Carrousel du Louvre, mais ne se destine pas encore à la création. Pendant plusieurs années, elle travaille à Paris dans le secteur commercial. Un poste chez FujiFilm déclenche son goût pour la photographie. « J’ai toujours été sensible aux images et à ce qu’elles racontent. Je me suis mise au photoreportage dans la rue et aux portraits. Alors que j’étais enceinte de mon premier enfant, je me suis consacrée entièrement à la photo » raconte-t-elle. Puis elle suit son époux qui ouvre une boutique de bijoux anciens à Bordeaux. Il sous-traite la mise à taille et la restauration jusqu’à ce qu’Émilie décide de se former auprès de Philippe Artéon, expert dans la restauration de bijoux anciens. « Je suis tombée amoureuse de son atelier et de son métier », explique celle qui a toujours été fascinée par le geste artisanal. Émilie Bouyssou obtient un CAP de bijouterie joaillerie et une mention complémentaire en joaillerie.

ENTRE L’AFRIQUE ET LES ARTS DÉCO​​

« Je suis nourrie par le bijou ancien. J’affectionne particulièrement la période Art Déco pour les formes géométriques. Et j’aime le mélange des cultures. Ma vie en Côte d’Ivoire continue d’ailleurs d’inspirer mes créations. J’y intègre souvent le duafé, ce peigne africain symbole féminin de la beauté, décrit-elle. Toutes mes inspirations cohabitent dans mes créations. Or, argent, vermeil, laiton, pierres précieuses anciennes, couleurs, perles, tissages en souvenir de l’Afrique… Je crée des bijoux humains à des prix abordables. »

DES ATELIERS POUR TRANSMETTRE

Enfin après 10 ans d’activité, elle a envie de transmettre à son tour. Aussi propose-t-elle des ateliers pour apprendre les premiers gestes de la création de bijoux (scier, souder, limer, forger…) ou se perfectionner. Ces ateliers sont organisés pour trois à quatre personnes maximum voire en solo. En couple, il est possible de créer ses alliances.

Côté photo, Émilie Bouyssou continue à réaliser des portraits, des photos de produits et des photos culinaires pour des restaurants et des pâtissiers de renom à l’instar d’Arnaud Larher, Meilleur Ouvrier de France, à Paris. « Je suis également engagée dans un projet avec une sophrologue. J’ai envie que mon regard serve à l’autre. Nous voulons réaliser des photos pour des personnes qui ont besoin de regagner de l’estime de soi. J’aimerais apporter mon regard à ces femmes et ces hommes et leur montrer ce qu’ils ne voient pas d’eux-mêmes. »