Couverture du journal du 28/11/2020 Consulter le journal

Créatrices d’entreprise dans la crise

Agilité, adaptabilité, flexibilité pour assurer la reprise, au programme de la journée « Action au féminin » qui proposait, le 13 octobre, de suivre 10 créatrices d’entreprise dans la période de confinement. Témoignages.

10 créatrices d’entreprise réunies, le 13 octobre à la Grange de Christus, à Saint-Paul-lès-Dax, en présence de Véronique Deprez-Boudier, sous-préfète de Dax

10 créatrices d’entreprise réunies, le 13 octobre à la Grange de Christus, à Saint-Paul-lès-Dax, en présence de Véronique Deprez-Boudier, sous-préfète de Dax © BGE Landes Tec Ge Coop

Et si l’entrepreneuriat, c’était aussi apprendre à transformer une période de crise en opportunité, aussi bien professionnelle que personnelle ? « On parle trop souvent de frein. Tout est dans l’état d’esprit. Un frein peut aussi devenir une expérience sur laquelle on capitalise », relevait Véronique Deprez-Boudier, sous-préfète de Dax, entre deux témoignages des 10 créatrices d’entreprise sur leur traversée du confinement, à l’occasion de la journée « Agir au féminin », proposée par BGE Tec Ge Coop, en partenariat avec la délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, le 13 octobre 2020 à Saint-Paul-lès-Dax. Le « plafond de verre » auquel elles se heurtent encore souvent dans leur parcours de création, ne semble pas avoir entamé leur détermination même dans la crise sanitaire. Et parce que « l’entreprise n’est pas une équation mathématique, qu’elle s’intègre dans un parcours de vie », comme le rappelait Sylvie Dupeyron, directrice de la structure d’insertion par la création d’entreprise, chacune a réagi en fonction de son secteur d’activité et de sa personnalité.

TRANSFORMER LA CRISE EN OPPORTUNITÉ

Amandine TOUYÈRES © BGE Landes Tec Ge Coop

Le boom des outils de visioconférence n’a pas échappé à Julie Tournier-Lapique qui vient de lancer son activité de sophrologue à Dax. Elle propose ses séances collectives à distance et intègre un groupe national de professionnels via ce nouveau mode de communication qu’elle compte bien développer.

En mode confiné, les Landais comme l’ensemble des Français se tournent vers les circuits courts ? Élodie David, à la fois assistante administrative et pâtissière avec les Pots de Milhòc, se concentre sur sa première activité auprès de ses clients agriculteurs, prend part au développement de la vente directe de leurs produits en assurant leur mise en relation et parfois la livraison.

« La Petite épicerie » ambulante de produit locaux d’Amandine Touyères à Téthieu, qui a pris la route il y a à peine un an, élargit sa tournée sept jours sur sept. « J’ai proposé des paniers sur Facebook où la demande a littéralement explosé. Au-delà de nourrir, j’apportais du lien social à des gens qui ne voyaient personne pendant la semaine », résume-t-elle. Le marché des masques de protection se développe ? Sylvie Berthiaume qui vient de créer, en janvier à Dax, sa ligne de bijoux et d’objets de décoration « La Québecoise made in France », intègre un groupe de couturières fabriquant des masques pour la mairie de Hinx. Cindy Boulignat, qui a repris les Broderies landaises à Castets, depuis mars 2019, se lance dans la fabrication et le flocage de masques et de casquettes à visière.

 

REDÉCOUVRIR L’ENTRAIDE, SOURCE D’UN NOUVEL ÉLAN

Lauréate symbolique de l’événement, Karine BUREAU, interface en langue des signes,
a vécu le confinement comme une parenthèse d’introspection pour avancer et se (re)trouver. © BGE Landes Tec Ge Coop

Vanessa Hary, créatrice de la Savonnerie des intrépides à Messanges en 2018, avait lancé sa boutique en ligne, commercialisé sa gamme de savons artisanaux dans différents points de vente, participait à des marchés de créateurs… Et puis plus rien. « J’ai d’abord vécu le confinement en configuration claustrophobe comme un moment de frustration, l’imagination créative en berne, confie-t-elle. Entre colère et apaisement, j’ai choisi de me mettre au service des autres en participant à l’éclaircissement des kiwis. Et faire du bien m’a fait du bien ». Son activité relancée avec une saison d’été réussie, « dire que je ne suis pas inquiète pour la rentrée serait mentir », poursuit-elle. Mais, les commandes des comités d’entreprise commencent à arriver pour la fin d’année et les discussions vont bon train pour nouer un partenariat avec l’association bordelaise « Toutes à l’abri » qui accueille les femmes et enfants en situation de précarité, et elle se forme aujourd’hui à l’aromathérapie. La formation c’est aussi l’option choisie par Sabine Houry.

La première sidération passée après la fermeture momentanée de son cabinet d’orthopédie spécialisé dans le sur-mesure, installé à Gamarde-les-Bains en 2018, elle plonge tête baissée dans la dernière phase de son diplôme de réflexologie, tout en proposant à ses voisins d’Ozourt confinés de faire leurs courses. « J’étais si bien accueillie que j’ai parfois frôlé l’overdose de café, sourit-elle. Aujourd’hui, je propose des séances gratuites de réflexologie pour restituer le bien-être qui m’a été alors délivré ».

BOOSTER SON PROJET

Camille ANDUEZA © BGE Landes Tec Ge Coop

Valérie Boyard, éducatrice canine à Saint-Aubin, profite de ce temps hors du temps pour prendre du recul, dresser le bilan de la nouvelle voie qu’elle a choisie, et se décide à acquérir 5 hectares pour développer un parc canin aux multiples fonctions.

Camille Andueza, du haut de ses 24 ans, a ouvert son salon de beauté « Regard parfait », en janvier à Dax… Elle a consacré la période à l’intensification de sa communication sur les réseaux sociaux, passant de 200 abonnés sur Instagram à 2 000 en deux mois, et à l’aménagement de son premier local. Quelques mois plus tard, ses liftings colombiens, blanchiments dentaires et autres nouvelles techniques de soins remportent un franc succès.
Elle s’apprête à ouvrir un second salon à Mont-de-Marsan et a embauché cinq personnes.