Il y a des rencontres qui changent une vie. Pour Albert Nyssens, ce fut Pierre Hottlet. Un homme à qui, dit-il, « on ne disait pas non ». Quand cet ami, qu’il décrit comme un second père, lui souffle en 1994 qu’une petite société nautique est à reprendre près du bassin d’Arcachon, il hésite à peine. Il a déjà cinq magasins de sportswear en Belgique, une marque en propre, une chaîne de franchisés qui a compté jusqu’à 14 enseignes. Mais l’opportunité est là, et la condition est simple : « Je ne l’achète que si tu viens avec moi », le prévient Pierre Hottlet. Albert Nyssens prend 50 % des parts. « Il m’a donné les clefs en me disant : « Tu te débrouilles, il faut que ça marche ! » »
Un fondateur resté salarié
Charlet Nautic est alors en difficulté, avec à sa tête Georges Charlet, le fondateur en 1967 qui avait créé ici un port sur le lac avec son père deux ans plus tôt. Les fournisseurs ont perdu de l’argent et se méfient. Il faut tout reconstruire, trouver de nouveaux partenaires, regagner une crédibilité. Albert Nyssens, plus habitué aux ateliers de tissus qu’aux chantiers navals, et qui avait jusqu’alors plutôt fréquenté la Côte d’Azur pour les vacances familiales et le ski nautique, se retrousse les manches. « J’ai vite remis les pendules à l’heure », résume-t-il.
Sa décision la plus habile a sans doute été de garder Georges Charlet dans l’aventure. Il restera 15 ans durant comme salarié, continuant à travailler « comme si c’était à lui », gérant la partie commerciale et technique avant de prendre sa retraite à 65 ans. « On avait un lien extraordinaire. Ça a fait des étincelles, mais toujours dans le respect mutuel et sans jamais de rancœur. »
La reconstruction commerciale passe par Mercury, le motoriste américain, et ses gammes de bateaux Quicksilver et Bayliner. En quatre ou cinq ans, Charlet Nautic devient « le leader en France de leur marque moteur », selon Albert Nyssens. L’entreprise développe son parc de location sur le lac, et son périmètre de vente se stabilise sur un vaste territoire : de la Gironde aux Landes, jusqu’à Capbreton, même parfois Biarritz et Hendaye. Une antenne à La Teste de Buch (Gironde) a été tentée puis abandonnée. Reste aujourd’hui un s…