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Reconfinement : les commerçants à l’offensive

Les commerces de proximité landais confrontés au reconfinement demandent des aides complémentaires pour passer la crise et explorent les solutions numériques.

Les commerces de proximité landais demandent des aides complémentaires

Les commerces de proximité landais demandent des aides complémentaires © Shutterstock

Le gouvernement a beau mettre 20 milliards d’euros supplémentaires sur la table dans le quatrième projet de loi de finances rectificative pour accompagner les entreprises impactées par ce deuxième confinement, le malaise s’accroît du côté des commerces fermés administrativement. « Le discours public sur l’argent disponible pour soutenir les entreprises passe mal auprès des commerçants de proximité, tout comme la distinction entre produits essentiels et « non essentiels », perçue comme particulièrement dégradante », observait François Lafitte, président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Landes, à la veille du point du Premier ministre sur la crise sanitaire du 12 novembre. Ils sont au contraire dans les starting-blocks pour rouvrir à tout moment, « après avoir investi dès le mois de mai, dans les équipements de protection des personnes, réorganisé leur fonctionnement, adapté leurs pratiques de vente et formé leur personnel ».

DES MESURES DE SOUTIEN SUPPLÉMENTAIRES ATTENDUES

Mais, déjà confrontés à un chiffre d’affaires fragilisé par les effets du confinement du printemps et à une trésorerie en berne, ils ne semblent pas pour autant confiants dans une réelle reprise de leur activité dans les prochaines semaines. « Leur principale préoccupation concerne l’autorisation de circulation de leurs clients. Ce n’est pas l’ouverture de la boutique qui fait le chiffre d’affaires, mais bien les clients présents dans celle-ci », observe le président de la CCI, en écho à un communiqué publié par la chambre consulaire le 5 novembre à l’issue d’une réunion avec 15 groupements de commerçants landais. L’inquiétude est d’autant plus vive que la plupart d’entre eux ont reconstitué leurs stocks pour la fin d’année, temps fort de leur activité. « Aujourd’hui, nous devons avancer les salaires, payer les loyers, les charges sociales et fiscales qui ont été différées depuis le printemps dernier, alors que les ventes ont reculé par rapport aux années antérieures », résument-ils. Pour faire face « au mur des dettes qui s’accumulent », ils demandent l’exonération des charges sociales et fiscales pour les mois de fermeture, un différé de TVA à partir de novembre et un dispositif plus incitatif pour la réduction des loyers.

L’ESSOR DU CLICK AND COLLECT

Les commerces de proximité landais demandent des aides complémentaires

Les commerces de proximité landais demandent des aides complémentaires © Shutterstock

Une position d’autant plus « exigeante, selon François Lafitte que l’on touche désormais aux limites de l’acceptabilité de la situation, dans un monde où la concurrence est très forte, un monde qui est en train de changer, de bouger, où l’e-commerce grignote les parts de marché ». Alors que le géant américain Amazon annonce une hausse de 37 % de son chiffre d’affaires au troisième trimestre (82,5 milliards d’euros) et un bénéfice net triplé, l’avenir du petit commerce peut-il passer par la numérisation ? Le click and collect, formule de commande à distance par téléphone, SMS, une page sur les réseaux sociaux, un blog ou un site Internet, avec retrait des produits en magasin, commence à faire des émules. « C’est une alternative crédible. Elle ne compensera pas le chiffre d’affaires perdu mais peut aider à la fois à ne pas perdre le moral et à faire un peu fonctionner l’entreprise », observe le président de la CCI qui a développé dès le mois de mai des formations au numérique en direction d’une centaine de commerçants et de restaurateurs. Des applications permettant de réunir sur une même plateforme plusieurs commerçants comme ecur.io développée par Mywebteam à Hinx ou Trezam (Anglet) dédiées au commerce de proximité commencent à se faire un nom. Plusieurs commerçants se sont regroupés à Mont-de-Marsan pour assurer les livraisons, la Ville et l’association des commerçants de Soustons ont lancé la plateforme www.soustons-solidarite.com

De leur côté, le Girondin CDiscount ou le groupe Intermarché y vont de leurs propositions pour faire une place gratuitement aux commerçants locaux sur leur marketplace. La plateforme « Ma ville, mon shopping » de la Poste propose un abonnement gratuit pendant la durée du confinement et des commissions réduites de moitié (4,5 % des ventes contre 9 % habituellement). « Ces différents schémas permettent d’atteindre plusieurs types de clientèles, plus ou moins éloignées géographiquement. Toutes les voies sont à explorer », commente François Lafitte. Le reconfinement débouchera-t-il sur une digitalisation accélérée des commerces de proximité ? Rien n’est encore prouvé.

 


E-COMMERCE : OBJECTIF MARKETPLACE

Face au reconfinement, les projets de marketplace (place de marché) se multiplient pour relayer, via l’e-commerce, l’activité des commerces physiques. La Région Nouvelle-Aquitaine lance un appel à projet pour soutenir la mise en œuvre de ces plateformes de vente en ligne proposant la commande de produits issus de plusieurs commerçants, artisans et producteurs, le paiement et des solutions de livraison ou de mise à disposition des produits.

https://AAP-Favoriser-et-soutenir-les-plateformes-de-place-de-marche

Elle lance également un appel à manifestation d’intérêt en direction des places de marché françaises qui proposeront d’abaisser d’au moins 30 % leurs frais de commission et de recruter au minimum 50 entreprises régionales. Ces conditions privilégiées, rendues possibles par le soutien financier de la Région, s’appliqueront dès le 20 novembre.

https://AMI-Favoriser et soutenir la participation des entreprises néo-aquitaines aux places de marché