Couverture du journal du 24/07/2021 Consulter le journal

Plantine : Grandir au cœur de la nature

De jeunes enfants qui jouent, expérimentent et apprennent librement en plein air toute l’année : tel était le rêve de Clémence Alaman et Cécile Couderc, deux trentenaires dynamiques, qui ont créé Plantine. Ce réseau de crèches innovant est axé sur une pédagogie par la nature, et la première structure ouvrira ses portes à l’automne prochain, à Saint-André-de-Seignanx.

Plantine

© D. R.

Cécile COUDERC, © D. R.

Elles se connaissent depuis une dizaine d’années et toutes deux ont déjà eu une première vie professionnelle avant de se lancer dans le secteur de la petite enfance.

« Nous avons étudié en école de commerce, raconte Clémence Alaman, puis nous avons assumé des fonctions commerciales dans de grands groupes. Moi chez Procter & Gamble, puis chez Cdiscount, et Cécile au sein de Samsung, puis de la coopérative agricole In Vivo. Ces expériences professionnelles ont été très enrichissantes, mais nous étions toutes deux arrivées à un moment de nos vies où on s’essoufflait dans nos missions. On avait un problème de sens qui nous titillait tous les matins au réveil. En parallèle, on a vécu ensemble nos premières grossesses et cela a été le déclencheur d’un projet qui allait réellement résonner en nous. »

La nature comme terrain de jeu

Clémence Alaman et Cécile Couderc se sont alors intéressées au développement de l’enfant, aux nouvelles formes de parentalité et aux pédagogies alternatives type Steiner Waldorf ou Montessori. « On a rapidement noté un décalage entre ce qui est préconisé par les spécialistes de la petite enfance et ce qui existe sur le marché français, poursuit Clémence. Ce qui nous a le plus frappé, c’est la déconnexion avec la nature. Pour nous, c’était compliqué de nous dire que nos enfants allaient grandir, notamment lors des trois premières années de leur vie, très déconnectés de l’environnement naturel ». L’idée de Plantine a ainsi germé et la conception du projet a débuté en janvier 2020.

Saint-André-de-Seignanx, une commune très familiale, avec des soldes migratoire et naturel positifs

Clémence ALAMAN © D. R.

Il a fallu trouver un lieu inspirant où implanter la première micro-crèche et c’est à Saint-André-de-Seignanx que les deux jeunes femmes ont trouvé leur bonheur. « C’est une commune très familiale, avec des soldes migratoire et naturel positifs, dans laquelle il n’y a pas de structure collective ». Si, au départ, l’objectif était de trouver un espace à louer, les fondatrices de Plantine ont finalement acheté une petite maison de plain-pied. « C’était très compliqué de trouver un local correspondant à nos critères, souligne Clémence Alaman. Notre projet professionnel s’est donc aussi transformé en projet patrimonial puisque Cécile et moi avons investi nos économies. »

Construire et rassurer

Ensuite, la partie conception a demandé beaucoup de travail. Les deux associés ont rencontré de nombreux professionnels afin de construire leur projet pédagogique. Elles ont également été accompagnées par l’association d’aide familiale et sociale (AAFS) et une éducatrice de jeunes enfants les a challengées pour améliorer et préciser leur projet. De son côté, la protection maternelle et infantile (PMI) a été séduite par le projet. Mais, comme pour tout projet lié à la petite enfance, les deux entrepreneuses sont soumises au système règlementaire d’une micro-crèche classique.

« On doit par exemple respecter un nombre de mètres carrés minimum par enfant à l’intérieur de la maison même si le cœur de notre projet est que les enfants passent un maximum de temps à l’extérieur, explique Clémence Alaman. Concernant le volet plein air, il nous a fallu expliquer comment on voyait les choses et rassurer nos différents interlocuteurs. L’idée que les enfants fassent, par exemple, la sieste en extérieur peut parfois susciter quelques interrogations ». Mais grâce à leur professionnalisme et leur bienveillance, les craintes sont rapidement balayées par les deux entrepreneuses à l’enthousiasme contagieux.

© D. R.

Une vision holistique

Un beau jardin avec du relief et de la matière, des arbres pour jouer et se cacher, des pots avec des plantes aromatiques, un espace dédié aux animaux, un carré potager, une cabane de change en extérieur et des espaces compartimentés pour permettre au personnel de laisser les enfants explorer librement et sans danger leur environnement. Voilà à quoi va ressembler la première micro-crèche Plantine. Pour les repas, les 10 enfants qui seront accueillis goûteront aux petits plats de l’entreprise Comme des papas. « Chaque semaine, nous recevrons des petits plats frais, en bocaux, préparés par un chef avec des produits bio et de saison », se réjouit Clémence Alaman qui, avec son associée, souhaite privilégier « une alimentation goûteuse, saine et équilibrée ».

Dès cet automne, les familles -mais aussi les entreprises- pourront profiter de cette nouvelle structure innovante au cœur du Seignanx. Une structure qui fait la part belle à la nature, à la créativité, à l’expérimentation et au jeu. Pour le plus grand bonheur des bambins.

« Une aventure dont on ressort grandi »

Les qualités pour entreprendre

Clémence Alaman : Il faut avoir de l’énergie. Surtout pour de jeunes mamans qui attaquent leur deuxième journée, le soir, en rentrant à la maison. Il faut aussi de l’obstination car entreprendre s’apparente souvent aux montagnes russes.

Les difficultés rencontrées

C. A. : Il est difficile de trouver des biens immobiliers qui répondent à notre cahier des charges. Nous avons d’autres projets de crèches en cours, mais la tension du marché immobilier local ne nous facilite vraiment pas la tâche.

La stratégie de communication

C. A. : Il était important pour nous d’expliquer notre concept, nos valeurs et notre démarche. Nous avons donc mis en place un site internet. En parallèle, nous allons privilégier une communication locale, avec notamment des flyers disponibles chez les prescripteurs (maternités, sages-femmes).

Le +

C. A. : Nous avons bénéficié de l’accompagnement du réseau Entreprendre Adour et d’un prêt d’honneur de 20 000 euros.

Le conseil aux futurs entrepreneurs

C. A. : Vous avez envie d’entreprendre ? Allez-y ! C’est une super aventure dont on ressort Et, même si ce n’est pas tous les jours facile, ça vaut vraiment le coup !