Couverture du journal du 01/10/2022 Consulter le journal

Orx : habitat regroupé pour bien vieillir

À Orx, le casernement de la Marine nationale désaffecté sera remplacé au printemps 2023 par 14 logements à loyer modéré, destinés aux personnes âgées peu dépendantes.

Bertrand Desclaux, maire d’Orx, Cécile Bigot-Deyzer, préfète des Landes, Lionel Causse, député des Landes, Anne Serres, directrice de Soliha Landes

De gauche à droite : Bertrand Desclaux, maire d’Orx, Cécile Bigot-Deyzer, préfète des Landes, Lionel Causse, député des Landes, Anne Serres, directrice de Soliha Landes © N. B.

Orx, plus petit village de la communauté de communes Maremne-Adour-Côte-Sud (Macs), avec 645 habitants, est surtout connu pour sa réserve naturelle qui attire aussi bien les spatules blanches que les touristes », aime à rappeler son maire Bertrand Desclaux. On sait moins que la commune a abrité entre 1964 et 2011 une station de radiogoniométrie de la Marine nationale qui permettait le repérage et l’identification de bateaux et sous-marins. À proximité immédiate du cœur du village, sur les vestiges du casernement et de son champ d’antennes, se dessinent désormais les 14 logements autonomes, des T2 de 48 m2 de plain-pied avec jardinet, adaptés aux personnes âgées, dotés d’une salle commune de 50 m2 agrémentée d’une terrasse, et d’un potager. La maison du commandant de l’ancien casernement sera quant à elle réhabilitée pour accueillir dans un T4 de 94 m2 une famille à revenu modeste.

LIEN SOCIAL ET SERVICES ADAPTÉS

« Un projet emblématique », résumait Jean-Marc Latour, président de Soliha, le bailleur social qui assure le montage financier et technique du programme et la gestion des logements, à l’occasion de la pose de la première pierre symbolique sur un chantier déjà bien avancé, le 22 décembre dernier.

« Ces habitats regroupés, partagés et accompagnés sont, en effet, une réponse tout à fait pertinente aux attentes et aux besoins des Français de bien vieillir à domicile, en restant dans leur propre logement le plus longtemps possible ou en accédant à des logements qui apportent du lien social, des services adaptés à cette période de la vie où l’on commence à perdre de l’autonomie », renchérit Cécile Bigot-Dekeyzer, préfète des Landes. Étape intermédiaire entre le domicile et l’Ehpad, la formule dont l’inauguration est annoncée pour le printemps 2023, sera proposée à loyer modéré. Une offre opportune sur le territoire de Macs sur lequel, compte tenu de la pression foncière, le dernier programme local de l’habitat (2014-2020) affichait des loyers parmi les plus élevés des Landes (10,3 euros le m2 en moyenne).

 

COMBIEN ÇA COÛTE ?

Budget global : 2 millions d’euros

Financements :

L’ÉTAT PLAI (Prêt locatif aidé d’intégration) : 80 000 euros

Fonds friche : 205 000 euros

Prêts de la Caisse des dépôts pour plus de 900 000 euros Décote de 276 000 euros (75 %) sur la valeur vénale du terrain vendu à la commune 89 000 euros

Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) : 300 000 euros

COLLECTIVITÉS

Macs : 41 000 euros

Région : 60 000 euros

Département : 66 000 euros

FONDATIONS

Abbé Pierre : 100 000 euros

Crédit agricole : 20 000 euros

CONSTRUCTION SUR UN TERRAIN DÉJÀ ARTIFICIALISÉ

Autre atout de la réalisation : « construire sur un lot déjà artificialisé plutôt que de mordre sur un terrain naturel ou agricole », selon la représentante de l’État qui a accompagné le projet à près de 80 %, notamment au titre du fonds pour le recyclage des friches. Il n’en reste pas moins qu’« acquérir une parcelle du ministère des Armées est aussi facile pour un terrien que d’avoir le pied marin », s’amuse -avec le recul- Bertrand Desclaux, en filant la métaphore maritime pour évoquer les contre-temps en tous genres, venus heurter ce projet à vocation sociale, initié en 2013 par son prédécesseur à la mairie, Francis Lapébie.

Un ensemble qu’il restera à faire vivre. « Plusieurs Orxois sont d’ores et déjà intéressés par ces logements. Nous avons travaillé avec un collectif d’habitants qui a, entre autres, apporté ses contributions sur la conception de la circulation ou du système de chauffage », relate Anne Serres, directrice de Soliha Landes qui assurera les animations en partenariat avec différentes associations et la commune. « Et des activités et des services seront initiés en fonction des besoins des personnes », annonce le bailleur social qui évoque déjà des activités de prévention des effets du vieillissement, des sorties culture ou des ateliers lecture…

PETITES VILLES DE DEMAIN FABRIQUE À PROJETS SUR L’HABITAT INCLUSIF

Dans le cadre du programme Petites Villes de demain, dans lequel 14 communes landaises ont été sélectionnées, le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités, vient de lancer « La fabrique à projets sur l’habitat inclusif ». Cet appel à manifestation d’intérêt (AMI), doté d’1,5 million d’euros sur 2022 pour une centaine de projets, vise à permettre à toutes les communes lauréates de bénéficier d’un soutien financier en ingénierie pour monter des programmes d’habitat regroupé inclusif. « L’idée est de les développer dans les communes qui jouent un rôle de centralité pour permettre aux personnes âgées de trouver ce type d’habitat au plus près des services et des commerces », affirme la préfète Cécile Bigot-Dekeyzer.

https://agence-cohesion-territoires.gouv.fr