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LGV Bordeaux-Dax : Fissures sur les rails

Courant décembre, le conseil départemental des Landes et l'Agglomération de Mont-de-Marsan se sont prononcés pour le financement de la nouvelle ligne à grande vitesse Bordeaux-Dax, mais le Grand-Dax a voté contre. Explications.

LGV

© J. D.

Arlésienne depuis une quinzaine d’années, le Grand projet du Sud- Ouest (GPSO) qui prévoit deux lignes à grande vitesse, Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax via une nouvelle gare près de Mont-de-Marsan, a récemment été relancé par le gouvernement. Avec la création prévue au printemps d’un Établissement public local (EPL), le plan de financement de ce projet de 14,3 milliards d’euros, dont 4 milliards d’euros pour la branche vers Dax, se présente, pour l’instant, ainsi : 40 % pris en charge par l’État, 40 % par les collectivités locales en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, et 20 % par l’Europe.

UN « CHOIX HISTORIQUE »

Dans les Landes, trois collectivités sont sollicitées à hauteur de 98,6 millions d’euros sur 40 ans pour le Département des Landes (après fiscalité affectée, soit un budget de 2,47 millions d’euros annuels), 21,7 millions d’euros pour Mont-de-Marsan Agglomération et 22,8 millions d’euros pour l’Agglomération du Grand-Dax.

Lors du vote à l’assemblée départementale (23 pour, 4 abstentions, 3 contre), le président Xavier Fortinon, parmi les plus fervents promoteurs de la LGV, avait prévenu : « Nous sommes face à un choix historique pour l’attractivité du territoire et l’accès à la mobilité pour tous. La réalité est têtue. L’augmentation incessante du trafic de poids lourds entre Hendaye et Bordeaux ne pourra pas être supportée par les infrastructures actuelles. Si nous ne faisons pas le choix du ferroviaire, alors ce sera la route avec les conséquences désastreuses pour notre cadre de vie et donc notre qualité de vie. »

Saluant « la constance de l’engagement de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Landes et des 13 CCI de la région » dans ce dossier « essentiel au développement », Xavier Fortinon a également cosigné une tribune « Mont-de-Marsan et les Landes intérieures veulent leur TGV ! », avec le maire, Charles Dayot, au-delà des clivages politiques. L’Agglomération de Mont-de-Marsan a ensuite voté oui (48 pour, 4 contre, 4 abstentions), demandant notamment une négociation sur sa dette concernant la ligne Tours-Bordeaux et souhaitant s’assurer qu’un bon nombre de trains s’arrêteraient ici, histoire de ne pas seulement les voir passer.

Les élus du Grand-Dax ont critiqué le montage financier

PÉRENNITÉ DE LA GARE DE DAX ?

À Dax, en revanche, où arrive déjà le TGV, le conseil d’agglomération emmené par le maire Julien Dubois a dit non (34 contre, 21 pour, 2 abstentions). Plutôt favorables au principe de la LGV, des élus ont critiqué le montage financier, souhaitant que d’autres intercommunalités landaises qui bénéficieront de la LGV, paient également. Ils craignent par ailleurs pour la pérennité de la gare TGV de la cité thermale alors qu’est prévue une nouvelle halte à Saint-Geours-de-Maremne sur la deuxième phase du projet LGV Dax-Espagne (qui ne fait pas encore l’objet d’une déclaration d’utilité publique).

À chaque réunion d’élus, des manifestants d’EELV, des Amis de la Terre et de la CGT ont eu lieu devant les sièges des assemblées pour dire leur opposition à ces LGV, entre volonté de rénover d’abord les lignes existantes pour les trajets du quotidien, amputation de zones naturelles et crainte d’augmentation du prix du foncier et de l’immobilier. L’ensemble des collectivités locales concernées de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie avaient jusqu’à la fin de l’année pour rendre leur avis ou poser leurs conditions sur la suite à donner au GPSO. À suivre donc.