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Embellie sur l’économie

L’économie landaise retrouve en 2021 un regain d’énergie, selon le baromètre de la CCI des Landes, sans tout à fait rattraper le retard accumulé en 2020 en raison de la crise sanitaire.

© Lous Seurrots

L’économie landaise reprend des couleurs avec, au troisième trimestre 2021, un chiffre d’affaires en progression de 10,7 % et des exportations en hausse de 12,8 %, selon l’enquête réalisée en novembre par la chambre de commerce et d’industrie des Landes auprès de 352 entreprises*. Embellie également sur l’emploi où les offres explosent littéralement (43,3 %), avec des recrutements en hausse de 5,7 %, et des demandes d’emploi en baisse de 3,5 %. « Nous connaissons une nette reprise, sans rattraper tout à fait le retard accumulé en 2020, en raison de la crise sanitaire », tempérait néanmoins Pascal Dussin, directeur appui aux entreprises et études de la CCI, à l’occasion de la présentation du baromètre, le 3 décembre dernier. « Les indicateurs repassent au vert dans tous les secteurs, mais avec des disparités entre les activités face à un surenchérissement exceptionnel des coûts des matières (+ 45 points en six mois), des transports, notamment maritimes, qui pèsent sur la rentabilité ; des difficultés à recruter et des interrogations des entreprises sur leur niveau d’endettement, en lien avec les Prêts garantis par l’État contractés. »

Aussi, les prévisions restent-elles mesurées pour 2022, avec seulement un tiers des entreprises qui anticipent une hausse de l’activité, alors que 50 % tablent sur une stabilité de leurs carnets de commandes. Et si elles sont 56 % à avoir investi sur le dernier semestre, en majorité sur l’innovation et la capacité de production, dans l’industrie et les services, elles sont aujourd’hui 41 % à ne pas envisager de nouveaux investissements dans les mois qui viennent.

LA CHIMIE ET LA FILIÈRE BOIS EN POINTE

Parmi les secteurs qui bénéficient à plein de ce regain d’énergie, la chimie où la filière cosmétique, santé, « alimentaire » et hygiène a vu ses débouchés internationaux très nettement progresser (+ 20 %). Les marchés du bois, papier, emballages connaissent également des records de commandes, mais se heurtent à une surchauffe des coûts notamment sur le pin des Landes sous l’effet de la demande croissante de la Chine, du Canada et des États-Unis.

Pour le BTP qui a retrouvé son niveau de 2019, les perspectives demeurent positives grâce notamment aux investissements des collectivités dans les travaux publics, même si le secteur doit faire face à des problèmes d’approvisionnement et à des surcoûts.

Dans l’industrie agroalimentaire, les produits poissons et truites, les fruits et légumes continuent à tirer leur épingle du jeu, mais la situation reste tendue pour la filière gras, en raison de la crise aviaire et de la fermeture des restaurants en 2021.

La branche des industries de biens de consommation, structurellement en difficulté, se renforce avec l’implantation à Hastingues de Patatam, spécialisée dans la vente de textile de seconde main ou du maroquinier de luxe Tolomei à Saint-Lons-les Mines.

Piqure du Flore Tresse MM en Veau Soie noisette - Ateliers de l'Ardeche, économie

Ateliers de l’Ardeche, 2013 : piqure de l’enchape du Flore Tresse MM en Veau Soie noisette. © Tolomei

Drive, click and collect et livraisons sont désormais ancrés

L’AÉRONAUTIQUE EN CONVALESCENCE

Sur les marchés en convalescence de l’aéronautique, avec une aviation commerciale touchée de plein fouet par la crise sanitaire, les stratégies mises en place par les grands donneurs d’ordre européens comme Airbus portent leurs fruits. Le nouvel envol des avions d’affaires, comme la bonne santé du secteur militaire bénéficient aux sous-traitants néo-aquitains. Dans les Landes, Potez capitalise aussi sur les stratégies mises en place autour de la décarbonation avec l’avion électrique et Safran se positionne sur les carburants biosourcés.

DEMANDE RÉACTIVÉE SUR LES SERVICES

Du côté des services, la demande s’est nettement réactivée sur le nettoyage, l’informatique et le numérique, l’intérim, le conseil et l’ingénierie, avec des prix de vente plus souvent revalorisés que la moyenne. Les banques, mutuelles et assurances évoluent pour leur part sur des marchés porteurs, mais doivent relever les défis de la digitalisation, de la cybersécurité ou des normes prudentielles.

Le marché de l’immobilier poursuit sa dynamique avec des transactions record et des prix qui montent (+ 15 % sur les deux dernières années).

La situation s’avère en revanche plus compliquée sur le transport et la logistique, confrontés à des concurrences accrues et qui peinent à répercuter les hausses des prix de l’énergie.

NOUVELLE DYNAMIQUE POUR LE TOURISME ET LE COMMERCE

Le thermalisme qui a connu une baisse vertigineuse de sa fréquentation en 2020, n’a rattrapé que 30 % du retard accumulé. « Il lui faudra probablement deux à trois ans pour récupérer son niveau de 2019. Et des répercussions sont à prévoir sur les investissements », pointe Pascal Dussin.

L’hôtellerie de plein air, les meublés, les résidences et les offres de loisirs s’en sortent mieux avec une belle saison estivale, et un panier moyen en hausse. Le bilan se révèle moins positif pour les restaurants et les hôtels en raison des contraintes sanitaires et des tensions sur les recrutements.

Les commerces et la distribution ont retrouvé en 2021 une nouvelle dynamique, en particulier dans l’équipement de la maison qui a largement bénéficié d’une reprise des ventes. « Drive, click and collect et livraisons sont désormais ancrés, même si l’e-commerce progresse moins rapidement. »

Reportage sur le site historique de Roquefort et Sarbazan , économie

Reportage sur le site historique de Roquefort et Sarbazan (40) © Aqualande

En dépit de ces disparités entre les filières, « les perspectives à court terme restent tout à fait favorables, ponctue Pascal Dussin… en anticipant sur l’efficacité des vaccins face aux nouveaux variants. »

*Le panel de l’étude menée par la CCI des Landes en novembre est constitué de 64 entreprises de l’industrie, 46 du bâtiment et des travaux publics, 122 du commerce et 120 des services. Elles représentent 11 373 salariés et 3,86 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 17 % de l’économie landaise.