Couverture du journal du 06/06/2024 Le nouveau magazine

Le retour des Pedraza des Yeltes à Dax

Après une année d’absence, les emblématiques toros de Pedraza de Yeltes fouleront à nouveau le sable des arènes de Dax, lors de la feria 2023. Sensations fortes garanties.

Pedraza

© H. R

Ils sont 12 toros, fiers et magnifiques, à profiter pour quelques mois encore des immenses espaces d’herbe et de chênes verts de la région du Campo Charro, près de Salamanca, au cœur de la province espagnole du même nom. Chaque jour, José Ignacio Sánchez, ancien torero et ganadero de l’élevage, propriété des frères Luis et José Ignacio Uranga, veille sur eux. Régime alimentaire équilibré, défini par un diététicien, séances de torodrome pour raffermir les jarrets. En août, ils seront au top de leur forme et six d’entre eux, choisis par la commission taurine de Dax, présidée par Éric Darrière, prendront la direction de la cité thermale pour défendre la réputation de leur fer. Les amateurs attendent des piques homériques. La carrosserie est impressionnante, « castaño » (châtaigne) ou noire, les cornes touchent le ciel, mais personne ne peut affirmer que le moteur ira vrombissant tout au long de la lidia (combat).

ÉLEVAGE EMBLÉMATIQUE

L’histoire d’amour entre les Pedraza et Dax a commencé en 2014, quand la commission taurine de l’époque, présidée par Jacques Pene, a décidé d’offrir à ce dernier-né des élevages espagnols leur présentation en France. Les aficionados ont encore en mémoire cette après-midi exceptionnelle où, à quatre reprises, le toro Miralto parti des corales avait fait trembler la terre, secoué la monture du picador Tito Sandoval et fait vibrer les spectateurs. Épique. À huit reprises d’affilée, l’élevage des frères Uranga a été à l’affiche des ferias en blanc et rouge. Chaque fois, les congénères ont écrit quelques-unes des plus belles pages de la tauromachie dacquoise, mais en 2021, la devise blanche et verte n’a pas été au mieux de sa forme et l’année suivante les cartels se sont faits sans elle, au grand dam de quelques-uns. Cette année, l’élevage emblématique, signe donc son retour. Les aficionados ne manqueront certainement pas ce rendez-vous avec les charges puissantes et nobles, les piques spectaculaires et les faenas vibrantes. Et quand les « Pedraza » entreront dans le ruedo (arène), bon nombre d’aficionados auront une pensée pour Christian, un passionné de toros qui a voulu que ses cendres soient dispersées au pied d’un encina (chêne vert), au beau milieu de la terre des toros braves du Campo Charro dans la finca Uranga.