Couverture du journal du 28/11/2020 Consulter le journal

Numérique : Propositions pour le « monde d’après »

L’association France Digitale, qui réunit un vaste réseau de start-ups et d’investisseurs français, formule une quinzaine de propositions à l’attention des décideurs publics pour tirer les leçons de la crise sanitaire, en matière de numérique et mieux préparer l’avenir.

Des solutions pour le monde d’après Covid-19. C’est ce que contient le fascicule intitulé « Alternatives », récemment publié par France Digitale après cette période de confinement sans précédent, qui « restera comme le plus grand moment d’accélération digitale de notre histoire », estime cette association d’entrepreneurs et d’investisseurs très impliquée dans le développement de l’économie numérique en France. 

UN VÉRITABLE BOND EN AVANT NUMÉRIQUE

Basculement des entreprises dans le 100 % digital en l’espace de quelques jours, explosion du nombre de télétravailleurs, des connexions via un VPN, des transferts de données sur le cloud et du recours à des outils de travail et de communication à distance, mais aussi  forte croissance des achats en ligne, des paiements sans contact, de l’enseignement et de la formation à distance, de la téléconsultation médicale, des jeux en ligne… Cette formidable accélération des usages numériques, aussi bien professionnels que personnels, s’est toutefois souvent faite au détriment des règles de base de la cybersécurité et de tous ceux (particuliers, entreprises, services publics) qui n’ont pas la culture, les compétences, l’équipement, ou encore une connexion assez performante pour profiter de ce « bond en avant numérique ».

Cette transition numérique s’est également opérée au profit des géants technologiques américains, ce qui, selon France Digitale, « pose la question de la souveraineté européenne et de l’investissement que les pouvoirs publics sont prêts à prioriser pour faire émerger de leurs écosystèmes nationaux de start-ups des champions technologiques continentaux ». C’est pourquoi l’association propose d’explorer « des alternatives » aux solutions extra-européennes et d’adopter « un vaste plan de réarmement technologique », afin de mettre à niveau les infrastructures, les équipements et les organisations en France et en Europe.

DIX MILLIARDS D’EUROS POUR LA TRANSITION NUMÉRIQUE 

Ce plan suggère tout d’abord à l’État et aux collectivités d’investir 10 milliards d’euros sur deux ans pour accompagner la transformation numérique de la France. Objectifs : couvrir 100 % du territoire en Internet très haut-débit, équiper 100 % des ménages en matériel informatique (en instaurant, par exemple, un crédit d’impôt « dépenses d’équipement informatique ou écologiques » et un dispositif de prime à la casse pour l’électronique), financer la transition numérique et la cybersécurité de 100 % des entreprises (via, notamment, des aides d’État et des crédits d’impôt). 

Autre grand axe des propositions de France Digitale : développer l’écosystème local des start-ups, lesquelles ont su montrer pendant la crise que la technologie pouvait être au service du bien commun, mais sont désormais confrontées à une raréfaction des financements. Qui plus est, alors que la crise a provoqué une forte hausse du chômage, « les start-ups sont parmi les premiers créateurs nets d’emplois en France », rappelle l’association, et doivent donc « être considérées comme une partie de la réponse ». Son plan propose notamment de libérer 10 milliards d’investissement privé dans les start-ups via, par exemple, la recapitalisation de Bpifrance (partenaire financier des start-ups et des fonds de venture capital) et le renforcement du réseau national de business angels (pour l’accès au capital d’amorçage).

France Digitale propose également d’engager « un vaste plan d’alphabétisation numérique de la population » : prolongement du chômage partiel en « congé formation numérique », équipement de toutes les écoles en outils numériques, formation de tous les élèves aux bases de la programmation informatique, de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et de la technologie de stockage et de transmission d’informations de la blockchain… Enfin, l’association suggère de mettre les outils numériques au service de la transition écologique et solidaire en créant, par exemple, un programme d’accompagnement des start-ups « à impact », un fonds dédié à la transformation digitale et environnementale des infrastructures industrielles dans chaque région, un taux de TVA réduit pour l’achat et la réparation d’objets électroniques reconditionnés…