Couverture du journal du 28/11/2020 Consulter le journal

Chimie : DRT, la vague verte

Désormais adossé au géant suisse Firmenich, le Landais Dérivés Résiniques et Terpéniques (DRT) qui développe, fabrique et commercialise des ingrédients biosourcés pour la parfumerie et l’industrie, entame une nouvelle phase de son développement. Avec en ligne de mire, des perspectives dans le domaine de la pharmacie.

© DRT

Bien sûr, DRT (Dérivés Résiniques et Terpéniques), pépite landaise de la chimie verte, a subi les impacts de la crise sanitaire sur certains de ses marchés comme le pneumatique qui a pâti des difficultés de la filière automobile ou le chewing-gum qui se heurte aujourd’hui au port du masque. D’autres activités du groupe landais, basé à Dax, tirent en revanche leur épingle du jeu comme sa filiale Action Pin positionnée sur les produits désinfectants. « Nous avons souffert de la crise, mais nous savons qu’il s’agit d’un phénomène conjoncturel qui ne remet pas en cause la tendance à la naturalité des produits. La chimie végétale va en sortir renforcée. Les orientations structurelles de long terme sont bonnes, nous continuons à investir, à innover, affirme Laurent Labatut, président de DRT. Nous sommes adossés à un actionnaire solide qui nous ouvre des perspectives et nous allons poursuivre notre développement, sur la lancée du rythme de croissance forte de l’activité que nous enregistrons depuis plusieurs années ».

Firmenich a l’intention de développer nos deux métiers historiques

De gauche à droite : Henri de Cerval, président d’Alliance forêts bois, Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Stéphane Viéban, directeur général d’Alliance forêts bois, Laurent Labatut, président de DRT, Véronique Deprez-Boudier, sous-préfète de Dax, Lionel Causse, député de la 2e circonscription des Landes, Philippe Mouhel, maire de Castets et président de la communauté de communes Côte Landes Nature, à l’occasion de la célébration du 1 000e hectare de reboisement par DRT AB, le 6 octobre 2020. © DRT

PLUS DE 40 MILLIONS D’INVESTISSEMENTS SUR LES USINES DE CASTETS ET VIELLE-SAINT-GIRONS

En achetant en mai dernier DRT au fonds d’investissement Ardian, le groupe suisse Firmenich (4,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019), leader mondial des parfums et arômes a en effet d’emblée affiché la couleur : devenir le numéro 1 mondial en développement et production des ingrédients naturels et renouvelables. « Firmenich a l’intention de développer nos deux métiers historiques. Les dérivés terpéniques qui s’adressent au marché de la parfumerie puisque c’est son cœur de métier, mais aussi les dérivés résiniques destinés à des marchés plus industriels », pointe Laurent Labatut. Et pour atteindre l’objectif, le géant suisse ne lésine pas sur les investissements. Un peu plus de 40 millions d’euros sont d’ores et déjà annoncés pour augmenter, d’ici l’été 2021, la capacité de production du site de Castets sur les ingrédients de chimie fine destinés à la parfumerie, mais également sur le site de Vielle-Saint-Girons, davantage dédié aux dérivés résiniques, pour fabriquer des résines hydrogénées à haute valeur ajoutée, utilisées dans les tablettes et les smartphones, avec la création d’emplois d’opérateurs à la clé.

Relocalisation de la fabrication de principes actifs pharmaceutiques : « nous voulons prendre notre part sur ce projet d’enjeu national »

Avec cinq plateformes de recherche et 5 % des effectifs dédiés à la recherche et développement (R&D), le groupe landais travaille également sur de nouvelles voies de diversification de ses produits, de ses débouchés et de ses marchés. « La R&D est clairement un moyen pour DRT de se différencier de ses concurrents, notamment asiatiques. Firmenich est connu pour sa recherche de pointe et ses innovations. En associant nos compétences nous allons être en mesure de nous ouvrir à de nouvelles opportunités ». Au sein de DRT, 60 chercheurs, à Castets, Saint-Girons, aux USA et en Inde, explorent déjà de nouvelles pistes sur les applications de ses produits dans les parfums, les pneumatiques, mais aussi l’agriculture, la maison durable, les revêtement routiers ou désormais la pharmacie.

« Il y a un souhait de la puissance publique de relocaliser en France la fabrication de principes actifs pharmaceutiques. Avec notre ADN de chimistes du végétal, nous nous y intéressons. Nous voulons prendre notre part sur ce projet d’enjeu national, même s’il s’agit encore d’un projet de long terme ».