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Artisanat : « Faire tomber la fièvre »

Face à l’inquiétude des dirigeants, en particulier sur la flambée des coûts de l’énergie et des matières premières, Gérard Gomez, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine, est revenu sur le soutien de la chambre consulaire aux artisans.

Artisanat

Gérard Gomez, président de la chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine © CMA-NA

« En décembre, 50,6 % des dirigeants d’entreprises artisanales néo-aquitaines abordaient 2023 avec confiance. Cette tendance est légèrement plus marquée chez les plus jeunes qui sont près de 60 % à se montrer optimistes », souligne Gérard Gomez, bien décidé à voir le verre à moitié plein dans un contexte où les nuages s’accumulent. Lors de la présentation de l’enquête de conjoncture* menée par la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) de Nouvelle-Aquitaine, le 24 janvier, son président n’a néanmoins pas caché le pessimisme du secteur alimentaire avec seulement 40,9 % de répondants confiants dans l’avenir de leur entreprise. En tête des préoccupations de l’ensemble des artisans : les augmentations du coût des matières premières (66 %) et des transports (61 %), avec toujours l’alimentaire particulièrement touché par l’envolée des tarifs de l’énergie (83 %) et plus particulièrement de l’électricité (79,8 %). Autant d’éléments qui engendrent des inquiétudes sur la fragilité financière de leur activité pour 66,6 % d’entre eux, parmi lesquels 38,2 % se déclarent en situation critique.

MOBILISER LES AIDES DE L’ÉTAT

« Dans le contexte inflationniste actuel, maintenir et développer une clientèle confrontée à une perte de pouvoir d’achat reste le premier défi à relever pour les artisans » qui ne peuvent répercuter sur les prix l’intégralité de la flambée des coûts. « Quand les factures vont arriver en février, nous devrons essayer de faire tomber la fièvre en les accompagnant pour mobiliser les aides de l’État qui correspondent à leur situation. Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises ont droit à des aides, mais n’y pensent pas forcément. Nous sommes dans un milieu où les gens n’ont pas pour habitude de demander de l’aide », pointe le président de la CMA qui a, pour cette raison, lancé une campagne de phoning auprès de 2 400 des 4 000 boulangers de Nouvelle-Aquitaine. À plus long terme, en matière d’énergie, il s’agira d’apporter un appui dans la renégociation des contrats, de proposer des dispositifs d’évaluation de la consommation énergétique et des solutions pour la réduire. Mais aussi plus globalement, « pour sortir de ce mauvais pas, de fluidifier les relations avec le secteur bancaire au moment où les entreprises commencent à rembourser les Prêts garantis par l’État ».

*Enquête réalisée par mail entre le 28 novembre et le 8 décembre 2022 auprès de 86 745 dirigeants, avec 3 000 répondants.

200 000 ENTREPRISES ARTISANALES EN NOUVELLE-AQUITAINE

L’artisanat néo-aquitain franchit en ce début d’année le cap des 200 000 établissements et « incarne parfaitement l’économie de proximité avec un établissement pour 30 habitants », souligne Gérard Gomez, président de la chambre de métiers et de l’artisanat régionale.

La dynamique entrepreneuriale reste forte en 2022 avec 24 800 immatriculations (+ 13,3 % par rapport à 2019), dont une large majorité de micro-entreprises (79 %). Des créations toujours dominées par les métiers des services (43 %), suivis par ceux du bâtiment (30,5 % au lieu de 36 % en 2021).

Premier signal d’alerte néanmoins, alors que des aides sont toujours en vigueur : l’augmentation du nombre de radiations d’entreprises qui s’accélère (+ 17 % par rapport à 2021) et dépasse désormais le niveau de 2019.

Du côté de l’apprentissage, les centres de formation de la CMA Nouvelle-Aquitaine comptent désormais 12 107 apprentis, soit une progression de 3 % par rapport à 2021 « qui devrait être confortée par la confirmation très récente du maintien des aides aux entreprises jusqu’en 2027 », selon Gérard Gomez.