Couverture du journal du 01/10/2022 Consulter le journal

L’aéroport de Biarritz en redécollage

Après deux années très compliquées dues à la crise Covid, l’aéroport de la Côte basque et du sud des Landes, deuxième aéroport de Nouvelle-Aquitaine en nombre de passagers, retrouve un trafic correct et table sur de nouvelles destinations pour améliorer ses chiffres.

Aéroport de Biarritz

© Aéroport de Biarritz

2020 avait été catastrophique avec deux mois et demi de fermeture et 70 % de trafic en moins, une configuration jamais vue jusqu’alors. L’année 2021 s’est, elle, soldée par un trafic en hausse de 59 % par rapport à l’année précédente, avec 607 864 passagers comptabilisés (dont 353 000 pour Paris, et 27 000 pour Londres, les deux plus grosses destinations). Mais ce chiffre reste en net recul par rapport à l’année de référence 2018 (- 49 %).

RÉSERVATIONS DIRECTES SUR LE SITE INTERNET

Aussi, pour la première fois depuis la création du syndicat mixte de l’aéroport, les collectivités territoriales qui le composent ont dû mettre la main à la poche.

« Avec la crise Covid, nous avons subi des pertes, et il nous a fallu le soutien des collectivités locales », a fait valoir, lors d’une conférence de presse, Patrick Chasseriaud, le président de l’aéroport Biarritz Pays basque qui réunit l’Agglomération du Pays basque (31,25 %), le Département des Pyrénées-Atlantiques (31,25 %), la Région Nouvelle-Aquitaine (25 %) et le Département des Landes (12,5 %). Au total, elles ont abondé pour 2,5 millions d’euros pour l’année 2020, 1 million d’euros en 2021 et près de 600 000 euros pour 2022, répartis à hauteur de leur participation dans le syndicat.

Aéroport de Biarritz

© Aéroport de Biarritz

Alors que pour 2022, les prévisions tablent sur 850 000 passagers (+ 40 % par rapport à 2021), soit 72 % de trafic reconstitué sur 2018, avec Paris toujours en retrait de 32 % et Londres en souffrance à – 43 %, « l’objectif est de retrouver l’autonomie et de rééquilibrer très vite le modèle », souligne Pascal Géraudie, directeur par intérim.

NOUVEAUTÉS VERS LILLE, RENNES, BREST, MUNICH ET COLOGNE

Pour cela, de nouvelles destinations sont au menu, à réserver notamment sur la nouvelle page d’accueil du site internet de l’aéroport où peuvent désormais s’acheter directement les billets en ligne, grâce à un partenariat avec la plateforme française spécialisée, Resaneo. Au total, cet été, alors que des discussions sont toujours en cours pour rétablir une ligne avec la Corse, neuf compagnies desserviront 22 villes françaises et européennes, avec de nouvelles rotations sur les aéroports parisiens et cinq nouveautés : Lille, Rennes et Brest (une première) par Air France en juillet et août ; Munich à partir de juin par la Lufthansa et Cologne dès le printemps par Ryanair. Cette dernière destination, finalisée tout début mars après la fermeture de la ligne Cologne-Kiev du fait de la guerre en Ukraine, a « fait l’objet d’une négociation assez âpre » avec la compagnie aérienne irlandaise car « ils sont très gourmands financièrement », explique Patrick Chasseriaud. Cologne, se félicite-t-il, « c’est la quatrième ville allemande, un gros bassin économique avec de grands salons » et « notre principale activité est de faire de l’import pour faire venir de l’économie sur notre territoire ».

Aéroport de Biarritz

© DR

Autre enjeu pour le retour à l’équilibre, selon le président, « développer les recettes extra-aéronautiques », du parking aux loueurs, en passant par « un secteur qu’on va développer et qui n’a pas été touché par la Covid : la version affaires, des petits jets privés qui ont aussi besoin de parking, de gardiennage ou d’hivernage et dont les utilisateurs ne regardent pas à la dépense quand ils veulent atterrir sur notre aéroport ».

Actuellement, sur les 35 000 vols annuels sur Biarritz, 10 000 sont des vols commerciaux et 25 000 des vols d’aviation générale, comprenant l’aviation sportive (aéroclub…), les missions de secours (sanitaire, lutte incendie…) et l’aviation d’affaires.