Malgré un contexte agricole, économique et géopolitique complexe, Euralis peut se targuer de résultats financiers légèrement en hausse. Pour autant, Thomas Chambolle, directeur de la coopérative agricole, ne surjoue pas le succès, rappelant factuellement depuis le siège du groupe à Lescar (Pyrénées-Atlantiques), que cette amélioration « est le fruit de la mise en œuvre d’une discipline financière, avec réduction des coûts fixes, baisse des stocks et génération de trésorerie positive ». Autant de leviers ayant permis d’amorcer la réduction de la dette du groupe.
Le chiffre d’affaires d’Euralis sur l’exercice 2024-2025 s’établit ainsi à 1,6 milliard d’euros (+ 1,3 %) et l’EBITDA progresse de 4,1 % à 101 millions d’euros, tandis que les investissements en R&D atteignent 39 millions d’euros. Quant à la part du chiffre d’affaires à l’international, elle reste stable à 32 %.
Résilience et optimisation des stocks
Le pôle agricole affiche une rentabilité globale en hausse, malgré des marchés baissiers pour certaines productions végétales. Les filières animales progressent : + 6 % pour les volailles, + 5 % pour les canards. Eurasolis poursuit le développement de son activité solaire, l’agrofourniture gagne en compétitivité grâce à un retour en centrale d’achat, et 20 nouveaux franchisés rejoignent Point Vert.
Lidea, la filiale d’Euralis dédiée aux semences, a de son côté adapté ses plans de production pour gérer la baisse des marchés export, tout en réduisant significativement ses stocks. Les ventes progressent de 5,7 % pour le maïs et de 5 % pour le tournesol, et le colza connaît une croissance record de 22 %. Deux nouvelles filiales ont été ouvertes au Kazakhstan et en Côte d’Ivoire, et le nombre d’inscriptions de variétés atteint un niveau historique.
Stalaven cédé à Pomona
Après plusieurs années marquées par l’Influenza aviaire, le pôle canards retrouve des volumes normatifs grâce à la vaccination, qui a permis « la stabilisation de la production et la sécurisation de la filière », selon Christophe Congues. Les ventes de foie gras et de viande de canard progressent, et des réorganisations industrielles ont été menées sur les sites des Herbiers (Vendée) et de Maubourguet (Hautes-Pyrénées).
Côté traiteur, les ventes GMS progressent de 5,2 %. Euralis a par ailleurs cédé son activité boucher-charcutier-traiteur Stalaven à Pomona, en transférant l’ensemble des salariés. « Une solution stratégique, selon Thomas Chambolle, afin de sécuriser les débouchés pour Stalaven tout en renforçant notre relation avec un leader du secteur. »
Un exercice teinté de rigueur
L’exercice 2024-2025 aura été marqué par des ajustements de production, deux fermetures de sites et une réorganisation industrielle. Objectif : « Renforcer la solidité du groupe et lui donner les moyens d’investir dans les filières et les territoires. »
Parallèlement, Euralis poursuit ses investissements en R&D et en décarbonation, notamment avec l’installation d’une chaudière biomasse sur son site de Lescar. Le groupe continue à s’impliquer également dans l’accompagnement des agriculteurs vers des modèles durables, tout en déployant le projet Oxygène pour l’égalité professionnelle.
Maïsadour, une « réponse collective »
Pour l’exercice 2025‑2026, Euralis prévoit de poursuivre son désendettement, de consolider ses bases financières et de retrouver une capacité d’investissement. Des efforts qui visent, notamment, à préparer son rapprochement avec la coopérative landaise Maïsadour, perçu comme « une réponse collective pour construire un outil coopératif performant ».
« Aujourd’hui, nous sommes trop petits pour développer l’agriculture et les filières de demain, insiste Thomas Chambolle. Ce projet permettra d’investir davantage, de structurer de nouvelles filières énergie, d’accompagner les adhérents dans leurs projets d’électricité et de biocarburants… À deux, nous serons plus forts sur plusieurs sujets. » Côté calendrier, le dossier est actuellement sur le bureau de l’Autorité de la concurrence et devrait se concrétiser au second semestre 2026.
« À deux, nous serons plus forts »
Euralis en chiffres
1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires
4 678 collaborateurs (dont 3 257 en France)
Une présence dans 18 pays
7 900 agriculteurs dans le Sud-Ouest
14 sites de production
Une commercialisation dans 120 pays