Couverture du journal du 21/01/2023 Le magazine de la semaine

Sealocker, des casiers connectés au plus près des vagues

Avec Sealocker, Nicolas Farolfi propose une application et une station en libre-service, pour louer sa planche de surf 24 heures sur 24. La start-up, basée à Hossegor, vient de remporter l’appel à projets innovation 2022, lancé par Eurosima.

Nicolas Farolfi, fondateur de Sealocker

Nicolas Farolfi, fondateur de Sealocker © Xavier Ges

L’objet est impressionnant et il aura fallu une grue pour le transporter sur la terrasse du Sporting casino d’Hossegor, où se tenait le Surf Summit, organisé les 13 et 14 octobre par Eurosima, l’association européenne des industriels des action sports. Jugez plutôt : 3,70 mètres de haut pour cette première station connectée, qui permet de récupérer la planche de surf que l’on a louée, grâce à une application, et trois clics sur son portable. Une innovation qui a valu à la start-up Sealocker et son créateur Nicolas Farolfi, 27 ans, de remporter l’appel à projets innovation, lancé à l’occasion de cette manifestation.

Ingénieur et passionné de sports de glisse, Nicolas Farolfi n’a pas eu la chance de vivre en bord de mer et a donc connu la galère de ceux qui doivent transporter leur matériel. En revanche, comme il a la chance d’avoir un esprit créatif et agile, il a imaginé un système pour résoudre ces tracasseries et proposer un service de location de planches, au plus près des spots de surf, en toute saison, avec du matériel de qualité. « Pour répondre aux problématiques des touristes, mais aussi des locaux qui veulent tester du nouveau matériel », précise t-il.

AU DÉPART, UNE APPLICATION

Grâce à Eurosima et son réseau, l’ingénieux ingénieur a notamment rencontré le Landais Matthieu Guyonnaud, 43 ans, entrepreneur et consultant, avec ses 20 ans d’expérience dans l’univers du surf, qui l’accompagne dans son projet. Il y a un an, naissait d’abord la version digitale de Sealocker, autrement dit une application à télécharger sur son mobile. « Je réserve ma planche au plus près du spot et je vais la chercher avec mon appli mobile, grâce à un QR code », explique Nicolas Farolfi. On a bâti notre écosystème de partenaires, composé à 80 % de shapers et 20 % de surf shops en Nouvelle-Aquitaine, mais aussi en Bretagne, en Méditerranée, à la Réunion. L’application simplifie la vie du surfeur, mais aussi du loueur de planches, débarrassé de toute la partie administrative, chronophage du processus de location. »

Nicolas Farolfi, fondateur de Sealocker

© Xavier Ges

DES PLANCHES POUR TOUT NIVEAU

« Locker » en anglais signifie casier. Et ce nom Sealocker n’a pas été choisi au hasard, car l’idée de Nicolas Farolfi était d’aller plus loin et d’imaginer une station « en dur », en libre-service sur la plage ou son parking, bref au plus près des vagues, permettant d’être libéré des contraintes d’horaires d’ouverture des magasins et de la saisonnalité. Ainsi donc naissait le prototype de cette station réfléchie pour l’extérieur, – mais aussi l’intérieur -, plutôt esthétique avec sa paroi en bois en forme de vague, et ses hauts casiers bleu océan, que l’on déverrouille avec son application. Des planches pour tout niveau, de l’entrée de gamme aux modèles ultra-performants réalisés par des shapers locaux. « L’objectif est de proposer l’an prochain une quinzaine de stations, contenant jusqu’à 10 planches à l’intérieur. Soit on les gère nous-mêmes, en partenariat avec les communes sur l’espace public, soit on travaille avec des partenaires comme les surf shops ou des industriels qui souhaitent étendre leurs horaires d’ouverture, ou encore des campings, hôtels, surf camps et autres espaces de coworking. »

Nicolas Farolfi voit encore plus loin, fort de ses convictions. « C’est important ne pas oublier que fabriquer une planche coûte cher pour l’environnement. » Il réfléchit donc à un modèle d’abonnement pour du matériel de seconde main, pour tous, dans le créneau de l’économie circulaire et de partage. Start-up peut-être, mais avec un enjeu de développement durable sur le long terme.